Surnommée l’Astre d’Orient, considérée comme la plus grand chanteuse de l’histoire du monde Arabe, Oum Kalthoum a su marquer les esprits. 40 ans après sa mort, ses multiples travaux continuent à inspirer bon nombres d’artistes. Retour sur un monstre de la culture arabe.

Pour cette spéciale, il était légitime de faire le portrait d’une femme qui m’inspire. Alors oui, j’ai longuement pensé à ma maman, mais ça aurait été trop facile, puis il aurait fallu un journal entier pour elle seule. Alors, j’ai décidé de consacrer ces quelques signes à une autre mère, Oum Kalthoum. Née en 1898 en Egypte dans une famille relativement pauvre. Son père était imam, et c’est en l’écoutant réciter les sourates ainsi que les chants religieux, qu’Oum décide de laisser le chant devenir sa vocation. Elle développe sa technique en récitant des versets du Coran ainsi qu’en répétant les multiples nasheed (chant religieux) psalmodiés par son père. Ce dernier constate l’incroyable talent de sa fille et décide de la prendre sous son aile. Au point de la grimer en garçon pour l’intégrer dans des fêtes religieuses, afin qu’elle puisse accompagner les autres cheikhs lors des chants.

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Très vite, elle fera la connaissance d’un écrivain, Ahmed Rami, qui lui composera pas moins de 137 chansons, ainsi que celle d’un des meilleurs joueur de luth (une espèce de mandoline) pour l’accompagner sur scène. En associant les trois, le succès est fulgurant. Cette association lui permet de se forger une belle notoriété dans le monde arabe. Surfant sur le succès, elle tourne dans les grandes capitale du monde arabe. De Damas à Beyrouth en passant par le Caire, elle réussit à s’imposer comme une star de la musique orientale. Elle aura même droit à une présentation à Paris, dans le célèbre Olympia, en 1967, sous les yeux admiratifs d’un certain Charles de Gaulle.  La concurrence ne peut pas défier la géante Oum Kalthoum. Ses chansons ont marqué l’histoire, avec l’hymne à l’amour « Enta Oumri » ou encore « Ha Aqablu bukra ». Elle décide par la suite de se consacrer au cinéma, et là aussi, elle brille dans une Egypte qui vit un plein essor culturel, tant sur le plan musical que dans le cinéma, avec des figures comme Farid Al Atache ou plus tard, le jeune Omar Shariff.

Les années passent et Oum brille toujours. Mais le succès mettra en péril sa santé. Développant une néphrite (maladie rénale), Oum Kalthoum se retire peu à peu de la scène. Elle n’apparaît public et s’envole trop tôt pour chanter ailleurs. C’est un 3 Fevrier, nous sommes en 1973, l’Egypte perd l’un de ses plus grands monuments. Une sorte de sphinx vivant, qui a tant apporté à son pays mais aussi à toute une culture, et une partie de la mienne entres autres. Sans elle, la musique arabe n’aurait jamais connu un tel développement. Sa voix était unique en son genre et totalement hors normes, elle tenait les notes comme personne. Il est donc nécessaire de se pencher sur son oeuvre, et profitons-en au passage pour glisser une petite promo pour le génial Ibrahim Maalouf qui a repris les grands titres de la Diva égyptienne dans un album hommage nommé « Kalthoum ».

 

 

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