Le Danemark, l’autre pays du cinéma chelou ? Assurément, et sûrement encore plus que le Japon. Parce que ce qui surprend avec le Danemark, c’est qu’ils ne sont géographiquement et culturellement pas si éloignés de nous. Ils restent des Européens, avec des racines Judéo-Chrétiennes, et des ancêtres lointains vigoureux, violents, alcooliques et barbus. Sur des bateaux, les leurs, mais c’est à peu près la seule chose essentielle qui les différencie, à tel point qu’on se ressemble, avec les Danois, en tous cas plus qu’avec les Japonais. Et bien cinématographiquement, par contre, c’est le jour et la nuit. En tous cas, on ne sait pas faire du cinéma danois. En dehors d l’incompris (incompréhensible, souvent) Quentin Dupieux, et jadis d’Albert Dupontel, les ovnis cinématographiques français n’ont pas la saveur des folies passagères d’Anders Thomas Jensen. Et Men & Chicken est sûrement la pire d’entre elles.

Pas de nazis, mais des rednecks scandinaves

Deux frères n’ont pas grand-chose en commun. Leur père est à l’article de la mort, et leur avoue sur son lit d’hôpital que leur véritable géniteur est un scientifique rejeté par la communauté, isolé sur l’île d’Ork, un bled maritime comme le Danemark en compte des dizaines, avec une quarantaine de pelés qui s’y survivent les uns aux autres (allez voir sur la toile la liste des îles danoises, et imaginez un peu le tableau, vous allez rêver). Ils décident d’aller voir ça eux-mêmes, et se retrouvent confrontés à leurs frères, une bande de crétins dégénérés qui vont les prendre en grippe avant d’étudier leur cas plus scrupuleusement. Il y a des poules, des cages, des bastons, des repas dingues, des blessures, des insultes, du sexe, beaucoup d’obsessions, bref, tous les ingrédients pour mettre sur pieds un film de maboules comme on n’en fait plus assez. C’est digne de Bernie, sans problème. Avec la plus-value Mads Mikkelsen, qui s’en donne à coeur joie dans son rôle de frère brutal et gentil, tordu et attachant, idiot mais pas trop. Sans vouloir en dire trop, les amateurs de génétique vont adorer se poser des milliards de questions. Un petit bijou d’inventivité, d’humour dégueulasse mais bon enfant, de folie débridée, et de story-telling plein de surprises. Manque juste le personnage de nazi d’Adam’s Apples, le film précédent de Jensen, mais on peut faire un bon film d’humour glauque sans convier les uniformes Hugo Boss (très à la mode dans le cinéma absurdissime, comme dans Iron Sky, par exemple). Mais maintenant, vous avez envie de voir deux films, et plus un seul !

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