Vous connaissez le groupe de hardcore I Wrestled a Bear once ? Probablement pas. Mais Leonardo Di Caprio devrait s’y pencher. The Revenant, c’est l’histoire d’un homme courageux, téméraire et plutôt balèze dans son domaine (la trappe), qui se retrouve à devoir affronter un ours adulte tout seul, et qui ne meurt pas. Mais qui meurt presque, et qui se fait abandonner salement par un duo qui n’est pas d’accord quant à la gestion de son sort : un salopard qui ne veut qu’une chose, le laisser tomber pour avancer plus vite, et un jeune un peu péteux qui voudrait le sauver, mais qui trouve compliqué de s’opposer à l’autre. Bref, Léo va souffrir, comme rarement on aura vu quelqu’un souffrir au cinéma.

Violence inouïe

Ce qui frappe de prime abord dans The Revenant, c’est l’incroyable violence de certaines scènes. Et bien évidemment, on retiendra surtout l’impitoyable calvaire auquel est confronté, bien malgré lui, Hugh Glass lorsqu’il tombe sur cette famille de grizzlies. Inarritu, le réalisateur, est sans pitié, ni concession : une attaque d’ours en 2016 au cinéma, ça doit sonner, résonner comme une véritable attaque d’ours dans la neige du Dakota du Sud en 1823. Sanglant, sauvage, effrayant, inimaginablement violent. Et le pauvre Glass en prend plein la gueule, comme on y a rarement été invités. N’amenez pas vos mères si elles sont émues par les combats de boxe ou si elles militent contre le MMA, elles vont quitter la salle à la fin du premier quart d’heure. S’ensuit une histoire aussi incroyable que vraie, celle de la quasi-résurrection d’un homme perdu au milieu du XIXe siècle, en pleine forêt, massacré par un animal de 2m90, sans bouffe et sans carte, qui cherche à retrouver sa bande de trappeurs pourchassée par les Indiens. Un vrai truc de fou.

Contraction temporelle

D’un point de vue contemplatif, si on enlève les quelques scènes ultra-violentes du film, on est devant le plus bel étalage de paysages somptueux qu’on ait vu depuis belle lurette. Ushuaia et le Canada ont servi de terre d’accueil aux équipes de tournage, et on en prend plein les yeux pendant deux heures 30. C’est magnifique, et ça donne envie d’aller voir si l’hiver est un peu moins urbanisé sous d’autres latitudes. C’est tellement beau que les quelques moments de légère longueur sont gommés par l’envie de regarder dans tous les coins de l’écran ce qui se passe. Le moindre ruisseau, la moindre branche d’arbre est un instant de délectation. Très peu d’images de synthèse (l’ours, en tous cas on espère), très peu de musique grandiloquente, beaucoup de calme et d’apaisement, qui donnent un relief hallucinant aux grands déferlements de brutalité qui saupoudrent le film. Est-ce que Léo mérite son Oscar ? Il le méritait depuis bien longtemps, et ce n’est que justice qu’il l’ait obtenu en incarnant l’un des héros les plus oubliés, mais aussi les plus déterminés que l’Amérique ait jamais enfanté. Bravo au véritable Hugh Glass, déjà, mais aussi à celui qui l’a incarné avec une énorme soif de bien faire.

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