Attiré par les choses étrangement inquiétantes, j’ai décidé de me lancer dans le septième art. Pas fan de cinéma, ma déprime d’adolescent de vingt ans m’a obligé à rester cloîtré chez moi devant la télévision. Dieu merci, ma famille a investi dans un bouquet 1000 chaînes. Et parmi elles, une seule m’a intriguée à ce point, mais a finalement comblé le vide intersidéral de ma journée bien nulle : Nollywood TV. Il ne s’agit pas d’une contrefaçon d’Hollywood, quoi que si, en fait. Mais je vais tout vous expliquer, et vous allez, peut-être, très vite comprendre.

Nollywood est un mot valise, « N » pour Nigéria et « ollywood » pour les chewing-gum, évidement. Plus sérieusement, il s’agit tout simplement d’une identité du cinéma Nigérian (et pas Nigérien, puisque le Nigérien est originaire du Niger, et Nigérian du Nigéria, c’est important pour votre culture, ça). Mais outre le fait qu’elle englobe la quasi-totalité des réalisations nigérianes, il s’agit également de l’industrie la plus forte, devant Hollywood, ce qui n’est pas rien, mais derrière le géant Bollywood (Inde). C’est dans la célèbre ville de Lagos, dans les années 80 qu’elle voit le jour. Au départ, le mouvement ne prenait pas trop. Mais ce sera grâce à l’essor de la télévision, que les cinéastes les plus inspirés produiront des films indépendants et à bas coût. Et les chiffres ne feront qu’augmenter, on compte en 2009 plus de 200 films par mois. Le succès est imminent, et cela valait bien une chaîne de télé consacrée uniquement à ce mouvement culturel. Durant toute une journée, nous avons le droit à ce cinéma made in Africa. Mais ici, on brise les frontières et on tâte le terrain des voisins camerounais, sénégalais ou ghanéens. Les sujets récurrents sont : l’infidélité des couples, l’amour, la religion (certains instituts religieux réaliseront des films) et très souvent, le sexe, qui prend une part conséquente dans les œuvres nollywoodienne. On retrouve également des films d’action, aux effets spéciaux époustouflants, ou pas. J’étais comme hypnotisé par les scripts et par la romance, digne d’une version encore plus mauvaise d’une mauvaise version (genre du mauvais Sous le soleil, c’est tellement mauvais que le mot « mauvais » revient quatre fois). Les plans sont faramineux, avec des répétitions de gestes et de zooms, donnant très vite la nausée. En bref, une incroyable production mauvaise, mais comme je le dis très souvent « c’est tellement mauvais que cela devient brillant ».

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