Un pique-nique, un dimanche de printemps, quoi de plus sympathique ? Si en plus on est nombreux, c’st le bout du monde. Il y a une quinzaine de jours, Virginie Groshans a mis les petits plats dans les grands, et s’est lancée dans l’idée d’organiser un pique-nique végan. Pas de viande, pas de lait, pas de fromage, ou alors, du fromage dérivé de végétaux. L’idée, c’est de ne consommer aucun produit qui soit issu de l’exploitation animale. Simple à écrire, facile à théoriser, mais beaucoup plus compliqué à appliquer. Pourtant, pour un certain nombre de gens, de plus en plus, ce nouveau mode de consommation, générateur d’une contre-culture qui incorpore bon nombre de problématiques sur le bien-être et surtout sur la conscience, se passer des produits d’origine animale est devenu une absolue nécessité. Pour eux, la question ne se pose même plus. A tel point qu’ils en deviennent parfois agressifs sur les réseaux sociaux, en montrant du doigt les immondes carnivores avec qui ils partagent la planète Terre, et surtout, les industriels monstrueux qui tuent des êtres sensibles pour le simple plaisir de manger de la viande, cet aliment dont on n’aurait pas besoin pour vivre.

Sans chercher à délier le vrai du faux, le fondé du fantasmé, les bons vegans des mauvais vegans, nous avons juste décidé de participer à leur manifestation pour découvrir leur culture, goûter leurs crêpes, leurs pizzas, leur fromage et leur lait qui ne sont pas si bizarres que ça, et partager avec tout le monde la culture de quelques-uns. Dans un chouette endroit avec des gens sympas, c’est toujours une belle équation pour un dimanche, même un peu gris. Et pour commencer, il fallait qu’on sache où on mettait les pieds, alors avant de passer à la dégustation, on a discuté avec Virginie, l’organisatrice.

Virginie, explique-nous ce qui se passe aujourd’hui.

Et bien aujourd’hui le restaurant du lac nous prête gentiment le terrain pour que l’on fasse tous ensemble un pique-nique vegan, auquel tout le monde est convié, pour découvrir les possibilités qu’offre cette culture, la possibilité de se passer complètement des produits d’origine animale, à commencer par la viande, bien évidemment.

Pourquoi as-tu voulu organiser ça ?

J’y tenais parce que j’ai participé à ce genre de choses l’année dernière à la base nature à Fréjus, et je me suis dit que ce serait une bonne idée de faire la même chose à Roquebrune.

Tu fais partiue d’une structure ou c’est une simple initiative citoyenne ?

Rien du tout. C’est personnel et militant. Je suis végétarienne depuis 8 ans, et je suis végan depuis 1 an et demi. Tout est parti d’une prise de conscience. J’ai la chance d’avoir une maman végétarienne depuis 32 ans, ça m’a beaucoup aidé

Quel est le cheminement pour en arriver à ce mode de consommation ?

C’est venu de l’éducation. Notre mère nous a mis devant le fait accompli en nous montrant des choses, des documents, des vidéos, sur des chaînes allemandes, pour nous sensibiliser à tout ça. Ensuite j’ai fait mon adolescence, j’ai mangé de la viande, j’ai mangé MacDo. J’ai arrêté la viande pendant quelques années, j’ai repris pendant trois ans, j’ai fait un peu le yoyo. Mais là ça fait un an et demi que c’est définitif.

Est-ce que tu vis avec des personnes qui mangent de la viande ?

Mon compagnon, il mange de la viande. C’est très difficile, pour lui, mais encore plus pour moi. C’est difficile de lui montrer comment ça se passe, son niveau de conscience à lui n’est pas le même que le mien. Pour l’instant il mange de la viande, c’est comme ça. Mais j’ai compris que ce n’était pas mon rôle de le faire changer, chacun évolue à son rythme, pour l’instant il n’est pas prêt.

C’est déjà compliqué quand un ami vient manger à la maison et qu’il est vegan, alors au quotidien ?

Et bien quand des amis viennent chez nous et que je leur fais des burgers vegans, ils tombent des nues !

Tu es devenue une spécialiste de la cuisine vegan ?

Pas vraiment, hélas ! Mais j’ai compilé beaucoup de recettes, j’essaye d’appliquer. Il y a de grands spécialistes !

Qui expose, aujourd’hui ?

Et bien pour commencer il y a le stand L214, l’association dont je suis membre. Je me suis débrouillée pour faire parvenir des parutions, c’est pour informer un peu les gens sur le mouvement et sur ce qu’est la culture vegan. J’ai fait pareil avec l’Age de Fer. J’ai moi-même créé de la pâte à crêpes sans œufs et sans lait, avec du Nutella sans gluten que j’ai fait aussi. On a des pots de confiture qui nous viennent d’une dame qui fabrique ça à Saint-Paul en Forêt, ses fruitiers ne sont pas du tout traites. Il y a aussi des pierres fines et des pierres à usage thérapeutique, nous avons aussi Bio At’home, qui va chercher des fruits et légumes dans tout le Var pour les revendre ici sous l’étiquette Bio. Nous avons aussi une thérapeute holistique, Sophie Brunelière, qui en profite pour présenter son livre, ainsi que sa maman qui propose de découvrir le Aum Chanting, pour rentrer en communion avec la Terre l’espace de 45 minutes, c’est de la méditation. Nous avons aussi d’autres praticiens, comme un masseur-énergéticien.

Tout ça est lié au bien-être, c’est le signe que la nourriture n’est que le point de départ ?

Tout est lié. Mais il est vrai que ça commence par la nourriture.

Question qui fâche : beaucoup de vegans sont des militants assez agressifs, qui inondent les réseaux sociaux de vidéos, de messages d’alerte, et leur propos a du mal à passer. Tu es consciente de ça ?

Il sont en colère. On voit tellement d’injustice vis-à-vis des traitements infligés aux animaux que l’on finit par ressentir cette douleur. C’est pour ça que certaines personnes qui sont vegans peuvent devenir agressives. Ils sont ultra sensibles et ce qu’ils ressentent peut vraiment les écorcher. Avec le temps j’ai appris à encourager plutôt qu’à militer comme ça. Par exemple, j’essaye de discuter et j’arrive à convaincre des amis de manger un peu moins de viande, un bon morceau par semaine, par exemple, et je trouve déjà ça très bien. En n’en mangeant qu’un seul par semaine, on épargne 90 animaux par an. C’est déjà énorme. Les gens agressifs, il faut leur laisser du temps, ils faut que chacun se laisse du temps, et fasse en son âme et conscience. C’est à nous de communiquer, mais pas de forcer.

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