Connaissez-vous Arjen Lucassen ? Ce bonhomme est un malade mental. Il est Hollandais, mesure 2 mètres, a les cheveux fous et une tête de cinglé, et surtout, il est musicien. Mais attention, on est très, mais alors très loin de Fréro de la Vega, même si l’intéressé du jour joue de la guitare. Lui, il fait de la vraie musique, et son grand délire, c’est de composer de gigantesques et très ambitieux Opéras Rock, avec dans l’équipe les plus fameux chanteurs du circuit parallèle. Pour résumer, on pourrait dire qu’Arjen Lucassen est une sorte de Dave Grohl du pauvre, avec plus d’ambition musicale et moins de moyens. Ou moins de copains très connus. Mais quand même plus que la moyenne. Chef de file et grand ordonnateur de tout un tas de projets musicaux, c’est avec le principal, Ayreon, qu’il nous propose aujourd’hui l’oeuvre la plus ambitieuse de sa carrière : le portage en live de son album le plus fourni, The Human Equation. Plus de deux heures d’une musique très soignée, très étudiée, très bien composée, articulée autour d’un concept (une histoire d’accident de voiture qui débouche sur un homme dans le coma qui doit faire face à ses émotions, qui s’adressent à lui sous la forme de personnages qui lui parlent). Dans l’album, il y avait déjà du très beau monde, avec James Labrie (Dream Theater), Mikael Akerfeldt (Opeth), Devin Townsend, Irene Janseen (Karma), et une dizaine d’autres chanteurs, tous excellents, et tous prêts à se mettre en quatre pour les projets du Hollandais. Un casting à la Soderbergh, mais au service de la musique. Et bien là, en 2016, Arjen nous sort la même chose, mais en live, sous le nom bien trouvé de The Theater Equation, avec un monde fou sur scène, fatalement. Et c’est prodigieux.

Nouveau casting et interprétation au cordeau

James Labrie est toujours là, la chanteuse de Stream of Passion (Marcela Bovio) également. Ce qui change surtout, c’est la présence de l’idole de toute une génération, Anneke Van Giersbergen, la chanteuse de The Gathering, qui reprend le rôle de Fear. Et si derrière la batterie on retrouve toujours le fidèle batteur de Gorefest Ed Warby (qui joue sur presque tous les albums de Lucassen), c’est autour que ça bouge, et plutôt pour le meilleur : Marcel Coenen de SunCaged (un fou) à la guitare, Joost Van Der Broek (oui, le synthé d’After Forever) bien plus efficace en arrangeur ici que dans son groupe pas terrible, et surtout, une bande de chanteurs très efficace qui s’appelle le Epic Rock Choir, et qui donne du corps à cette histoire. La musique, c’est une mélodie, un rythme et des paroles, rien de plus. Lucassen manie très bien les trois, et surtout, il sait vraiment s’entourer. C’est joué merveilleusement (pourtant c’est difficile), et c’est tellement ambitieux qu’il fallait absolument qu’on vous en parle dans nos pages. Une oeuvre musicale à découvrir de toute urgence, si vous aimez la musique, tout simplement. Ne faites pas attention aux clivages, on peut très bien aimer Christophe Maé et Ayreon (ouais, on ose). 20/20, plus deux points pour l’audace.

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