C’est en tous cas ce qu’essaient de mettre en avant les prestataires qui se sont réunis pour cette première édition du salon Nautica, un immense salon dédié au nautisme à la Base Nature de Fréjus. Une bonne idée signée par la Patrouille de l’Evénement, qui espère que ce premier jet sera le lancement d’une nouvelle manifestation annuelle à Fréjus. Mais pour nous, humbles journalistes fauchés, le nautisme, c’est un truc de gros bourgeois qui se la racontent à mort, avec des bateaux mouillés sur la rade d’Agay, des Zodiacs plus chers que nos voitures dans le jardin, et des jet-skis dans le deuxième garage, parce qu’il y a un gros 4×4 dans le premier. Et bien il se pourrait que tout ça ait changé, d’une part parce que les activités ne sont plus les mêmes, d’autre part parce que la démocratisation de certaines disciplines permettent à un plus grand nombre d’aspirants de se frotter à l’élément Eau, avec un équipement moins cher, plus facile à trouver, à ranger, à monter, bref, il paraît que c’est plus simple. On est allés demander.

Décathlon – Plus simple, moins cher, plus pratique

Alban est vendeur-expert dans le rayon Bateau-plongée-glisse. Il se trouve que chez Décath’, les vendeurs pratiquent toujours une activité liée à leur rayon, donc Alban est prof de voile et sait de quoi il parle : « j’enseigne un peu tous les supports, le catamaran et la planche à voile sont mes disciplines de prédilection. J’entraîne une équipe de compétition de lazer à Ste-Maxime le mercredi. » Décathlon est présent sur le salon parce que le magasin n’hésite jamais à aller au contact des clients : « avec un événement comme ça on peut faire découvrir nos produits. On fait tester nos paddles en piscine et en mer, ce weekend, par exemple. » Et chez Décathlon, en 2016, on peut même acheter un bateau : « On peut acheter un kayak de mer, rigide, gonflable, des petits bateaux de pêche avec une coque en plastique, pour l’étang ou les lacs, avec un petit moteur électrique. » Comme quoi, c’est beaucoup plus simple que ce que l’on croit ! « La pratique de toutes ces disciplines a beaucoup changé avec l’arrivée du gonflable. Avant il fallait de la place chez soi, une voiture adaptée, avec une galerie. Maintenant, même un kayak ou un paddle rentrent dans un coffre, un sac à dos. Les marques veulent rendre le sport accessible à tout le monde, même en famille, un kayak dans le coffre ça rentre. » Et effectivement, un kayak gonflable, ça prend moins de place qu’une grosse glacière. Incroyable, et incroyablement rigide une fois gonflé, aussi ! Et long !

Il faut aussi préciser que selon Alban, ces disciplines sont devenues plus démocratiques parce que les produits sont moins chers et plus faciles à utiliser : « on a descendu les prix au maximum, pour des produits très performants. Au magasin on expose le système de gonflage interne de nos paddles et de nos kayaks, pour bien montrer qu’une fois gonflé c’est très rigide. Bien sûr on vend d’abord nos marques, mais on complète les gammes avec d’autres produits plus haut-de-gamme. Depuis trois ans ça se développe énormément, comme rayon, et nos produits sont de bonne qualité, donc ils se vendent très bien ! »

IMG_4587

Audemar : la location, une bonne solution.

Acheter un jet-ski ? Pourquoi pas, si vous avez 10 000 euros pour une entrée de gamme (et le permis) ! Heureusement, les loueurs sont créatifs, et nous apportent des solutions pour découvrir certains sports autrefois réservés à des privilégiés. C’est ce que fait, entre autre, Audemar, une entreprise basée dans la région de Toulon-Hyères, et représentée ici par Cyril : « Audemar existe depuis 1922, on faisait à l’époque de la moto. Maintenant on est diversifiés, on fait aussi du jet-ski, et on a une team pro 5 fois championne du monde de jet-ski. L’essor des disciplines de glisse remonte à la crise de 2008, à peu près. Disons qu’aujourd’hui il y a pas mal de choses à développer en tant que loueur de jet-ski, plus que revendeur ». Et pour cause, ces objets ne sont pas donnés, et une fois qu’on est passé à la caisse pour la machine, c’est pas fini : « on paye une taxe pour tout ce qui dépasse 110 chevaux, 3 euros le kilowatt jusqu’à 200 chevaux, et 4 euros au-delà. Il n’y a pas de contrôle technique, mais cette taxe peut flirter avec les 1000 Euros par an. Et si on le revend, soit on s’en acquitte soi-même, soit on tombe d’accord avec le nouveau propriétaire qui doit la régler. Les assurances ne sont pas obligatoires non plus, mais reste cette taxe. Il y a des machines très différentes, par exemple on fabrique une machine à moins de 10 000 euros, de 60 ou 90 chevaux, ça se développe depuis la mise en place de la taxe en 2012. »

Et le permis, dans tout ça ? « Le seul moyen de piloter un jet-ski sans permis, c’est de partir avec un moniteur agréé, assermenté par l’état. Il pilote son jet, et vous le vôtre, en randonnée. Il y a des écoles, auto ou bateau, qui proposent de passer le permis très rapidement, entre une semaine et dix jours, pour à peu près 400 euros en moyenne. C’est plus facile que la voiture, il n’y a pas de feinte, c’est du par cœur, les nœuds, les balises, et voilà. » Jet-ski, ça c’est cher. Mais le Paddle, beaucoup moins. Pourtant, « on voit peu de pub pour ces choses-là, pourtant ça reste un vrai sport, très ludique et pratique. On les loue, mais pour l’instant on est encore en-dessous du jet-ski. On fait même du fly-board, en location, et l’acheter c’est entre 3000 et 6000 euros, juste la planche et le tuyau. Il faut encore acheter un jet-ski pour l’alimenter ! C’est quand même une affaire de clients privilégiés, d’où l’avantage de pouvoir louer tout ça. On loue une machine, pour un ou pour deux c’est le même prix. »

IMG_4590

Et un bateau, alors ?

« Un bateau semi-rigide comme le Brig là-bas, fabriqué en Ukraine, très bonne qualité, 115 chevaux, ça avance à l’essence et ça consomme rien du tout, avec la remorque tu t’en sors à 36 000 euros. Une place de port en Corse avec un bungalow au mois d’août, le reste de l’année tu le stationnes chez moi à la concession pour 4€50 HT du mètre carré, longueur x largeur, et au final c’est pas si cher que ça ». Question de budget et de point de vue, en tous cas Alexis connaît son domaine, lui qui travaille pour Uship à Saint-Raphaël : « c’est plus facile de vendre un bateau qu’une voiture, parce qu’une voiture c’est un besoin, un bateau c’est un luxe. Il faut par contre bien expliquer comment ça fonctionne aux clients qui ne connaissent pas ce monde-là, les places de port, le stationnement, ils ne sont pas toujours très au courant ».

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire