Mathieu Fauvel, tout le monde l’adore. Et tout le monde va devoir apprendre à s’en passer. Hélas, le directeur très apprécié de l’école de musique Jacques Melzer s’en va sous d’autres cieux, pratiquer un autre métier de passion, dans cette discipline si différente de la musique qu’est le droit. Quoi qu’il en soit, pour l’instant c’est toujours lui le patron, et c’est à des portes ouvertes riches en émotion, mais aussi en inscriptions, en démonstrations, en argumentaires en faveur du basson et en performances musicales, que nous avons discuté avec un directeur qui ne connaît pas encore l’identité de son successeur.

Mathieu, vous quittez la direction de l’école. Qu’est-ce que vous allez devenir ?

Je pars sous de nouveaux horizons, une nouvelle région, de nouvelles fonctions, dans les Hautes-Alpes, à Gap. Ce sera dans le juridique, donc plus rien à voir avec la musique ! Mais la vie est faite de changements, de défis, et j’ai saisi une belle opportunité. J’ai repris de longues études, j’ai passé des diplômes qui sont difficiles à obtenir !

En plus de la direction de l’école ?

Oui, en parallèle, je ne me suis pas ménagé !

A quoi servent ces journées portes ouvertes ?

Elles sont à pour que les élèves puissent rencontrer des professeurs, taper sur un xylophone, gratter une guitare, pianoter, tester le violon, et voir quel instrument les attirent le plus. L’idée c’est de leur permettre de faire un choix. C’est la période des inscriptions, jusqu’à la fin du mois d’août, donc on reçoit aussi les parents, on leur explique le projet pédagogique, et le projet global. Comme d’habitude il y a très peu de place en guitare, piano et chant, mais il faut quand même tenter sa chance !

Comment c’était, cette fête de la musique au Forum, où l’école Jacques Melzer a fortement participé ?

Un très beau projet proposé par Pascale Jaquet qui a impulsé une grande journée de promotion des instruments. Les enseignants étaient disséminés partout dans le Forum, et une trentaine de classes ont déambulé dans les allées. Ils ont reçu une trentaine de classes, on espère que ce sera encore mieux l’an prochain !

Il reste de la place, ou c’est complet comme tous les ans ?

C’est presque complet à la fin des inscriptions, mais il reste en septembre toujours un peu de place dans les disciplines plus rares comme le basson, le hautbois, l’alto. On communique beaucoup là-dessus, mais ces instruments sont parfois choisis à défaut, c’est dommage parce qu’ils sont magnifiques ! J’aime bien ces journées parce que c’est aussi la dernière occasion de l’année pour les élèves de s’exprimer devant un public, aussi.

Il y a une concurrence avec le conservatoire de St-Raphaël ?

Plutôt une émulation, comme l’a prouvé ce premier projet commun monté au Forum le 21 juin. Même si on enseigne les mêmes choses, grosso modo, on arrive à travailler ensemble depuis peu et c’est très bien !

Des instruments laissés pour compte

Camille enseigne le violon, mais elle enseigne aussi l’alto, le « grand frère », un peu plus gros, un peu plus grave, et surtout, beaucoup moins connu. « On doit le faire entendre au jeune public pour le faire connaître. C’est très chaud, comme son, et ça attire les oreilles qui sont très sensibles aux sons aigus, qui n’aiment pas trop la sensation provoquée par le violon. L’alto est une alternative parfaite. » Il est d’ailleurs curieux de constater que les enfants adorent le violon, et y viennent par eux-mêmes, alors qu’ils n’écoutent que très rarement de la musique faite avec un violon : « mais il y en a à la télé, du violon, par exemple sur France 2 chez Nagui le soir, il y a un violon qui se voit très bien. » Et l’alto, dans tout ça, plus difficile que le violon ? « Pareil, c’est la même dose de travail, avec du travail tout est possible. En alto, comme en basson ou en hautbois, on a un peu de mal à remplir les classes. Mais c’est simplement une question de notoriété médiatique, si on en parlait plus souvent à la télé, à la radio, dans les médias en général, le succès serait plus grand. Moi je suis violoncelliste et violoniste, donc l’alto je m’y suis mise naturellement. Ce qui est très pratique avec cet instrument, c’est qu’on peut naviguer entre le répertoire du violon et celui du violoncelle, en adaptant un peu. Et puis on a plus de temps à consacrer aux élèves dans les classes, puisqu’ils sont moins nombreux ! » L’alto, un instrument qui est aussi très demandé dans les groupes : « on en cherche souvent dans les formations parce que c’est versatile, la palette de sons est étendue. Et puis ça fait la même taille qu’un violon, en tous cas, la housse est à peu près la même ! Ces journées portes ouvertes servent à faire découvrir les instruments comme l’alto, le hautbois, et ça ne se fait pas tout seul, faut bosser ! D’autant plus que les élèves en général, restent sur le même instrument. En tous cas, ceux qui jouent de l’alto, normalement, ne changent jamais ! »

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