Allez, c’est fini, le Colisée. Enfin, la version 1 (et la version 1.2 ou « le Hope », qu’on a tendance à oublier, tant ce fut oubliable). C’est jeudi dernier qu’a eu lieu la vente aux enchères de tout ce qui restait de valable dans « la plus belle boîte du monde ». On y a vendu les meubles, les tapis, les bouteilles d’alcool entassées par centaines dans des frigos et des armoires qui sont parties aussi pour une bouchée de pain. Bien évidemment cette vente aux enchères ne comblera jamais le trou béant laissé par les champions de l’ardoise qu’étaient les gérants de la SAS Le Colisée, mais au moins, elle permet de payer les organismes judiciaires, de faire de bonnes affaires, et de laisser place nette aux prochains exploitants, qui auront bien du mal à donner une seconde vie à cet endroit unanimement détesté par toute la population locale. Une preuve ? Les blagues aussi drôles que graveleuses qui circulaient pendant la vente aux enchères, notamment la plus fameuse : « y a jamais eu autant de monde, ici », lâchée par un badaud. Et il n’était pas loin de la vérité, puisque ce sont un peu plus de 100 personnes (plus les accompagnants) qui se sont massées sur la terrasse du défunt restaurant de nuit, derrière le bâtiment, pour s’écharper à coups de « qui dit mieux »?

208 lots et un mécanisme bien rôdé

Il y a des pros de la vente aux enchères, qui ne viennent à ce genre de non-événements pour faire des affaires : « moi, ce qui m’intéresse, c’est d’acheter à pas cher du matériel de cuisine professionnel pour le revendre, parce que j’ai le réseau pour ça », nous explique un jeune acheteur. « Moi, je suis là pour essayer de choper un frigo pas trop cher, j’en ai besoin pour mon établissement », nous raconte Alberto, le gérant du Vox, une salle de concerts située à La Garde. Et quand on connaît un peu les figures locales, on se rend vite compte que ceux qui sont là par hasard sont peu nombreux. Il y a des gérants d’établissements de nuit qui sont présents pour acheter du matériel ou des lots de boissons alcoolisées à prix massacrés. Il y a aussi des particuliers qui songent à récupérer du mobilier un peu singulier, comme on n’en voit pas partout. Il y a aussi des restaurateurs, évidemment. Et puis des curieux, on ne sait jamais, « desfois que ».

Le plus étrange c’est d’avoir procédé à la vente aux enchères à la criée et en extérieur, alors que les objets étaient tous disposés à l’intérieur. Cela dit, une liste exhaustive et agrémentée de photos était à disposition du public sur Internet, et les gens ont pu jeter un œil aux articles qui les intéressaient avant de sortir leurs cartons pour enchérir. Comme un signe, même la vente aux enchères, la fin de la fin, a été pénible : en plein cagnard, oreille tendue, sans les objets en visu. Chose amusante, on a même croisé un ancien employé, sans doute venu voir la fin du temple, alors qu’il y croyait dur comme fer, il y a à peine plus d’un an. Bref, circulez, y a plus rien à voir.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire