Cette semaine nous avons discuté avec Isabelle Fotia, à la mi-journée du 9e forum annuel de l’emploi saisonnier. Isabelle Fotia, c’est la grande prêtresse de la Maison pour l’emploi, cet organisme très spécial qui réunit des statistiques et organise des événements pour encourager la synergie locale. Dès qu’il y a un speed-dating professionnel, un forum, un salon, une rencontre, ils sont derrière. Et le jour J, ils sont sur le terrain, c’est d’ailleurs là qu’on l’a trouvée, sur le front.

Isabele, c’est déjà la 9e édition de ce forum. Alors, beaucoup de monde ?

55 entreprises, on attend 3000 visteurs, on est déjà à 1500 à, l’heure où l’on se parle (13h, ndlr). Il y a plus de 700 postes à pourvoir en offres d’emplois directes. On est toujours sur un public très varié, à peu près 25% de jeunes. La moyenne d’âge c’est 41 ans, à peu près.

Alors que l’emploi saisonnier, normalement, c’est plutôt pour les jeunes !

C’est parce qu’un emploi saisonnier, ce n’est pas un job d’été. Ce forum n’est pas dédié à ça. Ici, la saison, c’est 4 mois. Les étudiants n’ont pas la disponibilité pour combler ces besoins-là. C’est pour ça qu’il se passe aussi tôt, au mois de mars. Le job d’été il reste encore un peu de temps.

Pour début juin, c’est presque le dernier moment ?

Pour les postes moyennement qualifiés ou peu qualifiés, on est encore dans les clous. Pour les postes très qualifiés, ce sont soit des saisonniers récurrents, ou des compétences qui n’existent pas sur le territoire, et il faut débaucher ailleurs. Pour les postes très qualifiés dans l’hôtellerie, 50% des actifs viennent de l’extérieur de l’est-var.

Quand on fait un forum comme ça 9 ans d’affilée, on voit des visages récurrents ?

Peu, honnêtement. Le saisonnier de métier ne vient pas, on n’a que des saisonniers d’opportunité, ou des gens qui cherchent un job tremplin.Découvrir un métier qui nous plaît et essayer de le garder, ou pouvoir mettre un pied dans le marché du travail et rebondir sur autre chose.

Même qualifié, l’emploi saisonnier est un emploi de transition ?

Il est trop souvent perçu comme un emploi peu qualifié, et effectivement de transition. On voit apparaître des nouveaux intitulés de métiers qui sont de plus en plus pointus. Par exemple, un limonadier est plus qualifié, plus pointu qu’un serveur, avant, ça n’existait pas, ici. Les employeurs sont à la recherche de plus en plus de qualification, peut-être que ça nécessite de la formation, parce que ces besoins, on a du mal à en couvrir les besoins. Notamment les métiers de la salle, il y a trop de turnover.

Alors, question : si même les emplois non-qualifiés d’autrefois commencent à devenir pointus, que va-t-il rester à ceux qui n’ont aucune qualification ?

Il reste encore des missions à pourvoir. Les vrais emplois de saison, 54 mois, sont de plus en plus qualifiés. Mais le job d’été sur 2 mois existe toujours. On a toujours la possibilité de découvrir un métier comme ça, et de plus en plus il existe des formations que l’on peut solliciter par ce biais-là. Si l’on a acquis des droits au chômage, on a accès à des financements de formation.

Vous avez invité combien de personnes, cette année ?

4500, à peu près, toujours avec une possibilité de débouché, on ne fait pas se déplacer les gens pour rien. Il y a des enseignes, comme celles de la grande distribution, qui sont très demandées pare que le public sait que c’est une porte d’entrée vers un poste qui peut devenir durable avec des perspectives d’évolution. Par opposition, il y a des emplois qui resteront saisonniers parce que c’est le coeur de métier qui le veut. Mais il y a , effectivement, beaucoup d’évolutions.

 

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