On vous a déjà bourré le mou aussi longtemps avec une histoire dont 99% des gens n’ont strictement rien à cirer ? Moi j’ai pas le souvenir. Une histoire de rivalité professionnelle entre les taxis plus chers et les Uber, enfin, les VTC, comprenez par là, peut-être pour la première fois de votre vie, « Voitures de Tourisme avec Chauffeur », dont le service est moins optimal. Avouez…vous vous en foutez complètement. Et bien, figurez-vous que c’est peut-être un erreur. Parce qu’il paraît qu’aujourd’hui, la société toute entière va foutre le camp. On va Ubériser à mort, on va arrêter d’appeler les taxis pour aller d’un point A à un point B, on va aussi arrêter de faire appel à un plombier pour une fuite d’eau, ou à un électricien pour une panne du compteur général, on va réparer sa bagnole chez son voisin qui a deux crics pour surélever l’avant, parce que ça marche aussi, mais en moins cher. Et l’assurance d’un travail bien fait, on s’en tamponne la coquille d’une surpuissance à peine dissimulée.

Le fric, mes amis, le fric. Quand on ne connaît pas la formule magique pour en gagner plus (qui consiste, en général, à en avoir déjà, c’est encore le plus simple), on essaie de trouver le moyen d’en dépenser le moins possible. Et Uber, c’est ça : optimiser son pognon. La SNCF s’y met, avec un Paris-Bruxelles deux fois plus long, pour 19 balles, mais debout, comme dans les bus fraudés de la RATP. Remettre les gens dans un relatif inconfort, les laisser le faire volontairement, poussés par le besoin devenu primaire d’épargner dix euros, pour être à découvert le 13 du mois, et plus le 12, à cause d’un jambon-beurre devenu trop cher, lui qui sera l’année prochaine détrôné par le burger. Monde de merde…

Allez, remettez-vous, il reste encore des secteurs qui vont bien et qui ont de l’avenir. Le problème, c’est qu’on a du mal à expliquer aux gens que « ça, c’est fini », ou que « ça, tu devrais t’y intéresser, parce que ton métier, c’est so XXe siècle ». Le monde change, et il devient laid, parce qu’on refuse d’être dans l’acceptation. C’est admirable, c’est solide sur les appuis, c’est intègre et c’est beau. Mais putain, c’est dur.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire