Quel est le point commun entre Franky Vincent et le chanteur de Reg’liss ? Ils veulent tous les deux que ça glisse. Cette blague complètement minable, que vous pourrez ressortir à vos amis en milieu de soirée prétextant un rôle surdimensionné à votre absorption d’alcool, elle ne sert qu’à une chose : introduire un sujet pas grave, mais simplement rafraîchissant. Parce que vous nous accorderez le droit, on l’espère, de vous parler d’autre chose que des grandes angoisses actuelles qui chamboulent notre beau pays, entre loi travail rejetée par les uns et les autres avec assez peu de tact, l’expression d’une colère que personne n’écoute, un engrenage sans fin qui ne nous conduit qu’à une chose : la sclérose, et ça, ça ne mène nulle part. Par-dessus tout ça, on assiste éberlués à la déclaration décomplexée de tous nos dirigeants politiques, qui sont d’ores et déjà en campagne pour 2017. Sarkozy, Hollande et Le Pen en chefs de file, vent debout, convaincus de leur légitimité à être les trois grands acteurs de la prochaine élection. Et en quel honneur, en fait ? Pourquoi l’échec serait-il le principal argument à faire valoir lors d’un plébiscite public ? Pourquoi la contestation d’un bilan pas terrible serait le bon moment pour jurer qu’on aurait fait mieux ? Pourquoi la contestation des autres serait la bonne méthode ? Et comment faire pour intéresser les Français à tout ça ? En leur rappelant la dure réalité du clivage ? En leur expliquant jour après jour que c’est grâce à ceux qui ne sont pas des cons, à voter pour les autres cons, que la France va se relever ? Et qui est au courant de l’état de santé de la France, exactement ? On l’indexe sur quoi ? Sa dette ? Son PIB ? Son taux d’imposition ? Le bien-être de ses citoyens ? Ou sa capacité à générer, encore un peu, un semblant de colère contre tout ça ? Alors voilà, cette semaine, on va glisser, parce que le reste, c’est chiant.

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