Un Français originaire de Lorraine, et un autre d’origine algérienne. Un mec de Fréjus, implanté, bien ancré, avec un réseau digne de celui d’Al Capone et de Vito Corleone réunis. Un autre qui s’entend surtout avec les artistes et les campagnards, et qui mange à heures fixes. Dans les deux cas, l’un regarde l’autre se démener avec sa catégorie de problèmes, et ça se passe bien, en tous cas sur le plan humain, rien à signaler. Ce qui pourrait nous mettre dans l’embarras, ce serait de travailler avec un Italien. Et ouais, un mec originaire de Milan, tiens. Mieux sapé, mieux coiffé (avec des cheveux, déjà), mieux véhiculé, mieux parfumé, mieux inspiré quand il s’agit d’aller boire un bon café. Mieux écouté quand il s’agit de prendre l’accent de chez lui, parce qu’il ne fait ni peur aux flippés de l’attentat (réponse A), et il ne sème pas le doute chez les anxieux d’une période noire de notre histoire. Allez ça va, on rigole, Nancy c’est pas l’Allemagne, et Fréjus c’est pas l’Algérie. Y a juste un air, par petites touches, et c’est pour ça qu’on aime notre belle France : elle emmagasine ce que les autres font de bien ou de mal, et chez nous, ils le font de la manière la plus incroyable qui soit : à la Française. Avant de me faire agonir de critiques par mon collègue de boulot parce que j’aime le couscous-merguez, cette chose interdite, ce blasphème alimentaire, j’ai un édito à finir. Un édito qui m’inquiète parce que, une fois de plus, j’ai peur qu’il soit mal compris, et qu’on sorte une micro-phrase de son contexte. Pourtant c’est pas long, mots. Alors cette semaine, pour en venir au concret, il ne sera question ni d’Algérie ni de Lorraine, ni même d’Italie. Il sera juste question de France, chez nous, chez tous ceux qui passent par là sans la mépriser. Et qui restent, parce que c’est c’est très bien comme ça. Au fait, le mec de Milan…manquerait plus qu’il soit mieux accompagné, aussi. Pour ça par contre, va falloir te lever tôt, Gianluigi (c’est chouette, comme prénom, mais si je l’avais appelé Francesco, Paolo, Massimo ou Vitorio, c’était bien aussi – y a rien à faire, ça sonne).

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