Laurent Menuet (aka Mephisto) est un personnage absolument génial : il est cultivé, brillant, sympa, drôle, talentueux, et surtout, il ne sera jamais vieux. Parce qu’il aime toujours le skate et le graff’, déjà. Et le punk. Et les vinyles, et le son, et le BMX, discipline qu’il peut t’expliquer à toi, fou de la rampe. Artiste de rue, sculpteur, peintre, il touche un peu à tout parce qu’il est très curieux et intéressé par l’art en tant qu’art. C’est pour ça que lorsqu’on a voulu savoir si Base’Art était un lieu de communauté sociale artistique, c’est à lui qu’on l’a demandé. Pour ne rien vous cacher, il nous a parlé de fête des voisins bis. Bref, à lui la parole !

Laurent, c’est contemporain quand on ne comprend pas ?

Quand il y a une explication, c’est bien, Moi tu sais je prends le sens du mot contemporain par l’étymologie, l’art d’aujourd’hui. C’est bien de comprendre pour chopper la sensibilité de l’artiste.

Toi tu n’y es pas forcément confronté parce que tu fais des choses très visuelles, on voit bien où tu veux en venir…

Ben disons que les gens qui passent pourraient se dire qu’il y a trois personnes qui ont exposé ici. J’ai fait assez peu de toiles, je touche un peu à tout et je n’ai pas peint beaucoup sur toiles. J’en avais déjà deux de finies, à l’huile, que j’avais déjà exposées à Art Life Gallery pour l’expo Doll’Art. Comme j’ai été choisi pour mon côté « street art » même si je déteste cette appellation, j’ai travaillé sur des œuvres faites à la bombe qui peuvent coller au thème, mais sur des formats qui sont quand même petits. C’est une interprétation différente de ce que je fais d’habitude, sur un mur complet.

Tu leur as proposé de graffer un mur complet, en live ?

CV’était prévu à l’origine, mais ça pouvait poser des problèmes de sécurité et d’incommodité par rapport aux odeurs. Une performance en live m’aurait beaucoup plu.

Qu’est-ce que tu penses du travail de tes voisins ?

Très bonne surprise, vraiment. J’ai fait un tour dans l’expo, et j’ai des voisins géniaux, c’est presque une nouvelle fête des voisins. On a tous les mêmes références, plein d’atomes crochus, c’est super.

L’art contemporain on y fourre tout et n’importe quoi. On y rencontre du coup des gens farfelus ?

C’est possible que certains ne se comprennent pas du tout, c’est vrai. Tu peux passer devant une oeuvre, tre rendre compte que c’est vraiment très différent du tien, et puis en discutant, le discours de la personne qui l’a réalisé t’interpelle. Malgré la différence de la composition, tu te retrouves sur certains points cruciaux.

Toi qui es artiste pur et dur en plus d’être artisan puisque tu confectionnes des supports de communication, qu’est-ce que ça t’apporte d’exposer dans un endroit comme celui-là ?

Déjà, je ne sors jamais de chez moi avec mes œuvres donc je rencontre d’autres artistes, je fais des échanges sociaux et intellectuels intéressants, je m’en nourris. C’est génial, d’être là, partager ses expériences et ses références, c’est vachement inspirant, on découvre de nouvelles pistes. Ici il y a beaucoup de gens qui ne vivent que de ça. Ils sont confrontés à des difficultés, souvent, parce qu’ils ne peuvent pas exposer partout, il faut coller au thème, et là ils sont avec des gens qui font plus ou moins la même chose qu’eux. Et quand on essaie d’en vivre, la concurrence c’est pas évident. Ici, tu peux te vendre plus facilement, tu rencontres des amateurs. Mais c’est quand même difficile, il faut se déplacer, avec ses œuvres. Sur le plan irrationnel c’est génial, c’est de l’art, mais si tu es pragmatique, tu te rends vite compte de la difficulté ! C’est peut-être pour ça que je ne veux pas franchir le pas du tout pour l’art, je dois être trop pragmatique et rationnel !

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