Il aura fallu attendre 7 ans pour que Dark Funeral, le plus éminent groupe de Black Metal suédois, se soit remis au turbin pour nous pondre un successeur aà l’excellent Angelus Exuro Pro Eternus (je cite de mémoire). Sept longues années à tourner, avec un nouveau batteur en la personne de Nils Fjellström. Sept longues années qui auront abouti à deux départs de leur chanteur Emperor Magus Caligula, l’une des rares voix vraiment reconnaissable et intéressante du Black Metal. Mais après avoir réédité tout le back catalogue remasterisé en vinyle du groupe, Century Media a enfin droit à ce 5e album en vingt ans des apôtres de Satan. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le label « mondial » va s’en frotter les mains, parce que Dark Funeral nous ré-explique, avec ce disque, comment on fait pour célébrer le mort, la destruction, le satanisme et la haine de la haine.

Si Satan avait un groupe…

…Il arrêterait de jouer dedans et il viendrait pleurer sur l’épaule de Lord Ahriman pour lui demander de jouer dans Dark Funeral. Absolument ! Si le groupe n’a absolument jamais été décevant, (peut-être une seule fois avec Attera Totus Sanctus en 2005, et encore), c’est cette fois-ci un disque de la trempe de Vobiscum Satans qui vient de sortir de la forge des enfers. Derrière cette indéniable réussite se cache un trio de première division : Lord Ahriman à la composition des riffs les plus belliqueux et les plus intelligents de sa carrière, Nils Fjellström qui donne au groupe une précision et une assise comme peu de formations de Metal Extrême en ont (malgré les tempos parfois ultra-rapides, à faire passer Behemoth pour du jogging, et Gojira pour de la pêche à la truite). Et derrière tout ça, Daniel Bergstrand, habitué du gros son qui ne s’était pas chargé du précédent album (laissé à Peter Tägtgren, qui s’en était mieux sorti que Bergstrand, d’ailleurs).

Where Shadows Forever Reign(c’est le nom de l’album) va vous réconcilier avec le bon vieux black metal, sans clavier, sans chant clair, sans solos, sans aucune fioriture, et avec un son de dingue. Le meilleur des deux mondes. Et si vous êtes amateur de musique un peu énervée mais que vous n’avez jamais osé franchir le pas de la vraie violence, alors faites le test. C’est suffisamment propre pour que ça vous parle, et tellement intense que ça e peut pas laisser un mélomane indifférent. Ah, et surtout, c’est beau. Non, je déconne pas.

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