Je suis obèse. Et c’est un vrai problème. Pour ma part, j’ai du mal à l’assumer, parce que ma grande passion c’est les gonzesses, mais comme je refuse catégoriquement qu’elles me voient nu, je passe tout mon temps à les draguer par le biais d’un site de rencontres, et je ne franchis jamais le cap de la confrontation. Alors je m’énerve tout seul, je reste chez moi une fois que j’ai baissé l’écran du laptop, et je mange, comme un imbécile, en devenant toujours plus gros. Alors j’essaie de regarder la télé sans trop penser à tous mes problèmes, et là on me propose des émissions sur la bouffe, ou des programmes avec des gonzesses partout, dans des bikinis taille 32, entourées par des mecs sculptés dans la roche. Ou alors, il me reste l’élection de Miss Ronde, mais ça, je m’en fous. Donc ce soir, ce sera télé à la demande, relooking extrême spécial obésité, avec Chris Powell. Un type fabuleux qui vient voir des gens qui pèsent 190 kilos, qui leur ordonne de se mettre au crossfit et aux légumes vapeur pendant 365 jours, qui leur paye une abdoplastie, et qui les fais monter sur une balance tous les trois mois pour constater que finalement, le gras, ça peut se vaincre, à condition de faire des efforts colossaux. Moi, devant ma télé, j’ai honte, parce que mes problèmes sont hors de proportion avec ceux rencontrés par ces gens que je vois. Je suis un petit joueur de l’amas graisseux. Pourtant je vous assure qu’une fois que Lindsay, Korben ou Jason ont défilé en costard devant leurs 150 amis qui ont pu constater que Chris Powell était un super coach, et que j’éteins ma télé, je ne vais pas mieux pour autant. Il est tard, j’ai la dalle, je pourrais manger n’importe quoi, parce que mon corps me réclame de la saucisse et du pain d’épices. J’ai envie d’un coca bien frais, avec du pain. Des oeufs, une omelette aux patates. Des lasagnes, bordel, avec plein de fromage. Mais non, ce sera un navet bouilli avec du blanc de poulet, comme je le fais au moins trois soirs par semaine, seul et désespéré. Je n’arriverai jamais à atteindre mon but, et ça me rend complètement cinglé, je crois que j’ai besoin d’une thérapie pour accepter une partie de ce que je suis. Je vous laisse, mes 98 kilos ont besoin de s’allonger, et comme je fais 1m93, j’ai souvent mal au dos parce que je travaille assis dans un bureau. J’ai faim.

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