Des escrocs, des sans-grades qui veulent briller sans rien savoir faire, des échecs du système éducatif qui ont balargué de brillantes études pour  s’adonner à un passe-temps sans intérêt. Voilà à quoi on assimile, parfois (souvent), les artistes contemporains. J’avoue que j’ai déjà dû contenir un rire en présence de certaines œuvres qui, passez-moi la comparaison, prêtaient à leur auteur autant de talent pour l’art que ce qu’un diable de Tasmanie en colère en a pour la diplomatie. Des trucs hallucinants, des empilages de parpaings, des vidéos de trois secondes collées les unes avec les autres et à l’envers, des machins scotchés les uns aux autres, et toujours avec le prix dessus, et un galeriste avisé qui plaide l’acquittement, tel un avocat gêné de devoir défendre un criminel accablé par les preuves. Seulement voilà, l’art contemporain, ce n’est pas que ça. C’est aussi un univers immense, le seul qui soit assez vaste et permissif pour laisser libre cours à certains esprits plus ésotériques et créatifs que la moyenne. Certains d’entre nous, le public, vont y voir une fibre inventive unique. D’autres vont parfois reconnaître et louer une masse de travail. Et quelquefois, on n’y verra rien, parce que nos sens et l’oeuvre ne se rencontrent pas. Mais il ne faut surtout pas chercher plus loin les raisons de cet échec dans la mise en relation. C’est comme ça, c’est tout. Je vous avouerais que me retrouver plongé dans Base’Art, confronté à 100 artistes aux univers bien encrés, sculptés dans une matrice qui parfois m’échappe, c’est particulier. Disons qu’un acarien au salon de la moquette serait plus dans son élément. Mais en ouvrant bien les yeux et les oreilles (le seul de nos sens qui ne sommeille jamais), on arrive tant bien que mal à attraper quelque chose. Merci à Cédrick M., grand auteur d’expressions devant l’éternel, qui se reconnaîtra.

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