« Ce soir je crame tout. » Ben non, parce que c’est plus possible. Voyez-vous, je pensais que les Casinos, ces lieux de perdition dans lesquels il y a toujours un sosie de Joe Pesci qui traîne, étaient les derniers endroits sur Terre où l’on pouvait laisser libre cours à toute sa démence. Dépenser de l’argent qu’on n’a pas, gagner du fric à crever en lançant un dé, mettre des mains sur des fesses dont on n’ose même pas rêver, et se battre avec des mecs plus grands et plus forts qu’Hulk Hogan après une nuit de débauche, garnie de Vodka-Martini et de cocaïne bon marché. Mais malheureusement, tout ça, c’est dans les films. Et encore, les vieux films. Parce que le Casino, c’est plus du tout comme ça. Aujourd’hui, on joue encadré, on boit coaché, on drague millimetré, et surtout, il y a des gens partout qui essaient de faire en sorte de préserver notre intégrité morale, physique et financière. Les tripots d’avant, avec du pognon dans la cave et des filles de joie à l’étage, planquées derrière des fausses cloisons, c’est bel et bien révolu. Tout n’est cependant pas perdu : il reste des cartes, des croupiers, des mecs qui hurlent quand ils perdent un peu trop, et des videurs qui savent discuter mais aussi se battre. Parce que l’évolution, c’est dans l’étymologie (du latin Evolution, action de dérouler, changement graduel), c’est lent, c’est progressif. Donc le Casino, aujourd’hui, c’est un mélange de perdition contrôlée et de plaisir confiné, moins extrême, plus « safe », mais quand même. Le danger 2016, quoi. Démocratisé, et plus accessible, aussi.

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