Il y a déjà une entreprise qui recycle des déchets, qui accueille des camions, qui pratique le criblage, et qui fait à la fois du bruit, de la poussière et du remue-ménage de camions. Cette société, c’est le groupe Sclavo, avec son site Eco-Pôle (ce qui d’ailleurs prête largement à confusion). Les problèmes de voisinage, la paperasse avec les institutions et les réglementations en tous genres, Jimmy Humphreys, responsable de la communication du groupe, connaît ça par cœur. Et quand une centrale à enrobé/à béton va s’installer à moins de 500 mètres de l’endroit où la boîte qui l’emploie recycle des déchets industriels dans un grand circuit automatisé alimenté par des pelleteuses grosses comme des chars du futur, il est bon d’aller lui poser quelques questions, dans un bureau situé en plein milieu du site, où l’on s’entend parler sans problème, et sans masque à gaz.

Comment le projet de centrale à béton et d’enrobés est accueilli ? Quels sont vos positions vis-à-vis de cette centrale ?

Nous, concrètement, on n’est pas contre ce type de projet. On ne s’est pas non plus trop penché sur la question. Si ce projet est mis en place, c’est parce qu’il y a un véritable besoin même si nous ne sommes pas experts sur ce marché-là. On se positionne plus comme des clients de ce type de centrale. Nous nous sommes penchés sur le sujet de la faisabilité de ce type de projet à partir du moment où nous avons voulu mettre en place notre centrale, différente. On connait les difficulté d’installation, les normes à respecter, les exigences reglementaire, les exigences sociale… On a pris connaissance de toutes les difficultés ainsi que de la durée des démarches. Nous sommes conscients que ce n’est pas facile.

Ironie du sort, cette société s’appelle aussi « Ecopole » et est aussi spécialiste en recyclage, vous ne pensez pas qu’ils auraient dû vous contacter avant ? 

Tous les points de vues sont bons à prendre mais on ne s’est pas vraiment posé cette question- là. En réalité, notre société s’appelle « Sofovar » et « Ecopole » est le nom donné au site. Ecopole serait le nom « commercial » si je puis dire. Le nom complet c’est « Ecopole recyclage déchets non dangereux ».

Pourquoi ce nouveau « pôle béton et enrobés »serait-il si bénéfique pour tout le monde ? 

Nous nous situons dans le pole BTP, on a réutilisé un peu ce nom-là qui est assez parlant. Nous sommes dans le recyclage, donc nous possédons plusieurs sites. Dans cette zone qui s’appelle le Capiton nous avons donc notre écopole recyclage objet non dangereux, ecopole déchets dangereux, ecopole fer et métaux. Logiquement, Ecopole Beton et enrobés qui va bientôt ouvrir sera perçu comme une activité complémentaire notamment dans le BTP, puisque qu’il est nécessaire d’avoir une centrale à béton dans le milieu du bâtiment. Le principal, c’est que tout ce système soit géré dans les règles de l’art, mais pour cela, je ne me fais pas trop de soucis.

Votre activité est relativement bruyante, probablement « polluante », ce n’est pas simple à mettre en route et vous avez dû avoir des difficultés à vous installer, non ? 

A la base, ça peut être vu comme des contraintes mais finalement, dans la politique de SCLAVO, nous prenons le positif. En effet, il est important de dépasser toutes ces difficultés et ces normes, cela permet aux employés de ne pas faire n’importe quoi. Notre société est « normée » (Iso 9001, bientôt ISO 14001, ndlr). Nos sites sont classés ICEP, nous avons également des audits interne avec leur propre QSE, externe aussi avec un cabinet de consulting, véritable guide pour le fonctionnement de l’entreprise. Sur ce plan-là, je ne me fais pas trop de soucis. Il est nécessaire pour avoir les autorisations et les permis de répondre à ces exigences.

Donc Ecopole ne représente pas une concurrence pour votre entreprise ?

Non, pas du tout. Nous sommes sur des activités bien distinctes.

Pour construire cet ecopole, les exploitants se heurtent à « des problèmes de voisinages », à cause du bruit et de la pollution entre autres, est ce que vous aviez connu ces problèmes-là quand vous vous êtes installés? 

Effectivement, nous avons été sujets à des enquêtes publique. Nous avons dû également attendre bon nombre de décisions préfectorale pour exploiter. Après ce n’est jamais simple, il y a toujours des gens qui s’opposent et des gens qui soutiennent, en quelque sorte.Il est intéressant de rencontrer ceux qui s’opposent pour avoir leur propre avis sur le sujet. Il peut y avoir de grandes confusions et donc il est de notre devoir d’ouvrir un dialogue et d’expliquer certaines choses. Il est vrai que lorsque l’on annonce un futur projet de tri, cela peut effrayer. Mais notre région en avait besoin, puisqu’il y a un réel problème de déchets dans le Var. Le but de notre filiale c’est de revaloriser la matière et de l’énergie c’est à dire viser le zéro enfouissement. Il y a un réel objectif derrière tout ça, par rapport aux enjeux gouvernementaux. Le développement durable,  on l’évoque sans arrêt, on en a beaucoup entendu parler avec la COP 21, qui encore faire parler d’elle. Nous sommes vraiment en phase avec tout ça. Et nous répondons aux besoins des gens, je pense.

Maintenant que vous êtes dans le pole BTP, est-ce une zone où il y a beaucoup de fréquentation, beaucoup de « vie » en quelque sorte ?

Effectivement, il y a beaucoup d’activités. Mais pour les entreprises de BTP, ici on retrouve uniquement les bureaux. Les transports partent tôt le matin des locaux, et ne reviennent qu’en fin de journée. Il est vrai que dans la journée, il n’y a pas beaucoup de « va et vient ». Alors oui de temps en temps, mais ce n’est pas « important » dans le sens ou il n’y en vraiment pas beaucoup. Et puis, nous avons un planning particulier à respecter. Chez nous, on sait quand un camion doit arriver par exemple. L’avantage est que la zone est placée à proximité de l’autoroute, ce qui permet une accessibilité simple et rapide. On ne traverse ni écoles ni villages. Généralement, tous nos sites sont proches des autoroutes ou en zone industrielle. Mais la question, c’est de savoir si nous sommes dérengeants ici. Si c’était le cas, où devrions-nous nous installer ? Tout est électrique donc il n’y a pas de rejets, et pas de fumée. Nous avons par le passé eu des problèmes de poussières mais nous avons vite réglé la chose. Et il n’y a pas tellement de bruit, pour ne pas dire aucun.

 

 

A propos de l'auteur

Articles similaires

Une réponse

  1. ober

    j’habite en face , à 60 m et il y a toujours de la poussière et du bruit , votre article est mal rédigé , pourtant vous avez très bien vu ou j’habite

    Répondre

Laisser un commentaire