On en a tous eu une, de prof qu’on aimait bien parce qu’elle était belle et gentille. Moi, je vais vous parler de ma prof de musique en 6e. Au bas mot, comme au haut mot (ce qui ne veut rien dire), elle devait afficher, allez…26 balais au compteur. J’étais comme tous les garçons de la classe, moi, dans une phase de rut inexplicable, un ego-trip qui prend la tête et serre le slip toute la journée. Des choses qu’on n’ose même plus s’expliquer tellement on les vit à fond. J’avais des gonzesses collées sur la rétine h24, sauf quand je dormais. Et encore, les draps s’en souviennent. Quoi qu’il en soit, l’incarnation la plus parfaite, l’idole que j’imaginais en train de danser sur des rythmes orientaux en agitant des grands verres de Gini sur la table basse du salon de mes parents, c’était elle, la prof de musique. Pourtant, hélas si j’ose dire, c’est moi qui à l’époque soufflait dans une flûte. Pourtant je vous assure que j’en ai produit, de l’amalgame chimérique, avec cette beauté transcendantale et des schémas tous plus ubuesques les uns que les autres. Comment une femme de 26 ans estimés pouvait-elle s’intéresser à un puceau pré-pubère né à la fin de l’année civile, donc de dix ans et demi ? Et pourtant, croyez-le bien, les hormones, si j’en avais vendu, je ne les aurais pas faites venir par avion-cargo depuis un pays où il ne pleut pas. J’en avais plein le corps, tellement que je suis certain que ça devait sentir quelque chose.

Malheureusement je ne sais même pas ce qu’elle est devenue. Si, quadragénaire. Mais c’est tout. Elle était chez nous en remplacement, juste le temps de se maquer avec un prof de maths qui n’avait pas grand chose pour lui, si ce n’est une sécurité de l’emploi qu’elle avait aussi. Mais c’est toujours pareil, il occupait le terrain, il a trouvé l’anicroche, et il a choppé le pompom sur le manège. Lui non plus je ne sais pas ce qu’il est devenu, mais curieusement, j’en ai rien à cirer !

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