Le Collège de l’Estérel va fermer ses portes le 30 juin. Triste, hein ? Et bien certains illuminés de bonne constitution ont décidé de remuer ciel et terre pour donner un dernier souffle de vie à cet établissement qui a vu passer une grande partie de la population raphaëloise. Pour ce faire, graffons les murs, à fond, avec des artistes tout ce qu’il y a de plus inspirés et capables, en impliquant les élèves, et même le corps enseignant. Le bilan, ce sera un vernissage géant le 30 juin, avant une destruction prévue au mois d’août. On appelle ça de l’art éphémère, et monumental, les deux en même temps. Un événement rare, une résidence artistique de 2 mois qui porte le nom de « sortir des ruines », et qui va vraiment proposer à celles et ceux qui l’ont bien connu, un regard complètement neuf (et d’adieu) sur ce collège si particulier, avec sa bulle et ses casiers. Allez, so long, bro ! Et c’est le trio Anne-Laure Picquart (professeur chargé de mission), Audrey D’orival (professeur d’arts plastiques au collège de l’Estérel) et Abes Aserb (artiste peintre, graffeur, slameur) qui nous expliquent un peu la teneur de tout ce beau truc.

Anne-Laure, que va-t-il se passer pendant ces deux mois avant la destruction du collège ?

Le personnel, les profs, les élèves, sont accompagnés artistiquement avant la démolition. Nous, ce qui nous intéressait, c’était d’allier le pédagogique, l’artistique et l’humain. C’est comme ça, en tout cas qu’on a monté le projet avec l’équipe éducative. On ne pouvait pas laisser disparaître ce lieu de vie et de travail si particulier dans l’indifférence estivale ! L’établissement en voie de désaffection devient, par la présence de l’artiste Abes, « un terrain de jeu » idéal pour questionner le Street-art à travers ses motivations, sa nature et ses pratiques. Il était important pour Audrey, professeur d’arts plastiques au collège d’exploiter pédagogiquement cette proposition.

Il y a des anciens élèves qui participent ?

Oui, il y en a dans le collectif éphémère constitué d’une vingtaine d’artistes rassemblés par Abes pour l’occasion. Et puis tous les élèves sont impliqués ! Il y a pas mal de profs, de toutes disciplines qui se sont intéressés et intégrés au projet avec leurs classes. Ça a attaqué fort depuis le 2 mai !

Abes Aserb : c’est un plaisir de peindre et de graffer ici, c’est un travail de fou. C’est intéressant humainement, de voir les gamins s’arrêter, me poser des questions, ils se demandent ce que je fais et pourquoi. Leur intérêt et leur implication sont indispensables pour moi. Je veux qu’ils comprennent qu’ils font partie intégrante du collectif d’artistes, ils sont dans la team. Les oeuvres parsemées dans le collège seront liées les unes aux autres par des  formes graphiques. Le travail personnel devient  alors une oeuvre collective.

Tous les murs extérieurs vont être recouverts ?

En fonction de notre budget, il est modeste. L’établissement, le FSE et nos sponsors ont fait tout leur possible pour que projet se monte mais c’est clair, c’est ric-rac. D’ailleurs les artistes du collectif viennent avec leur propre matos ! On fait avec ce qu’on a et aussi avec ce qu’on peut récupérer à droite à gauche. On pourra pas tout recouvrir, c’est sur, mais de toutes façons, c’était pas le but.

Il va rester quelque chose debout, à la fin ?

Seb Abes : Non, tout sera détruit ! Mais on va faire plein de photos ! Et pourquoi pas, venir voir s’il reste des morceaux après la destruction !  Vernissage le 30 juin à partir de 18h et destruction quasiment dans la foulée.

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