Parce qu’ils sont associés à des actes de violence inouïs sur un terrain, parce qu’ils ont des physiques qui ne sont pas du tout en adéquation avec leurs congénères, parce qu’ils ont des tronches à faire peur à tout le QHS de Fleury-Mérogis, ou tout simplement parce qu’ils ont des noms de dévoruers d’enfants, voici une petite liste rigolote des sportifs qui auront marqué l’histoire avec autre chose qu’un résultat de marque (parfois si, en plus). Des gens que les amoureux des choses singulières n’oublieront jamais, et surtout, de magnifiques preuves irréfutables qu’il faut de tout, mais alors vraiment de tout, pour faire un monde incohérent, inquiétant et divertissant comme le nôtre.

Trifon Ivanov

Défenseur et bulgare, déjà, ça fait peur. Il était de l’horreur absolue de 1993 quand Emil Kostadinov paye des vacances à l’équipe de France, la privant d’un tir sous la barre du monial américain. Le seul acle que Laurent Blanc n’a pas fait, alors que pour le coup, il aurait dû casser les jambes de ce type. Ivanov l’aurait fait, lui. Sans problème. Un défenseur laid, puissant, opiniâtre et endurant, élevé au grain, capable de se vider les tripes sur n’importe quel terrain du monde pour son équipe. Et d’ailleurs, il en a souvent changé, d’équipe, à force de s’engueuler avec les entraîneurs. Son CV, un parcours criminel digne de Guy Georges, en plus cosmopolite : Etar, Sofia, Séville, Vienne, Neufchâtel, pour une grande partie de carrière faite en Autriche. Il était de la bringue générale bulgare au mondial 94, où les techniciens Stoichkov et Penev ont porté une magnifique sélection jusqu’en demi-finale. Il fallait du talent, mais aussi de l’abattage, et Ivanov était là pour ça, ça se lit sur son visage. Paix à son âme, le joueur nous a quitté en février dernier d’une crise cardiaque à 49 ans. Merci à lui pour l’ensemble et son oeuvre, et parce qu’il a inspiré cette rubrique.

Bull Nakano

Une catcheuse japonaise, révélée à la France par le biais d’un reportage de feu 52 sur la une, au début des années 90. Elle se bat à l’époque dans des cages et rase la tête de ses adversaires quand elle les massacre à coups de descente de la cuisse de plus de 3 mètres de haut. Face à elle, une certaine Adja Kong, moins bleue, mais toute aussi impressionnante. Bull Nakano fera plus tard une jolie petite carrière aux USA, à la WWF. Elle avait une dégaine d’une violence intergalactique, avec des robes de geisha, des crêtes punk bleues nuit et des cuisses de sumo à faire se pâmer Jacques Chirac. Une merveille, surtout qu’après une incroyable carrière de lutteuse sanguinaire et maxi-brutale, elle perd 50 kilos, devient une jolie femme et se met professionnellement au golf.

Svetla Dimitrova

Le visage de Jean-François Dérec avec le corps de Bruce Lee, sauf que c’est une fille et qu’elle court très, très vite. Dans les années 90, la Bulgare tient la dragée haute à toutes les reines du sprint, sur le plat et sur les haies. Elle sera deux fois championnes d’Europe. Malheureusement pour elles, les années 90, c’est aussi les jambes de Merlene Ottey, le sourire de la petite grecque Patoulidou, et les berceuses en français d’Irina Privalova. Alors les épaules carrées et la tignasse d’Arantxa Sanchez, même en forme, ça ne faisait rêver personne, sauf peut-être Trifon Ivanov.

Fabien Pelous

1m98 de solidité, de prestance, d’éducation, d’intelligence de jeu, de dévouement, de patriotisme, de fidélité, de combat. Mais aussi la mâchoire la plus carrée de l’histoire de l’humanité. Fabien Pelous, c’est le prototype du robot-destructeur. Trop grand, trop fort, et designé sur Photoshop. Capitaine de l’équipe de France de Rugby 42 fois entre 1995 et 2007, il affiche l’un des plus sérieux palmarès de l’ovalie française : 3 boucliers de Brennus, deux coupes d’Europe, et 4 grands chelems en équipe de France, pour 5 tournois remportés. Un bonhomme énorme, avec une gueule hallucinante, et un CV de titan.

Bastian Schweinsteiger

Littéralement, Bastien chevaucheur de cochons. Alors là, évidemment, que dire de plus ?

Nikolaï Valuev

Un boxeur de 2m15 pour 148 kilos est-il classé dans une catégorie particulière ? Oui, les plus de 91 kilos, comme les autres poids lourds. Sur le ring, c’est littéralement n’importe quoi. Un géant qui se bat contre des pantins d’1m96, et c’est, soyez-en sûrs, très bizarre. Et cette gueule ! On dirait une version non-censurée de Peter Postlethwaite, l’acteur qui incarne avec un incroyable brio le Kobayashi de Usual Suspects. Unn ours venu du grand froid, qui sera champion du monde des poids lourds en battant le nabot John Ruiz et son petit mètre 88. Mais il perdra ce titre une première fois contre un compatriote de tout juste 1m80, et finira comme directeur de la fédération russe de Bandy, l’ancêtre du hockey sur glace qui se joue sur ds terrains de foot gelés. N’importe quoi, qu’on vous dit.

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