La semaine prochaine, pas de journal. Et ça veut bien dire ce que ça veut dire. Je ne me lèverai pas pour faire quoi que ce soit d’autre que regarder la télé et manger des chips. Non, en fait non, je déconne. Je vais prendre des compléments alimentaires, bouffer du blanc de poulet et transformer mes amas graisseux en bulles musculaires gracieuses, pour rentrer dans un jean taille 42. On peut toujours rêver. Bref, j’en sais rien, de ce que je vais faire, et c’est sans doute ça, la vraie liberté. Moi je veux de l’incertitude, je veux qu’un aller-retour à la cuisine soit une aventure, que l’ouverture d’un frigo soit un conte de fées, qu’on tourne une page en visitant un jardin. C’est le sud, ici, et j’ai des tomates qui poussent à 6 mètres de ma porte d’entrée, j’ai enfin le temps de les regarder rougir au soleil, en ne faisant absolument rien d’autre que contempler la magnifique odyssée de la nature. Je vais m’éclater.

Hélas, tout ça ne va durer qu’une semaine. La semaine prochaine, il va falloir remettre le couvert, retourner voir des gens qui font des choses fantastiques, évoquer des univers hallucinants, découvrir des artistes époustouflants, et disserter sur l’abracadabanterie du monde qui nous entoure, en essayant de ne pas vous en dégoûter. L’idée, c’est de vous le faire détester suffisamment pour que vous ayez envie de le transformer, juste un petit peu. Un peu comme ce que fait le terreau avec cette belle tomate qui pend à 6 mètres de ma fenêtre : elle est jolie, mais elle n’est pas parfaite. On pourrait faire mieux. Il suffit d’un peu d’énergie, des bons ingrédients, et de pas mal de patience. Alors je suis d’accord, le climat social actuel va exiger de nous une dose de patience bien plus grande que celle qu’il faut pour attendre la plénitude d’une tomate. Mais finalement, la Terre, c’est comme un fruit : si on l’écrase, si on le laisse crever, si on le pousse à bout, si on le fait trop macérer dans son jus, il devient pourri, et on n’en fait plus rien. Je me relis, je ne suis pas sûr de comprendre tout ce que j’écris. j’ai besoin de vacances. Salut les amis.

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