Le service public fout le camp. Non, soyons sérieux deux minutes, soit une de plus que d’habitude. Le service public, c’était mieux avant. Avant qu’il ne soit partiellement privatisé. On va nous dire que c’était un mal nécessaire, qu’on ne pouvait pas garder le modèle de nos grands-parents, avec des grosses entreprises comme la Poste, France Télécom ou Renault et leurs capitaux publics, leurs fonctionnaires, ces gens qui dans l’inconscient collectif sont des privilégiés qui travaillent moins que les autres et qui ne risquent jamais de perdre leur place. On vit aujourd’hui dans un pays qui cultive le mépris du voisin sous prétexte que d’une manière ou d’une autre, peu importe laquelle (on finit toujours par trouver), chez lui l’herbe est plus verte. Il gagne plus d’argent ? Oui mais il doit faire ses douze heures par jour, d’ailleurs il le crie sans cesse. Celui-là a la sécurité de l’emploi ? Oui, mais il a un chef tyrannique, qui ne comprend rien à ce qu’il fait (genre, un élu, au hasard), qui ne se souvient pas de son prénom, et son boulot, c’est de ramasser tes poubelles à 5h20 du matin, ou de refaire ta route la nuit en février, ou de gérer ton fils pénible pendant les heures de bureau en essayant de lui apprendre quelque chose, ce que toi, souvent, tu ne prends plus le temps de faire, trop occupé à râler sur tout, tout le temps. Comme lui, finalement, qui se plaint sans arrêt que dans le privé on gagne plus, alors qu’il a trois fois plus de vacances que toi. Voilà où on en est, on se déteste, tous, pour rien. Et on nous explique que l’an prochain, dans un an tout rond, il va falloir en trouver un ou une qui nous rassemble. Bon courage, les mecs (et les filles), vous êtes pas au bout de vos peines.

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