Il est tellement gentil et souriant que c’est perturbant, parce qu’on n’a plus l’habitude, nous, pauvres Français. Quoi qu’il en soit, c’est avec douze musiciens et un nouvel album sous le bras que le plus français des colombiens (ou l’inverse, on ne sait plus) Yuri Buenaventura sera de passage au Mas des Escaravatiers le 5 août. Comme le service comm du mas fait bien les choses, nous avons eu l’opportunité de discuter un peu avec le bonhomme qui nous a reçus au téléphone, certes, mais avec plus de sympathie que beaucoup d’autres artistes vachement moins connus, beaucoup plus jeunes et avec tellement moins de talent que c’en est indécent, d’ailleurs on va pas en parler (autre temps, autres mœurs, et autre journal, même). Allez, bienvenue au pays du café, de la musique chaloupée, de la cocaïne, du racket, des enlèvements, des jolies filles, des grimpeurs du Tour de France et donc, de Yuri la bonne aventure.

Yuri, la tournée de cet été c’est beaucoup de dates, et beaucoup de monde sur scène !

Oui on sera douze sur scène. Le dernier album est sorti en décembre 2015. Ce sera la première fois pour nous au Mas, la première fois ici c’était dans un grand parc (ndlr, la pinède des Aubrèdes). C’était plus grand, mais on va se débrouiller pour rentrer sur scène, on rentre toujours !

Vous êtes en France depuis longtemps ?

J’y vis depuis trois ans. Depuis 1995 j’ai beaucoup tourné et je passais beaucoup de temps ici. J’adore ce pays, il y a beaucoup d’amour, je suis amoureux de ce pays qui me le rend. C’est musical, culturel, les valeurs, la république, la nation, c’est un tout.

La Colombie vous manque ?

J’y vais très souvent, tous les mois, tous les 45 jours je prends un avion et je retrouve ma famille et mes racines. Dans le groupe il y a 7 colombiens, ils tournent avec moi depuis longtemps. Ils vivent en Espagne, e Europe. Ils s’installent dans des pays qui leur plaisent, où ils peuvent travailler, on s’en sort comme ça.

Pour vous, la reprise de Brel a tout changé ?

Oui, c’est certain. Je jouais dans des petits bars à Paris, et je voulais faire comprendre que la salsa c’était autre chose que simplement les mojitos et les caïpirinhas. Alors on a adapté cette très belle chanson, hymne à la francophonie, et tout le monde a adhéré, j’ai été surpris, mais la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, partout.

Il y a beaucoup de gens qui dansent à vos concerts, et ça c’est spécial !

Bien sûr ! Et puis il y a aussi dans les concerts pas mal d’improvisation autour du jazz, c’est musicalement la colonne vertébrale de l’Afrique, c’est l’une des caractéristiques de l’orchestre. Je crois que chacun choisit son outil de travail, et les musiciens, comme le public, amènent une information. Chacun choisit son mouvement. Quand on arrive sur scène, c’est un dialogue, de notre côté on prépare tellement de choses pour que ce dialogue s’installe, la technique, la musique. Que les gens dansent, c’est la meilleure des réponses.

En France la salsa est à la mode, beaucoup de cours de danse ont fleuri. C’est la même chose en Europe ?

Le public est très réceptif partout, même dans les pays de l’Est. On a joué à Copenhague, en Hollande, en Finlande, en Suède, l’accueil est excellent partout où l’on passe!

Vous allez trouver des créneaux pour passer par la Colombie, pendant cette tournée ?

Oui, je vais ménager ça. Je ne me sens pas trop seul en France, ça va. On a la chance de participer à des fêtes très importantes, des grosses dates, là c’est parti pour tout l’été !

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