Cet article va être compliqué à réaliser. Il paraît qu’il faut faire assez long pour que ça ait de la gueule. Alors que là, c’est simple, pour vous donner envie de le lire, j’ai juste envie de vous dire que je viens de tomber complètement fan de cette série. Tokyo Ghost est juste ÉNORME. Cette semaine, je l’ai lu, puis je l’ai relu, puis j’ai admiré les planches, puis j’ai fait des recherches sur Internet pour savoir quand le tome 2 sortira, et ce à plusieurs reprises. Bon, je me lance dans l’explication, le pitch, tout ça.

Mad Max en mieux

En 2089, le monde part complètement en vrille. Les gens sont devenus totalement accrocs à la technologie. Il s’avère que presque 100% des gens sont « branchés » : en permanence devant des dizaines d’écrans qui diffusent tout un tas d’émission type téléréalité cradingue entrecoupées de publicités parfaitement débiles. Depuis que des robots s’occupent des récoltes, et de tous les travaux en général, les Hommes ont pu passer tout leur temps à se distraire devant la TV, ce qui n’a pas arrangé l’environnement, au point que l’eau potable est devenue une denrée ultra rare. Pire encore, des petites frappes s’amusent uniquement à trouver des scénarios pour monter des vidéos sur « MeTube » qui feront le buzz. La police n’existe plus, et l’ordre est établi par Flak, le grand patron de la TV, et ses mercenaires. En gros, 2089 ça craint grave.

Dans ce monde post-apocalyptique créé uniquement par les Hommes, on suit l’itinéraire de deux mercenaires : Led Dent, une brute épaisse 100% branché et drogué pour être encore plus fort et plus sanguinaire, et Debbie Decay, le cerveau qui est peut être la seule « zéro tech » de l’île Los Angeles. Après une chasse à l’homme qui devait être leur dernier contrat avant de débrancher enfin le pauvre Led, Flak leur donne une ultime mission : aller au Japon, le dernier pays sans technologie, et débrancher le champ magnétique qui l’entoure pour accéder à leurs ressources naturelles, les dernières du monde. Debbie y voit une opportunité pour le couple de quitter définitivement le monde de la technologie et compte s’y installer avec Led. Mais Led parviendra-t’il à se débarrasser de sa technologie, les habitants de l’île vont-ils les accepter, et surtout que ce cache derrière cette dernière terre sans machines, voilà le point de départ de l’histoire.

Un scénario de génie et des dessins incroyables

Tokyo Ghost ce n’est pas qu’un simple comics indépendant. Sorti de l’esprit de Rick Remender (Low, X-Men Universe, Dark Reigns…) qui a peaufiné son scénario pendant près de deux ans, le premier tome de cette série s’avère être taillé pour le cinéma. Un monde digne de Mad Max, où l’Homme a détruit sa propre planète en rendant ses congénères complètement abrutis. Constat que Remender réalise lorsqu’il se rend compte un jour au restaurant qu’il est très difficile pour les gens de se retenir de regarder leur smartphone pendant le repas, que justement ces appareils nous sont devenus indispensables comme la plupart des technologies qui nous entourent. Tokyo Ghost fait appel à notre sensibilité à ce sujet. 2089 ce n’est pas si loin que ça et quand on voit ce qu’on nous sert à la télévision, on n’est pas très loin du sujet. Et ça ce n’est que l’Univers dans lequel se déroule l’histoire. Les personnages ont eux aussi une importance capitale : Debbie est la dernière « zéro tech » ce qui lui donne un poids non-négligeable dans la narration, comme une crédibilité supplémentaire, tandis que Led malgré son côté « hors norme » nous ressemble plus et l’on suit sa progression dans l’histoire comme celle de l’humanité entière. En somme, les rôles sont inversés. C’est subtil, et surtout original. Et tout ça avec des planches mi-comics, mi-manga avec une touche d’européen. Un hommage à Akira dans la tenue de Led et sa moto, des idées toutes bien senties dans la tenue des personnages. Ce qui est a retenir enfin ce sont les décors. Il y a de la recherche, du relief, du détail dans chaque case. Sean Murphy, le dessinateur, y a mis du temps, et ça se ressent. Pas une case gros plan dans l’histoire, juste des personnages qui évoluent dans un décor chaotique lorsqu’ils sont à Los Angeles, et paradisiaque à Tokyo. Et même dans ce paradis, on retrouve des bâtiments de l’ancien temps rongés par la Nature, et d’autres détails qui donnent une ambiance inquiétante à cette utopie. Tokyo Ghost est un bijou, rare, qui donne envie. Si on mettait des étoiles, j’en collerai bien huit.

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