Iconoclaste mais pas trop, Omar Souleyman a réussi à imposer la world music dans les soirées les plus underground d’Europe. Que ce soit Berlin ou Londres, les night-clubs se battent pour l’avoir et les producteurs se l’arrachent. Mais qu’est-ce qui fait sa force ? Focus sur celui qui a rendu la musique traditionnelle aussi branchée que le rock alternatif. 

C’est en 1966 qu’Omar Souleyman voit le jour, dans un petit village au nord ouest de la Syrie. Au départ, il n’est que chanteur dans les mariages et autres fêtes traditionnelles. Accompagné de ses musiciens, il pratique un style que l’on nomme « Dabka ». Cette musique folklorique syrienne est née d’une danse appelée « Dabkeh ». Le but consiste à former une ligne où les protagonistes se tiennent la main en frappant le sol très fort. Une espèce de Sirtaki qui trouve son origine du côté des soldats du Levant. Omar Souleyman deviendra le grand patron du Dakba. Ses prestations seront enregistrées, et on compte pas moins de 700 albums à son actif, ce qui est incroyable. Mais jusqu’à présent, il n’était qu’un illustre inconnu.

 

Ce sera en 2004 qu’Omar Souleyman dépassera la frontière syrienne pour accroître sa notoriété, avec un premier best-of de ses nombreux morceaux Highway to Hassake. Pour la première fois, l’Europe découvre l’incroyable énergie que dégage Omar. S’enchaîneront ensuite plusieurs autres compilations, Dakba 2020 ou encore Jazeera Night. Omar commence à se faire un petit nom dans le Vieux Continent. Abordant un gimmick très stéréotypé (Moustache épaisse, djellaba, foulard sur la tête et Ray-Ban) Omar Souleyman cristallisera très vite une sorte de « hype » autour de lui. Bjork l’invite à retravailler son titre « Crystalline » tandis que les français d’Acid Arabe , pour qui la culture arabe est une inspiration première, l’inviteront dans de nombreuses compilations et joueront pas mal de ses morceaux en live.

En 2013, il s’enferme dans les studios de Ribbon Music, en Grande Bretagne, pour sortir un EP, Wenu Wenu. L’année dernière, c’est sur le célèbre label allemand MonkeyTown, qu’il sortira un second projet Bahdeni Nami en s’entourant entre autre de Modeselektor, Four Tet ou encore le leader des Black Lips, Cole Alexander. Il s’agit de son deuxième véritable album. Mélange audacieux entre le folklorique et la musique électronique des QG alternatifs du nord de l’Europe, Omar Souleyman a réussi à créer une véritable harmonie entre deux cultures très distinctes. Loin de sa terre natale, devenue un gigantesque terrain de conflit (ndlr la Guerre en Syrie), Omar Souleyman célèbre la vie, rythmée par des synthétiseurs Yamaha et une danse de la joie.

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