Que Marvel ait décidé de consacrer un film entier à son héros le plus décalé, Deadpool, était une excellente nouvelle. L’idée de voir ce fou furieux immortel lâché dans un long-métrage avec des moyens surdimensionnés, c’était l’annonce d’un moment d’anthologie comme on n’en avait pas vu depuis, allez soyons dingues, Kickass. L’anti super-héros par excellence, immoral, animé par un désir de vengeance et rien d’autre, avec en bouche une somme de mots tous plus graveleux les uns que les autres, pas vraiment le personnage créé pour plaire aux mamans américaines. Et pour cause, Deadpool, c’est le héros des grands, des énervés, des mecs désabusés et des filles en mal de canaillerie. Parce que Deadpool est un mauvais mec, confronté à des mauvais mecs. Un monde bien pourri, fertile en bonnes idées.

Une bonne manière de raconter les histoires

Tim Miller, le réalisateur, a bien mené sa barque. Il est parti d’un événement isolé (Deadpool qui est sur le point d’empaler son ennemi juré Francis aka Ajax), pour développer toute la genèse d’un personnage particulièrement décalé. Wade Wilson, de son vrai nom, est déjà un individu doté d’un fort potentiel, puisqu’il est un spécialiste du règlement de compte. Son boulot, c’est de débarrasser les gens de leurs parasites, admirateurs collants, débiteurs et autres, en les terrorisant. Il fait partie d’une sorte de cartel, groupement informel de mercenaires qui travaillent tous en souterrain. Un endroit très spécial a d’ailleurs été colonisé par cette faune de dépeceurs en tous genres, un bar miteux où l’on parie sur la mort des personnalités publiques, c’est le fameux « pool de la mort », d’où le nom choisi par Wilson quand il enfile son masque. Son souci principal ? Retrouver Ajax, qui l’a défiguré en lui inoculant des pouvoirs de régénération pour guérir son cancer incurable. Résultat, après des jours de torture et de sadisme, Wilson a peu ou prou les mêmes pouvoirs que Wolverine, sauf qu’il est dramatiquement cinglé et individualiste. En gros, ça part de là, et on va aller loin.

Mais !

Mais pas autant que dans la BD originelle, définitivement trop extrême pour le public cinématographique de 2016. Le Deadpool de Tim Miller (incarné par un Ryan Reynolds brutalisé par la créatine) n’est pas le dangereux psychopathe de la BD, qui séquestre une vieille dame aveugle en zigouillant les gens qui tentent de l’aider.  Il n’en demeure pas moins que ce premier film ne suffit pas à dévoiler l’intégralité de l’univers de Deadpool, puisque sa copine n’est pas encore la mutante Copycat, et qu’en dehors de la vengeance après laquelle il court, Deadpool n’a pas de but. Pour une fois, Marvel n’a pas pondu un film verbeux, longuet et pénible, mais un film racé, rapide et rigolo, qui n’avait pas besoin de plus d’informations pour lancer une franchise. Espérons juste que les prochains à s’atteler au personnage auront l’aval de la maison pour lui rendre toute sa folie furieuse. Vite, la suite !

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire