Lorsque nous avons rencontré la classe de 6ème C du collège de Roquebrune, ils étaient tous unis pour la bonne cause. En effet, ces braves élèves se sont lancés depuis peu dans la récolte des bouchons. Le but est de récupérer le maximum de bouchons en plastique. Pourquoi faire ? Tout simplement pour venir en aide aux personnes handicapées. Cette initiative est lancée par l’association « Bouchons d’amour ». Suivie depuis peu par France Cancer, cette dernière a quant à elle, choisi de récolter des bouchons de liège pour lutter contre la maladie du siècle. Pour nous en parler, nous avons rencontré Camille Pellegrin, vice-présidente de France Cancer et responsable départementale de « Bouchons d’amour ».

Peux tu nous faire la distinction entre « Bouchons d’amour » et « France Cancer » ?

France Cancer est une association des Alpes-Maritimes, qui est désormais répandue dans la France entière, son but est de récolter les bouchons de liège et de faux liège, ou synthétiques, et les capsules de champagne. Ils revendent le liège au liègeur de Fréjus (il y en a très peu en France). Le synthétique, quant à lui, on le revend au fabricant mondial de synthétique qui est Nomacorc. Ils en font du recyclage et l’argent, on le donne à deux chercheuses de Sophia Antipolis.

Tous travaillent en local et en petit comité. Et pour donner un ordre d’idées, vous avez récolté combien en tout ? 

En 2015, on a récolté 35 000 € pour la recherche contre le cancer. C’est un beau chiffre.

Quel est le secteur d’activités de ces deux chercheuses de Sophia Antipolis ?

Elles travaillent principalement sur les cellules souches du cancer. Si tu veux, la cellule souche a une sorte de protéine autour. Et cette protéine fait que c’est une cellule différente et qu’elle ne réagit pas au traitement en chimiothérapie ou trithérapique. Les chercheuses travaillent depuis plusieurs années maintenant, cela fait 15 ans qu’on les soutient. Elles veulent, entre autres, détruire la protéine qui entoure la cellule souche. Elles ont trouvé, en 2015, avec leur équipe de biologique, une bactérie dans les éponges de la mer Méditerranée qui tue cette protéine. Elle arrive à transformer la cellule souche d’un cancer qui est à l’origine de la recidive ou de la généralisation du cancer. Après des tests en laboratoire, elles ont effectué des tests sur des souris à l’Hôpital de l’Archet à Nice. Donc elles ont été mondialement reconnues.

Et maintenant, peux-tu nous expliquer les buts de « Bouchons d’amour » ?

« Bouchons d’Amour » récupère les bouchons en plastique, jusqu’à 14 cm de diamètre. Par exemple, lorsqu’on a un pot de Nutella, le gros bouchon peut être récupéré. Les bouchons en plastique seront vendus à un plasturgiste Belge à 300 € la tonne. L’argent récolté permet l’achat de fauteuils roulants, qui sont extrêmement chers, entre 5000 et 8000 €. « Bouchons d’amour » soutient le handicap physique. Ce qui est intéressant chez « Bouchons d’amour » c’est qu’ils sont organisés en régions. Donc il y a 5 régions et tous les bouchons qui sont récoltés dans la région financent les projets de la région concernée. Par exemple, la semaine dernière un jeune de 25 ans voulait s’acheter un fauteuil roulant. Après avoir compilé le dossier, ce sont nos bouchons qui ont financé le fauteuil.

Mais « Bouchons d’amour’ est une vieille association, non ? 

Oui, elle existe depuis 30 ans. Ils ont commencé dans les années 80.

Et donc toi, tu es active pour « Bouchons d’amour » et « France Cancer » ? 

Effectivement. Au départ, j’ai commencé avec « Bouchons d’amour » parce que ça m’intéressait par rapport à mon travail au SMIDDEV, le fait que tous les bouchons des bouteilles en plastique, des pots… ne soient pas tous recyclés. Ici, on recycle tous les bouchons donc il y a une réduction de déchet. A côté de ça, on travaille pour le handicap physique. On connait tous des gens autour de soi qui ont été frappés par un handicap physique. Au début au SMIDDEV c’était même devenu mon surnom, « Petit bouchon d’amour ». J’ai fait une étude de marché sur les domaine des viticoles pour étudier le traitement des bouchons en liège et faux liège. Suite à ça, j’ai rencontré le liégeur de Fréjus qui m’a expliqué qu’il collaborait avec une association, France Cancer. De fil en aiguille je me suis impliquée la dedans. Désormais, je suis vice-présidente de l’association.

Parles-nous un peu des points de collectes parce qu’il y a une grande liste. En règle générale, c’est quoi les établissements qui collectent ? 

On va avoir des écoles, des mairies, des déchèteries, des magasins associatifs comme Azur Linge ou les Producteur de la Vallée Rose. On me demande beaucoup mais comme je suis toute seule pour mettre les points de collectes, je me permets de faire un appel à bénévoles. Par exemple, je fais 6 points de collectes… Je les ramènes ensuite dans mon garage et puis quand j’ai de quoi remplir une voiture, je les livre à Cannes puisque les deux centres de « France Cancer » et « Bouchons d’amours » sont là-bas. Pour ma gestion de temps, c’est quand même énorme.

Sont-ils compliqués à convaincre, les contributeurs qui collectent les bouchons, ou cela se fait assez facilement ? 

Non, ils font souvent la collecte de manière volontaire. Ils ont envie de faire ça. Ce sont eux qui me démarchent et puis ils constatent que cela se passe plutôt bien, alors les autres suivent le mouvement. Il faut rappeler que cette initiative est gratuite et ils sont conscients qu’ils n’ont rien à gagner. Par exemple, depuis que Var Azur Linge est point de collecte « Bouchons d’amour » et que son nom figure parmi les contributeurs sur le site officiel, et bien cela n’a été que positif puisque la collecte leur a en plus de ça apporté de la clientèle.

Est ce que le caritatif se livre une concurrence ? Par exemple, est ce que l’on peut dire que vous êtes en concurrence avec le Téléthon ou autres ? 

Pas vraiment. Souvent, « France Cancer » et « Bouchons d’Amour » se sont bataillées entre elles. Par exemple, dans les refus de « Bouchons d’amour » on va avoir des bouchons en liège et en faux liège et dans les refus de France Cancer on va retrouver des bouchons en plastique. Cela arrive, les gens peuvent se tromper. Donc oui, parfois ça se chamaille. De manière éthique, ça ne se faisait pas. Désormais, ces petites broutilles sont mises de cotés et les deux associations travaillent ensemble. Le monde caritatif n’est pas aussi idéaliste que ça en a l’air.

Et vous arrivez à fédérer assez de monde ou il y en a jamais assez ? 

Trouver des points de collecte est relativement facile. Je le répète, les gens sont souvent volontaire, du fait que ce soit pour la bonne cause. Là où c’est plus difficile, c’est quand on a besoin de bénévoles. Les personnes ont leurs vies donc pour eux, se consacrer à une association ce n’est pas toujours évident. Bouchons d’amour est une association avec une grosse assise, il y avait Bigard comme parrain quand le mouvement a été lancé, donc nationalement parlant ils ont su être en place. France Cancer est surtout implantée dans la partie est de la France.

Est-ce qu’il y a de l’événementiel pour les associations ? Parce qu’il faut quand même être visible, dans cette histoire.

Il y a des opérations extérieures. Ceux qui ont envie de faire des opérations extérieures ou qui ont envie de nous faire venir dans leurs manifestations peuvent nous appeler. France Cancer avait fait le Forum des associations à Fréjus. Il y a eu également des événements avec la maison des jeunes de Puget. Les 23 et 24 Avril on tient un stand à Végétalis. Ce sont des moments où les personnes peuvent me ramener leurs bouchons et accessoirement récupérer la liste des points de collecte. Donc oui, on fait souvent des opérations extérieur mais encore une fois, tout est une question de disponibilité.

A quel moment mett-on un point d’arrêt à la collecte, pour faire le bilan ?  

Généralement une fois par an. On étend la collecte du 1er janvier au 31/12. France Cancer ne cesse d’augmenter la récolte. Quant à Bouchons d’amour selon les régions, ça a tendance à un peu osciller. Les bouchons de liège sont recyclés pour ensuite faire des panneaux d’isolation pour les maisons. D’un point de vue environnemental, il n’y a rien de mieux. Le faux liège, lui servira à refaire des bouchons en faux liège. Les capsules de champagne on les garde et souvent les collectionneurs font un don. Et pour les bouchons en plastique, ils en refont du plastique, simplement.

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