L’Olympisme, c’est avant tout l’athlétisme, on peut dire ce qu’on veut. Car à l’époque de la Grèce antique, on ne jurait que par la performance individuelle, et surtout, le football, le basket ou le wtaer-polo n’existaient pas, même pas de loin. Alors on courait, on lançait, on se battait, et déjà, on devenait un dieu vivant quand on montait sur la première marche du podium. Le sport est avant tout une histoire de performance, et qui dit performance dit records. n athlétisme, on mesure, on chronomètre, on regarde des barres tomber, et on immortalise des records. Certains sont sujets à caution, et leur longévité commence à devenir assez louche. Quand Carl Lewis dénonce la médiocrité des sauteurs en longueur actuels, il omet de préciser qu’un beau jour, alors qu’il était déjà retiré des bagnoles, on a sorti un prélèvement de sang qui portait son nom du congélateur, et on n’y a pas trouvé que des trucs fabriqués par le corps humain. Sacré Carl. Quoi qu’il en soit, voyons un peu ces six records du monde qui probablement, à moins d’une invasion extra-terrestre ou de la légalisation de l’hormone de croissance, ne tomberont jamais.

1 – Florence Griffith-Joyner – 100 mètres – 10″49

On est à Indianapolis en 1988. Flo-Jo est carrée comme une armoire Ikea haut de gamme. Elle cavale comme un bonhomme, elle a d’ailleurs un corps de super-héros, avec les cheveux longs. Sa transformation physique n’a aucun sens, et ses performances non plus. 10″49 sur 100 mètres, 21″34 sur 200, quelques mois plus tard à Séoul. En 1989, l’IAAF lance les contrôles inopinés, Flo-Jo prend sa retraite. Bizarre. Et depuis 30 ans, des filles normales mettent une seconde de plus qu’elles pour parcourir les mêmes distances. Ah, et Flo-Jo est morte à 38 ans, aussi. Mais les tablettes sont toujours là.

2 – Randy Barnes – Lancer du poids -23m12

En 2016, un excellent lanceur de poids, un mec qui peut finir sur un podium olympique, balance cette boule de 7 kilos à peine au-delà des 20 mètres. Randy Barnes, c’est une progression absurde, une retraite anticipée pour cause de suspension à vie, bref…un maître. Et son seul rival au-delà des 23 mètres es’appelle Ulf (Timmerman), mais lui aussi, c’est douteux. Bloc de l’est, tout ça tout ça.

3 – Marita Koch – 400 mètres – 47″60

Vous aimez les courses complètement ridicules ? Canberra, Australie, 1985. Pendant que 6 femmes essaient de courir un 400 mètres, Marita Koch et Olha Bryzhina volent. L’Est-Allemande plus vite que la Soviétique, qui regarde Marita, vexée de ne pas être allée, comme tous les communistes, défendre ses chances aux JO de L.A, pulvériser le record du monde de la distance en 47″60. Pérec, c’est 48″25 avec un monde d’avance 10 ans plus tard, et c’était il y a 20 ans. Depuis, ça zone en 49 secondes les bonnes journées.

4 – Jarmila Kratochvilova – 800 mètres – 1″53″28

Alors ça, voyez-vous, c’est pas possible. D’ailleurs c’est une autre slave qui le dit en 1996, 13 ans après le méfait incriminé. Svetlana Masterkova, championne olympique du 800 mètres en 1996, a dit texto : « il est impossible pour une femme de courir aussi vite ». Voilà. En même temps, difficile de faire moins féminin que ce robot surpuissant qu’était à l’époque Jarmila Kratochvilova, le Tupolev du 400 mètres qui s’est retrouvée à courir un 800 plus ou moins par hasard en 1983 dans un meeting à Munich. Une course qu’elle a faite pour ne pas aggraver une blessure sur un 200 mètres qu’elle avait prévu de courir. Tchécoslovaquie, années 80.

5 – Kevin Young – 400 mètres haies – 46″78″

Un 400 mètres haies, c’est une course d’à peu près 48 secondes pour le meilleur du monde en 2016. Un nul, un zéro. En 1992, l’Américain Kevin Young faisait la même chose en 46″78, et il le faisait en finale des jeux olympiques de Barcelone, tranquille. Deux ans plus tard, il met trois secondes de plus et ne réussit même plus à passer les sélections américaines, alors qu’il n’a que 27 ans. Tombé comme un pissenlit fâné. Devenu, lui aussi, un nul, comme les autres. Comme quoi, y a pas que les Russes…

6 – Wang Junxia – 3000 mètres – 8″16

Septembre 1993, Pékin. Les Chinoises ont arraché le tartan de la piste de Stuttgart en finissant douze kilomètres devant tout le monde sur les courses de fond. Il paraît que leur entraîneur, un certain Ma Junren, est un malade qui les torture et les nourrit avec une soupe chelou faite avec de la carapace de tortue. Merlin l’enchanteur avec des cheveux noirs et un kimono en soie quand il va se coucher. Toujours est-il que grâce à Wang Junxia et ses copines, le record du monde du 3000 mètres vieux de 10 ans perd 16 secondes et l’espace de trois courses sur le territoire national, un endroit du monde où rien n’est vérifiable, et où on assassine des prisonniers dans des stades en envoyant la facture de la balle à la famille. Peace and love, la Chine.

Il y en a d’autres, le marteau masculin, par exemple, qui ne sera jamais battu autrement que grâce au dopage (demandez au dernier qui a essayé, Ivan Tsikhan). Soyez bien conscients, tous et toutes, d’une chose : avant les années 90, le dopage n’avait aucune existence dans le sport. On en parlait dans les milieux autorisés, mais pour le grand public, c’était de la science-fiction. C’est l’affaire Ben Johnson, en 88, qui a tout déclenché. On pense beaucoup, d’ailleurs, que le Canadien a mangé pour tous les copains, parce qu’il n’était ni américain ni russe. Un Canadien, aucune importance, qu’il aille en taule. Mais à côté de lui, qui courait à l’eau claire ? On ne le saura jamais, mais ce qu’on sait, en revanche, c’est que dans certains pays comme la RDA ou l’Ukraine, sans tes pilules et tes seringues, à cette époque-là, tu pouvais rester chez toi. Et encore on est sympas, on parle pas de natation ! Ni de Heidi Krieger, et là, c’est carrément de la folie !

Articles similaires

Laisser un commentaire