Deuxième long-métrage d’Anders-Thomas Jensen et surtout premier film plein de liberté pour le réalisateur. Après « Lumières Dansantes », Jensen réussit avec brio « Les bouchers verts ». Le pitch a l’air encore une fois de tenir sur pas grand-chose : Svend et Bjarne (oui toujours danois le film!) en ont marre de leur job à la boucherie de Holger et décident de créer leur propre affaire. L’affaire ne tourne pas au top dans un premier temps mais la mort d’un électricien et la vente détaillée de sa dépouille fera de la boucherie de Svend un succès…
Sans réfléchir, on pourrait penser à « Delicatessen » ou à « Soylent Green » (l’un à voir pour la culture parce que Jeunet faut aimer, l’autre à voir absolument pour Charlton Heston). Mais il n’en est rien : « Les Bouchers verts » est certes sur le même thème mais est beaucoup plus subtil rien que par son scénario, pourtant plus Terre-à-Terre. Ainsi, le film se passe à notre époque, dans un vrai pays, avec des personnages qui auraient pu réellement vivre cette aventure. A part une petite annexe un peu « paranormale » mais probable, l’histoire tient la route. Encore une fois, Jensen joue un tour de force en faisant avec quelques acteurs une véritable dinguerie de réalisation. On rit assez facilement et pas grâce à des blagues douteuses mais grâce à la situation. Un point commun à toutes ses réalisations d’ailleurs : la chose la plus hilarante réside dans le calme que tous les personnages conservent face à des situations complètement folles, comme si les êtres humains avaient la capacité d’assimiler et de gérer n’importe quel cas de figure sans broncher. Moins fou que ses successeurs, « Les bouchers verts » reste un très bon, un excellent film avec – histoire de vraiment le mettre dans tous les articles – un Mads Mikkelsen qui joue un « Svend la sueur » formidable.

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