Ils sont l’équipe la plus nulle du sport américain. De ces 50 dernières années. Et ça, il fallait le faire. Avec à l’heure actuelle un bilan minable, miteux, famélique, désopilant de 9 victoires pour 66 défaites à l’heure où nous écrivons ces lignes. Quand on sait que la saison de 1973 reste à ce jour la pure chose que les parquets américains aient eu la chance de voir, avec, déjà, des Sixers de Philadelphie à 73 défaites en 82 matches. Pour essayer d’expliquer comment l’équipe de Julius Erving, Allen Iverson, Moses Malone et de Charles Barkley a fini dans un marasme pareil, c’est assez compliqué. Il y a pourtant quelques pistes.

Tanking, draft, et instinct de survie dans les chaussettes.

Michael Carter-Williams, Elfrid Payton. Voilà deux joueurs qui ont débarqué ces dernières saisons à Philadelphie, sur lesquels la franchise aurait pu bâtir quelque chose de solide. Mais ils ne sont, déjà, plus là. Pour quelle raison? Seuls le propriétaire et le président du club le savent. Certes Elfrid Payton n’avait pas, a priori, le même potentiel que son pote parti galérer à Milwaukee (parce qu’il fait finalement beaucoup moins bien que son prédécesseur génial, Brandon Knight), mais il affiche aujourd’hui de belles dispositions, entouré d’une équipe de jeunes loups prometteurs, à commencer par le Marsupilami numéro 2, Aaron Gordon, à peu près 12 mètres de détente verticale. Et il paraît que la franchise, en quête d’un trade qui pourrait sortir les Sixers du marasme absolu, songe à échanger cet été le seul mec à surnager dans l’effectif aux côtés du malade mental Ish Smith, le dernier numéro 1 de la draft, Jalil Okafor. N’importe quoi.

Et Joel Embiid ?

Et bien pour Joel Embiid, on va dire « pas de pot ». Il aurait dû faire une carrière à la Hakeem Olajuwon, mais le Camerounais, pour l’instant, c’est un pied droit en bouillie, 2m13 dans une clinique de rééducation depuis deux ans, et toute l’envergure du monde ne sert à rien quand on est cloué à domicile par une blessure qui fait son travail de sape. Embiid a déjà raté 157 matchs de NBA sur 157 possibles depuis son arrivée dans l’effectif des Sixers, et rien ne dit que c’est fini. Une carrière à la Pervis Ellison, à la Brandon Roy, ou à la Greg Oden, encore pire, le mec « once in a decade » (un seul comme ça tous les dix ans), perdu pour le basket après 82 matches, soit une saison complète, mais en 4 ans.

Perspectives ?

L’horizon des Sixers, c’est un peu le néant. Ils ne seraient peut-être même pas capables d’être champion de D-League, la ligue de développement de la NBA où les équipes B des franchises jouent devant des gradins vides (mais où le concours de dunk, chaque année, est plutôt chouette). Avec des meilleurs joueurs constamment sur le départ, et toujours un peu en délicatesse avec les autorités (Okafor a été suspendu pour avoir mis une belle droite à un lascar de Boston, à la sortie d’un club. Le mec fait quand même 2m11 et 125 kilos), l’avenir n’est pas rose. Il leur faudrait déjà gagner un match pour ne pas battre un record de médiocrité vieux de 43 ans, ce serait déjà pas mal. Ils détienent déjà celui de la plus longue série de défaites de l’histoire du sport américain, avec 27 (entre les 10 derniers matchs de la saison dernière et les 17 premiers de cette année). Pendnat que les Warriors lorgnent sur le record des Bulls avec 72 victoires, en bas c’est la misère. Deux clubs, deux mondes, et deux mondes qui les séparent. Pour lo’instant, parce qu’à Philly, il y a de l’argent, une histoire, mais pour l’instant, ni cerveaux, ni idée !

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