Camus, Camus…Comme Jean-Claude Camus, celui qui produit Johnny Halliday ? Ah ben oui, c’est ça, et il y a effectivement un lien. Et bien c’est à cette productrice de renom que va revenir, très rapidement, la gestion du Colisée. Autant dire que les tribulations faites de bric kitsch et de broc « comme à Courchevel » de l’époque (l’été dernier, quoi) dirigées par les mauvais payeurs d’autrefois, c’est a priori terminé. Une salle de spectacle, avec des concerts, du cabaret et du dîner-spectacle, voilà à quoi devrait ressembler le nouveau Colisée. La « plus belle boîte du monde » aura sans doute du mal à se débarrasser de sa réputation qu’on qualifiera poliment de burlesque (quand elle n’est pas tragique), mais c’est peut-être en la confiant à quelqu’un « qui sait faire » que ça va changer. De toute façon, il va bien falloir faire quelque chose de ce lieu, et Chrystel Camus, au moins, elle a des idées et les reins solides.

C’est vous, Chrystel Camus, qui nous avez contactés en premier !

Oui c’est mon attachée de presse qui a fait un communiqué pour annoncer que le Colisée allait rouvrir en septembre.  Je suis dans le milieu du spectacle, l’organisation de tournées et toutes ces choses-là depuis déjà longtemps. Et quand j’ai vu qu’il y avait cet établissement à la dérive dans la région de Fréjus-Saint-Raphaël, je me suis dit « pourquoi pas ». Il est déjà existant.

Vous êtes de Paris ?

Je suis beaucoup plus dans le sud. Mais c’est vrai que les tournées partent très souvent de Paris, donc je suis souvent là-haut. L’aéroport de Nice dessert très bien toute la France, je vis ici.

Comment avez-vous eu vent de la situation du Colisée ?

Cela fait dix ans que j’ai pour projet d’ouvrir un grand cabaret dans le sud, un peu comme à Paris. Entre temps j’ai signé de gros contrats avec des artistes, des choses à Dubaï ou à Ibiza, j’ai décoré des grands restaurants. Un jour en revenant de toutes ces tournées, on m’a parlé de cet établissement qui était fermé, c’était en octobre dernier. Je me suis bien sûr renseignée, on m’a appris tout ce qui s’était passé, y compris le drame qui s’était produit sur le parking. J’ai écouté, j’ai lu ce qui s’était passé. Je me suis mise en contact avec la municipalité de St-Raphaël, où l’on m’a expliqué qu’il y avait un redressement judiciaire en cours. Il fallait donc déjà attendre que la procédure soit terminée. J’ai ensuite appris que l’établissement avait été repris une première fois, le « Hope », j’ai attendu une seconde fois. C’est un bâtiment de 1300 m², je me suis dit « si ça marche tant mieux pour eux », je n’étais pas pressée. J’avais déjà un projet très bien engagé sur Fréjus, je n’étais pas à cran sur le Colisée. Et tout s’est décidé il y a trois semaines, maintenant c’est fermé, on s’est rapproché de moi pour que je soumette un projet.

On a dû vous harceler de questions !

Je ne vous cache pas que j’ai été disséquée comme une grenouille en cours de biologie. J’ai eu droit à toutes les questions !

Les élus raphaëlois sont-ils passés à autre chose, ou sont-ils encore obsédés par le passif de cette histoire ?

M. Ginesta voulait vraiment tenter quelque chose pour les jeunes, ça a coûté plus de 5 millions d’euros. Il aurait pu les mettre ailleurs. Je suis d’ici, j’ai vécu pendant 14 ans dans le coin, quand j’ai appris qu’il y avait un établissement aussi gros, je n’ai pas compris, il n’y a pas tant de jeunes que ça, et il y a déjà des boîtes de nuit. Mais ça partait d’une bonne intention. Si ça avait été géré par des professionnels, il ne se serait pas passé ce qu’il s’est passé. Maintenant il faut rappeler que le milieu de la nuit c’est sympathique, mais c’est sujet à méfiance. Ce qui s’est passé au Colisée s’est passé en bien pire au Bataclan, une équipe dont je suis très proche. C’était écrit, le destin, la faute à pas de chance. La mairie y croyait, mais une salle de concerts, avec thé dansant et cabaret, c’est plus adapté qu’une boîte de nuit. D’autant qu’il n’y en a pas de Monaco à Aix, des comme ça. On peut recevoir jusqu’à 2400 personnes en configuration concert, et jusqu’à 800 en spectacle assis.

C’était prévu, ça, à l’origine. Vous l’avez visité, il reste quoi, dedans ?

