Il s’appelle Thierry Duband et c’est lui, le Bourguignon d’origine, qui s’est vu attribuer la belle, la magnifique mission de prendre la suite à la présidence du CAR Basket. Associatif, amateur, et pourtant, 180 licenciés ou presque, soit 40 de plus que l’an dernier, plein de gamins dans plein de catégories, et un avenir radieux, à condition de prendre soin de cette belle matière première. C’est ce que souhaite faire celui qui n’est pas encore officiellement président, mais qui a déjà les rênes du club entre les mains.

Thierry, comment avez-vous atterri au CAR Basket ?

Par l’intermédiaire de la plus petite de mes filles. Elle avait 4 ans quand elle a voulu faire du basket. Moi ça faisait 5 ans que j’étais là, et je m’étais interdit de remettre les pieds dans une salle, je le faisais chez moi en Bourgogne, je coachais, j’encadrais, et c’était beaucoup trop chronophage. Elle voulait jouer, pas de problème. Elle a été mordue, sa sœur s’y est intéressée aussi, mais pour sa catégorie il n’y avait pas d’entraîneur. J’ai dépanné et j’ai replongé. J’ai pris les seniors filles pendant trois ans, j’ai stoppé l’année dernière, mais je suis revenu cette année. On a pas mal de petits, dans le club, on manque d’entraîneurs. Le weekend je dépanne, mais comme je travaille dans le 06 je n’ai pas le temps de prendre une équipe de jeunes.

Tous ces enfants c’est signe de bonne santé !

C’est même plus que ça ! Le bureau est passé de 4 à 11 membres, on veut remonter le club autrement, il n’était pas spécialement mal en point mais on veut remettre de la jeunesse, moins baser la politique sur les seniors garçons ou filles. Pour faire des résultats il nous faut une vitrine chez les grands, mais il faut prendre notre temps et construire le club par les petits. On avait des carences chez les jeunes et on s’est un peu faits avoir cette année, on n’a pas tous les créneaux de salle dont on aurait besoin. La semaine prochaine on se fait une réunion avec tous les coaches pour préparer la saison prochaine, voir si on doit demander d’autres créneaux. On partage la salle avec le tir à l’arc et le badminton. On a du mal à caser nos 170 licenciés, on a 40 personnes de plus que l’an dernier, et on s’est un peu fait déborder, c’est très dur à gérer.

Les parents aident toujours autant qu’avant ?

Et bien ça se perd un peu. C’est le mauvais constat que je peux faire, on a beaucoup de parents qui ne voient le sport que comme un loisir, et s’ils n’ont pas le temps d’emmener leur enfant au match le samedi, ils ne le font pas. L’enfant lui, il veut venir ! Enfin j’espère ! Donc c’est un peu la problématique actuelle, mais dans tous les clubs alentours, et pas qu’au basket, c’est comme ça.

Où en sont les équipes senior ?

Les seniors garçons se portent très bien. Ils ne jouent pas à un gros niveau, en excellence départementale, mais ils ont la capacité de faire mieux, largement. Ils manquent un peu d’assiduité, ça se ressent dans tous leurs matchs. Seniors filles c’est très compliqué cette année. Elles sont montées en région, leur entraîneur s’est arrêté en cours de saison, la mayonnaise a du mal à prendre, il y a eu quelque chose de cassé. Elles sont dans la souffrance, c’est dommage, ça aurait dû être une récompense pour elles de monter. Elles ont le potentiel sur le papier, mais ça sourit pas.

Vous avez pu vous appuyer sur des historiques ?

Bien sûr, la famille Nédelec dans sa globalité, Fanny Gachet, qui vient d’être maman. Elle est une très bonne formatrice, elle jouait encore il y a peu. Si on l’écoute, alors qu’elle a accouché il y a deux semaines elle veut déjà revenir, ce club elle l’a dans la peau. Marc Aernouts est revenu aussi, il a été sollicité pour entraîner les seniors garçon, gros palmarès comme joueur et comme entraîneur, ça fait du bien de revoir des cadres. Au bureau on a deux anciennes joueuses senior filles, on essaie d’impliquer certains parents, valoriser le côté associatif, ils peuvent nous être d’une grande aide si on réussit à les amener à s’approprier le club.

Surtout que certains de leurs enfants vont y passer beaucoup de temps !

Bien sûr ! La vie d’un club, ma vision, c’est ça, ça doit se construire depuis les petits, qui vont gérer la partie basket quand ils seront plus grands, et leurs parents qui les aident. C’est un chantier qui va prendre un peu de temps, ça.

C’est compliqué de proposer le basket aux enfants ? C’est un sport plus compliqué que le foot, hélas.

Il faudrait qu’on puisse faire des interventions dans les écoles, et pour ça il nous faut des gens qui soient diplômés d’état. On n’a pas la chance d’en avoir dans notre effectif, hormis Fanny qui travaille à côté et qui a vu sa vie changer. Il faut qu’on arrive à se structurer, et trouver une personne avec le bon diplôme pour aller promouvoir le basket dans les écoles. Mais ce sont quand même les enfants les meilleurs ambassadeurs. Plus ils sont heureux de venir ici, plus ils ramènent leurs copains, leurs frères, le bouche à oreille fonctionne. C’est vers ça qu’on veut tendre.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette fin de saison ?

Que les filles arrivent à se maintenir, ce serait génial. Pour elles et pour le club. Les garçons, s’ils en ont la volonté, pourquoi pas une montée, on n’en a pas parlé mais la qualité, ils l’ont. Et ce serait surtout génial d’arriver à pérenniser tous les petits qu’on a recruté cette année. Chez les petits on a les minimes garçons qui se défendent bien, 3e de leur championnat, ils affichent malheureusement un peu de suffisance. On a un gros noyau très intéressant chez les U13, et ceux-là vont rester ensembles et progresser pendant longtemps. Ils ont une jeune entraîneur formée l’année dernière qui joue en équipe 1 et qui a envie d’avancer avec eux. Les U11 filles on en a beaucoup, une équipe de débutantes et une équipe en championnat. On a vraiment beaucoup de petits, dont pas mal de débutants, mais ce que j’espère, c’est que malgré les saisons compliquées de certaines équipes toutes fraîches, les problèmes de créneaux, ils vont se plaire. Il a même fallu demander à Nedo de coacher, encore ! Il nous faut vraiment des entraîneurs dispos pour les petits.

Et cette année, c’est un anniversaire !

Les 40 ans du club, oui ! On va essayer de programmer un bel événement, avec un groupe de hip-hop, plein d’animations, une grosse fête centrée sur le club, avec des anciens, partager un moment de basket. Cette saison, elle a des hauts et des bas, mais je suis à fond dedans maintenant.  Le président Jérôme Esparza a exprimé l’envie de laisser sa place, il a eu pas mal de pépins physiques, il va toujours voir ses potes en match, mais sa cheville est en mauvais état. Donc je suis pressenti, normalement, pour m’occuper du club, prendre la suite.

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