Et en plus, les Fréjusiens exportent leur savoir-faire ! Après quelques belles saisons estivales marquées par des événements de plus en plus plébiscités par le public local, l’association Media Massive a continué de grandir et de proposer toujours plus de choses au service des amateurs (et des créateurs) de musique. Des concerts toute l’année, des nouveaux partenariats, une liste d’artistes en production toujours plus étoffée, et un grand chef, Michel Grillo, qui garde la foi malgré quelques coups durs. Mais après plus de dix ans dans le monde associatif, le bonhomme a l’habitude de redresser des barres et de développer des idées pour servir sa passion pour la musique. Et aujourd’hui, il est mieux entouré que jamais.

Michel, il a encore changé, votre local de la base nature !

On avait un deuxième local de répétition, mais il était rarement occupé en même temps que le grand. Donc on s’en servait surtout pour entreposer des choses ou pour enregistrer, comme une cabine. Et puis comme je me suis remis à faire un peu de son, je ne te cache pas que j’ai installé mon matériel dedans !

La programmation de l’été, ça va être chargé, une fois de plus, si on se réfère au tableau qui trône dans ce bureau !

On commence le 6 mai avec la sortie nationale de l’album de Jah Legacy, qui a enregistré ici. Ils sont restés une quinzaine de jours, avec leur ingéson, ils ont carrément loué le studio. On avait déjà fait pas mal d’EP, mais c’est le premier album qu’on enregistre ici. Ils sont en promotion à Paris, ils sont passés sur RFI, ils payent un attaché de presse qui s’occupe de tout ça. Ils veulent absolument lancer leur tournée à Sait-Raphaël, et pour l’occasion on invite le groupe toulousain The Banyans, qui est une tête d’affiche française, mais qui seront là pour épauler leurs copains, ce sera quand même Jah Legacy la tête d’affiche le 6 mai à Félix Martin.

Vous vous mettez au jazz, aussi ?

Le 28 mai, oui, une soirée jazz, et c’est nouveau. On lutte beaucoup avec les musiques actuelles, la fréquentation n’est pas toujours au rendez-vous, même si on invite des super groupes qui remplissent partout. Il nous arrive de faire 100 payants avec des groupes qui cartonnent, c’est consternant, on a tout essayé, les places moins chères, etc. C’est pas une question de prix, le spectacle vivant à 8 euros la place on ne peut plus descendre.

Tu es surpris par les fréquentations hautes, aussi, de temps en temps ?

Rarement, on n’a pas de visibilité, on ne sait jamais si on va attirer beaucoup de monde ou pas, c’est un pari. Mais je ne suis pas fermé, je me pose toujours la question, pourquoi ça ne marche pas ? On a une tranche de programmation très éclectique, donc on se met au jazz avec la programmation du Château de Berne à Lorgues, cet été. Je ne connaissais pas cette scène, ça m’a obligé à chercher des trucs, rencontrer des gens. J’ai pris exemple sur ce que tout le monde fait, des groupes de tributes. Donc ce sera un tribute au Rat Pack, avec des musiciens du 06 qui jouent dans des tas de groupes. La madeleine de Proust, les gens se rattachent à des vieux trucs, ils adorent ça. On attaque le 28 mai, on a 4 dates, o leur envoie les groupes et c’est tout. C’est ultra classe, comme endroit !

C’est génial qu’un endroit comme ça vous ait démarché !

Ils ont demandé un peu à droite à gauche, mais les autres n’avaient pas le temps ou pas les énergies nécessaires, donc nous on a pris le train en marche ! On fait venir un groupe de Portland qui fait du jazz Klezmer, on fait jouer les Swingsons, et on aura aussi un groupe lyonnais qui s’appelle les Tontons Swingers.

Vous continuez à programmer ci, quand même, rassure-nous !

Bien sûr, on fait l’opening du Mas des Escaravatiers, on aura aussi deux plateaux à Fréjus pour la fête de la musique, mais plus en centre-ville. On aura aussi le plateau sur Bonaparte à St-Raphaël, trois plateaux en même temps, à Fréjus on s’occupe de tout, le son et la technique, à St-Raph on envoie juste les groupes. On a aussi une captation vidéo au Casino Barrière pour une fille qui répète ici, on gère les concerts de E.K and the Lucky Darts, un groupe dont je m’occupe comme manager. Les 23 et 24 juillet, les découvertes sonores à Bonaparte, avec une soirée blues, public assis, le premier soir, avec Kozimo Blues Band sur scène et Pat MacManus, ils font un album ensemble en ce moment. Et puis le lendemain du Rocksteady avec un Dj qui va conclure. Pour le moment en juillet on  n’a que ça. Et en août on fait un nouveau truc, les Nuits du Réal, aux Arcs.

Explique-nous !

Et bien on joue probablement notre avenir là-dessus !  Ce sera de la musique du monde, un peu comme les Nuits Blanches du Thoronet. Il y aura El Gato Negro, puis un trio de Paris qui rend hommage à l’oeuvre de Césaria Evora. Le lendemain du Rocksteady avec E.K and the Lucky Darts et Jim Murple Memorial, la référence en France du style. Et le dernier soir total local, avec trois groupes de la Dracénie, Suggy, the Wainers et Peppersoul. Et après, vacances !

Tu as bien regardé ce qui se passait autour ?

Oui, et je trouve que tout le monde fait la même chose dans un rayon restreint. Il y a peu de concertation alors que tout le monde se connaît. Donc j’ai calculé mon coup pour n’être en concurrence avec personne. Au Arcs j’ai une jauge qui n’est pas énorme, j’espère attirer le même public qu’aux Médiévales des Arcs. J’ai proposé à la mairie une alternance avec les Médiévales qui sont tous les deux ans, ils m’ont dit de le faire tous les ans, ils sont à fond, ravis, ils nous mettent des choses incroyables à disposition, ils m’ont proposé eux-mêmes de nous donner des subventions, un truc de fou !

C’est l’avenir, d’exporter le savoir-faire ?

Je pense qu’on ne va pas avoir le choix ! On se crève, il va bien falloir gagner de l’argent, à un moment ! J’ai des gars dans l’équipe qui savent tenir un plateau, on a déjà investi dans du son on va aller plus loin. On peut aussi en louer, ce qui coûte très cher, c’est les techniciens, il va falloir qu’on fasse autrement, parfois. Certaines grosses boîtes n’ont pas besoin de nous, et on n’arrive pas toujours à se comprendre. Il a fallu réduire la voilure sur certains événements, même si on a des bons plans. Pour les Nuits du Réal, il faut qu’on fasse une ou deux saisons qui fonctionennt, après ce sera plus simple pour trouver les partenaires.

Et la suite ?

E(t bien on va se pencher sur l’hiver, repenser peut-être la forme de l’asso, on n’a pas encore eu le temps de rencontrer nos nouveaux interlocuteurs à la région. On va suivre de près le parcours des groupes qu’on accompagne, ça progresse, on voit passer des trucs supers ! Rien de nouveau sous le soleil, ça reste précaire, mais je trouve qu’on a encore du mal à bosser autour avec les villes, malgré tout ce qu’on a fait. Parce que les places sont prises par plus gros que nous. Nous, on a montré ce qu’on savait faire, et on continue.

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