C’est en tous cas ce qu’aimeraient faire passer comme message le directeur Pierre Boulle et son adjointe, Catherine Martinazzo, qui tient la barre alors que le chef de file de l’institut rencontre quelques problèmes de santé. Une journée portes ouvertes, rien de tel pour essayer de faire passer le message que « privé », « catho », « bourgeois » sont des termes qui ont certes la vie dure, mais qui sont aussi issus d’une exagération de l’esprit collectif, de « ceux qui ne sont jamais venus voir ce que c’est de près, en vrai ». Tout ce qu’on peut vous dire, en plus de ce que nous a révélé Catherine Martinazzo, c’est qu’on a été accueilli là-bas à maintes reprises par des gens complètement normaux, des profs qui veulent permettre à leurs élèves de mener à bien leurs études, une équipe encadrante sympathique comme pas deux, et certes, un factotum. Mais lui aussi, très amical. Allez, l’Institut Stanislas, son rôle, son potentiel et sa démystification, c’est la directrice adjointe qui en parle le mieux, au beau milieu d’une journée qui verra défiler plus de 200 familles curieuses d’en savoir plus !

Catherine, vous êtes directrice adjointe.

Oui, proviseur ou principal, c’est plutôt dans le public. On dit chef d’établissement ou directeur, dans le privé. Notre chef d’établissement est arrêté pour maladie, il dirige l’institut depuis 1992 mais cette année, il est contraint de se reposer.

Ces journées portes ouvertes, à quoi servent-elles ?

Elles servent à démystifier l’institut, parce qu’on est privé, catholique, qu’on a de bons résultats au bac, parce qu’on recrute une population qui semble privilégiée, il y a des choses qui circulent qui ne sont pas toujours vraies, ni même justifiées. On entend dire ici et là qu’il faut absolument être un très bon élève, que les frais de scolarité sont exorbitants, que la dimension spirituelle est trop présente parce qu’il y a des cathos purs et durs… On entend des choses exagérées, il faut qu’on lève le voile sur tout ça, régulièrement !

Il y a une concurrence forte avec le public ?

Je pense que non, on offre un projet différent. Notre projet convient à un certain nombre de familles, c’est simplement ça.

Question concrète : est-ce que c’est cher ?

Tout dépend du quotient familial, il y a quatre tranches, on va de 75€ par mois pour le tarif 1 à 150 pour le tarif 4. Ce n’est pas le prix d’une école de commerce, comme on l’entend parfois. On est bien conscients des temps difficiles pour les gens, l’aspect financier ne doit pas être un frein pour  l’inscription d’un enfant chez nous, ou pour la volonté d’une famille de choisir l’enseignement catholique pour ses enfants.

Paradoxalement, malgré la crise, l’enseignement privé a l’air d’avoir de l’avenir.

Je pense qu’on essaie de dispenser le meilleur service possible. On a peut-être un peu plus d’autonomie que dans certains grands établissements publics. On trouve plus facilement des solutions, pour les profs absents par exemple. Les parents viennent chercher ce à quoi les enfants ont droit : des professeurs présents, des remplaçants en cas d’absence, des programmes terminés.

Vous avez donc des élèves avec des parents qui sont très impliqués ?

Les parents font une démarche personnelle et familiale, ils font partie de la communauté éducative, ce sont les premiers éducateurs, ils ont un rôle à jouer. Ils viennent chercher ici leurs valeurs, on ne convient pas à tout le monde. C’est aussi à ça que servent les journées portes ouvertes, à montrer ce que l’on fait et quelle est notre identité.

On remarque une chose amusante, et plutôt sympa lors de cette journée portes ouvertes : les élèves participent !

Ce sont nos plus beaux ambassadeurs. On n’a pas besoin de les forcer, ils sont très peu préparés, ils s’inscrivent là où ils veulent, ils se mettent au service de leur école parce qu’ils sont heureux et fiers d’être ici. Ils parlent de ce qu’ils font et de ce qu’ils vivent très spontanément.

On a évoqué l’aspect financier sur lequel certains peuvent buter, parlons de l’autre sujet qui peut poser question, l’aspect religieux. Quelle place a la religion, ici ?

Catholique ça veut dire universel, on accueille tout le monde. On demande si l’enfant est baptisé et s’il a fait sa première communion, mais c’est simplement pour savoir si chez nous il aura besoin d’une catéchèse ou d’une éducation religieuse. Il n’y a que le bon dieu qui convertit les âmes, ce n’est pas notre rôle, ça ! On dispense simplement une culture. C’est sur le terrain de l’inculture que s’installent les intégrismes, on l’a vu dans les événements récents, on fait gober n’importe quoi aux jeunes français de cette façon. Chez nous, on donne une culture de la chose spirituelle et religieuse, mais selon les convictions de chacun. On peut aller au lycée simplement, le cours de culture religieuse est obligatoire pour tous mais on y évoque toutes les religions, l’Islam, le Judaïsme, les sagesses orientales. Jésus est un personnage historique, celui qui a envie de dire que c’est le fils de Dieu il a le droit, c’est son choix !

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2 Réponses

  1. Claireffe

    J’écris en tant que parent d’élèves. Je suis assez d’accord avec le commentaire d’Emilie. Ne pas être baptisé n’est pas si bien vu, on vous le rappelle suffisamment par mot interposé dans le cahier de liaison, la messe effectivement « obligatoire ».. Les enfants proviennent à 95% de familles privilégiées et les enfants sont assez « m’as-tu vu ». Manque de simplicité évident, on est loin de Jésus et de son prêche concernant la pauvreté… Encore plus loin de la vraie vie où tout les milieux se côtoient.
    L’enseignement y est correct comme ailleurs, les exigences plus fortes en matière de discipline mais de façon incohérente par moment… des sanctions pour les enfants pour des mots dans le cahier pas signés par les parents (alors que le délai demandé n’est pas expiré…), bonnet de bain ôté au moment de la douche à la piscine (simple habitude de nageur du stade nautique…).
    Enfin, je réagis surtout au tarif !!! De 75 à 150 € ??? J’ai été contrainte d’enlever mes enfants de l’école (je ne parle même pas du collège ou du Lycée, qui doivent être bien plus chers) et j’en avait pour 330 euros par enfant et par mois (maternelle et primaire) !!! On est loin du compte !

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  2. Emilie

    Mouai mouai mouai… Je ne sais pas ce qu’il en est maintenant dans le « nouveau » stanislas, mais pour avoir fréquenté tout mon collège l’ancien stan… Les termes « bourgeois » et « catho » conviennent très bien : le catéchisme était obligatoire et la messe aussi jusqu’en 4ème il me semble; les élèves boursiers étaient pour la plupart stigmatisés (je me souviens d’un mec dans ma classe que tout le monde critiquait parce qu’il avait un blouson décathlon et pas de marque) et je me suis faite renvoyer une journée pour avoir porté un T-shirt avec marqué « punk » dessus. Juste « punk ». En 3ème, on était plus que fortement encouragés à rester à Stan au lycée parce que soit disant, on ne s’adapterait pas au système public, que ce serait l’horreur, qu’on serait délaissés par les profs et les autres élèves parce qu’on venait de Stan. Bref, ça à peut-être changé, mais en étant passé au public au lycée j’ai trouvé ça beaucoup, beaucoup mieux. Pour moi, stan c’est une bonne école… Si tu veux que tes gamins restent entre privilégiés. Ce qui est sans doute le but recherché. Question profs / résultats du bac / qualité de l’enseignement, on est quand même à Fréjus / St raphaël et niveau collèges et lycées publics on est quand même plus que bien lotis.

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