Jean-Christophe Cambadélis est un grand malade. Un genre de Houdini du verbe. Un homme qui n’a pas peur de dire tout et son contraire du jour au lendemain, sans même constater une hausse du sourcil. Rien, un monolithe. C’est un métier, d’être aussi performant en matière de monologue sourd aux remarques, aux questions, aux invectives, aux alertes, à tout. Un fou furieux de la communication, ce domaine de compétence vieux comme le monde (les jeux du cirque, par exemple, quel outil de comm’ !), ré-apparu en même temps que tous les nouveaux métiers qui ne servent à rien, community manager, responsable en e-réputation, coordinateur web. Des gens qui travaillent beaucoup pour la plupart, mais qui produisent du néant, dont la seule mission est de faire briller leur entreprise, ou leur chef, ou leur patron. L’idée, c’est de paraître performant coûte que coûte, même quand on est le dernier des gros nuls qui dort au fond de la classe. Et bien évidemment, les champions à ce petit jeu, ce sont les politiques, qui dans la grande majorité des cas, n’ont qu’une seule ambition une fois qu’ils ont posé leurs fesses sur un siège d’élu : être réélus. Et c’est à ça que servent les services de comm’, pas seulement, mais beaucoup. Le drame, avec le service de comm de nos plus illustres élus, notre Président, ou ce fameux Jean-Christophe Cambadélis, qui est à la tête du PS (mais qui serait aussi mal inspiré s’il était aux Républicains, au Modem, au FN ou chez EELV, il n’y a que la couleur du tract qui change), c’est qu’ils sont condamnés à fabriquer du beau avec de l’horreur. Un président avec 14% d’opinion favorable, dans un pays un peu moins libre, il verrouille la Vox Populi et personne ne le sait, qu’il est haï par ses administrés. Notre démocratie est magnifique, mais elle fabrique ce genre de combinaisons ubuesques entre un type plébiscité par le peuple, mais qui déçoit, et qui après un effet boule de neige hallucinant, se retrouve détesté par 86% des gens qui s’expriment.

Alors il passe à la télé, et personne ne le regarde, enfin si : 14% des gens (hasard incroyable mais vrai), soit un flop sans précédent pour une rencontre entre un président et le petit écran. Et pour le défendre le lendemain dans les médias, JCC, qui vient expliquer que « Macron ne rassemble pas assez pour être candidat », que l’équipe présidentielle « est en train de réussir mais qu’hélas on indexe trop la réussite sur la courbe du chômage », et qu’il faudra un autre quinquennat pour finir de « passer la serpillière dans les coins pour nettoyer la salle de bains », parce que les adversaires, ceux d’avant, avaient tout dégueulassé. Plus que toi, t’es sûr ? J’ai l’impression qu’il y a des nouveaux poils qui traînent, moi. Et c’est pas les miens. Bref, après une émission de questions-réponses sans réponses, nous avons eu droit à un florilège d’énormités tellement pénibles à entendre qu’on devient progressivement tous sourds à ces discours, par instinct de survie.

La seule chose que je voudrais lui dire, moi, à Jean-Christophe, elle tient en deux phrases : « J’ai une vie à mener, des problèmes à régler, des gens à aimer, des choses à faire, et j’en ai marre que tu accapares l’espace public pour déblatérer des phrases qui n’ont aucun sens et qui évoquent des sujets qui ne me concernent plus. Mes impôts je les paye, ma retraite je la rêve, mon salaire je m’en plains, et ton intervention, ton action, tes élections, ton existence, même, tout ça n’y change rien…dis-le à tous tes copains, dans les 180 degrés de l’hémicycle. »

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