Et bien il y a encore tout, mais il y a une saisie qui est organisée par un commissaire priseur pour une vente aux enchères. Je sais qu’il y a des entreprises qui ont saisi le tribunal de commerce pour récupérer leurs biens, c’est assez compliqué. Il y a quand même une affaire litigieuse au milieu, très délicate. Je ne m’en occupe pas parce que je n’ai pas racheté le passif de cette entreprise. Chaque fois que j’y vais je suis avec le chef de la police municipale de Saint-Raphaël, j’ai besoin d’y aller souvent, de mesurer, de faire des plans, c’est beaucoup de boulot. Pour l’instant il y a tout, dont pas mal de technique, mais ce sera vendu courant mai/juin.

La mairie reste méfiante, à votre égard ?

Bien sûr, il y a eu une enquête, pour savoir quels artistes je gérais, ce que je faisais, les sociétés, etc. Mais je ne vais pas me consacrer entièrement au Colisée, je garderai mes activités à côté. Cet été j’ai des spectacles avec Bigard et Imagination dans la région. Je vais sans doute travailler un peu plus avec Saint-Raphaël l’été, mais ça ne m’empêchera pas d’envoyer les artistes en tournée. Le Colisée je vais le gérer à 100 % mais je ne vais pas arrêter le travail pour lequel je suis efficace. Ils cherchaient quelqu’un d’efficace et de solvable, il y a eu d’autres candidats mais j’avais le chiffre d’affaires, le nom Camus (Comme Jean-Claude Camus, faites vous-mêmes le rapprochement, ndlr). Si je ne prenais pas le Colisée j’ouvrais à Fréjus, le bail allait être signé. Je ne suis ni vieille ni jeune, on fera des événements pour les jeunes, mais ce ne sera pas une discothèque. On fera des soirées, avec des billets, on y viendra comme dans un zénith en plus petit, il n’y aura pas de videur mais de la sécurité, il n’y aura pas de consommations comme dans une boîte mais une buvette, pas de vodka en bouteille, etc. Je ne veux pas de cette image-là, on va travailler en bonne intelligence, en faisant attention à l’agenda, en co-production avec aggloscènes et Félix Martin. Il y aura Superbus, Daniel Lévy, à 90% on devrait avoir Dans avec les Stars. Pour l’instant il y a ici une ou deux vraies têtes d’affiches par an, moi j’en ferai venir plus, plus souvent.

Comment s’annoncent les prochaines semaines ?

Je fais ma petite vie. Je laisse la justice avancer pour clôturer le dossier des précédents gérants, moi je prévois d’ouvrir en septembre, ça me laisse du temps. On recrute des chanteurs, des danseurs, pour figurer dans un spectacle qui s’appelle Satine, tiré du film Moulin Rouge. Ce sera le vendredi soir, le samedi soir et le dimanche midi. Puis on fera d’autres genres de soirées les autres soirs, des salons, du vintage, des Harleys, et une fois par mois un énorme thé dansant, il y a tout pour faire ça, même un arrêt de bus juste devant. Septembre c’est suffisant, c’est large. Normalement le dossier est bouclé fin mai, on rentre au mois de juillet dans le Colisée pour faire des travaux, il nous faut une scène plus grande, une vraie et pas un podium, 21.5mètres de large, plus un écran de 23 mètres sur 5 de haut, dans le genre de ce qui se fait à Las Vegas, pour avoir des projections pendant les spectacles. Personne n’exploite ce genre de choses en France, je le fais déjà dans des restaurants partout dans le monde, on va le faire ici. Et s’il y a un souci, on reportera l’ouverture, mais je ne pense pas. Je travaille déjà, et si je n’ai qu’un mois pour créer le spectacle, ce sera bon. Tout le monde travaille déjà dessus, les costumes, le décor, depuis les bureaux.

Et pour le casting, qui se déroulera à Saint-Raphaël aux portes de l’été, il y a une adresse pour envoyer photos, vidéos, candidatures en tous genres (chanteurs et danseurs, hommes et femmes), si vous vous sentez de taille à entrer dans la peau des personnages du Moulin Rouge de Baz Luhrman,

casting.camusprod@gmail.com

 

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Une réponse

  1. CAMUS JEAN-CLAUDE

    Bonjour , je voudrais préciser une nouvelle fois que je n’ai aucun lien de parenté avec cette Isabelle Camus . Ma fille ISABELLE CAMUS Elle est la productrice de Un Gars une Fille . Var Matin à déjà remis les choses en place . C’est affligeant que cette personne se recommande de notre nom . Merci JCCamus

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