C’était hier, je me souviens encore. N’ayant jamais regardé un épisode de ma vie, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai réalisé un défi: tenir un épisode entier. Je vous fais donc part de mon expérience qui m’a coûté une heure, et 75% de mon cortex cérébral.

Les Anges de la Téléréalités parcourent depuis plus de 5 ans le monde entier. Le concept est simple: recycler d’anciens candidats de télé-réalités, et les emmener dans un pays lointain afin qu’ils puissent réaliser leurs projets professionnels. Jusqu’ici tout va « bien ». Mais ensuite, viennent les projets et là, florilège de clichés: mannequins, chanteuses, actrices… Forcément, fallait rester dans le ton, on n’allait pas faire d’eux des académiciens ou des huissiers de justice. Et les pays sélectionnés? États-Unis, Brésil, Australie, bref des pays ou il fait bon travailler, n’est-ce pas ? L’émission commence, le générique démarre et déjà ça m’agace légèrement. Une sorte d’envolée lyrique où le chanteur hurle « THIS IS LES ANGES 8 » avec un accent « so frenchie » et une instru dance music Ibiza. Les nanas déambulent en bikini, les mecs muscles saillants, bref, une promotion pour metrosexuels bodybuilés et bimbos gonflées à l’hélium.

Après le générique insupportable, un flashback sur l’épisode précédent, donc on va résumer: clashs, amours, clashs, amours. Ca va être long cette histoire. Vivant tous dans une villa, c’est un peu le Mexique : les mecs baladent en boxer rose pétant, les nanas sont déjà en bikini, à croire qu’elles ont dormi avec. Tout à coup, leur « agent » arrive. Il s’appelle Fabrice, il fait à peine un mètre 70, pas bodybuilder pour un sou, et a priori, il a un cerveau. C’est donc celui qui s’occupe des rendez-vous professionnels. Aujourd’hui, deux candidats s’apprêtent à rejoindre une salle de combat, pour s’entraîner. C’est fou, au delà du mannequinat, on a des mecs qui tapent. Ah non, en fait, c’est une femme qui cogne. Elle s’appelle Jazz, elle est tout le temps énervée, désagréable, et jure sur les yeux de sa mère. A priori, c’est miss clash, la grande méchante relou de la villa. Fabrice annonce que 4 d’entre eux iront dans une agence de mannequin. Toujours avec une voix trop « cool », légèrement accentuée d’un anglais insupportable d’entrepreneur qui tient un bar à Ibiza. Vous voyez le genre, avec les richelieus pointues au bout et la chemise légèrement ouverte?

La dream team

La dream team

Tout au long du show, on voit des jeunes totalement désabusés, fier de leur graal de saint connards et de miss idiotes, s’adonner à un exercice de « qui va sortir la phrase choc ? » ou « qui va réussir à faire un buzz ? ». On sent que la mise en scène y est, ou alors qu’ils se forcent. On les oblige à devenir des genres de débiles. Et ça, c’est terrible. Je n’ai toujours pas zappé, je reste sur le machin. Le jingle pub apparait, évidement c’est la même chanson que le générique, avec un graphisme où l’on voit un string et des lunettes de soleil planant au dessus du logo d’NRJ 12. Super, même le jingle sent le malaise. Chacun va à son rendez vous, notamment notre Jazz, qui pour le coup est très brute et étrangle des nanas sur un tatami, elle apprend par la suite que le coach l’apprécie. Lorsqu’elle rentre, elle constate que la maison est un bordel sans nom, la cour des miracles. Possèdant un chien à la villa, ce dernier s’est amusé à faire ses besoins un peu partout. Evidemment, pourquoi ils nettoieraient, c’est insensé. Et là, une espèce de macho , Ricardo, avec trois tonnes de muscles, une coupe de waffen SS et des tatouages biscornus, déboule de nulle part et commence à hurler. Il se plaint de la saleté. Il appelle Mélanie, qui à première vue est une jolie bimbo blonde, à venir récupérer sa tasse. Et là… c’est le drame. Et ça gueule, ça gueule, ça gueule. Moment anthologique, je me dois de me greffer dans la peau de Racine pour vous retranscrire la scène, digne de la comédie française :

« Mélanie (d’un ton très énervé) : C’EST PAS MA TASSE J’SUIS ALLERGIQUE AU LAIT P*TAIN !

Ricardo (monte le ton) : MAIS SI JE T’AI VU NE ME MENS PAS.

Mélanie: MAIS C’EST PAS LA MIENNE GARDE LA PÊCHE (gesticule et exprime un réel agacement)

Ricardo prend la tasse et la jette au sol. Elle se casse, il quitte la scène.

Mélanie: MAIS T’ES UN MALADE TOI VA T’FAIRE SOIGNER

Ricardo (au loin): C’EST TA MÈRE QUI VA ME SOIGNER ! »

Et ainsi, le vacarme se termine. On nous propose un preview du prochain: Clashs, Amours, Clash, Amours. Avec toujours cette musique digne d’une bande annonce de blockbuster. Tel un Jules Cesar je m’exclame d’un « Venni, Vedi, Vici », signant alors un moment de gloire dans ma vie. J’ai survécu à un épisode des Anges. La lutte était âpre, mais du haut de mon pauvre mètre 65, j’y suis parvenu.

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