Pour chapeauter tout ce bazar, il faut un maître de cérémonie. Et ce grand architecte de l’art contemporain est expert comptable. Un homme de chiffres n’est pas pour autant un être imperméable aux choses de l’esprit sensible. Bernard Lecat, patron du GIE mais surtout, pour l’occasion, président de l’Union Patronale du Var (qui organise depuis toujours Base’Art) a pris quelques minutes pour répondre à nos questions, et lever le voile sur une question essentielle : non, ce n’est pas qu’une question de déduction fiscale. Mais le mécénat, ce n’est pas que de la philanthropie ! Interview transparence avec un amateur d’art épanoui !

Bernard, Base’Art est-il l’événement le plus gros de l’année pour l’UPV ?

C’est gros, oui, parce qu’une exposition d’art contemporain où l’on peut voir 100 artistes exposer leurs œuvres au même endroit, c’est gros ! Dans la région c’est le seul, et même sur le plan national c’est assez sérieux !

Rappelez-nous l’intérêt pour les mécènes. Ils ont quelque chose à gagner, là-dedans, c’est bien ça ?

Oui, mais si on approche le mécénat par la fiscalité on va se planter ! Parce que la fiscalité est certes intéressante, mais ça commence par un acte d’amour, l’envie de voir et de soutenir un artiste. Alors oui ça permet quelques déductions fiscales, mais le mécénat, c’est d’abord du soutien. L’entreprise n’a pas de démarche généreuse, elle fait rentrer ça dans sa communication, elle promeut un bon produit, elle essaie d’avoir une bonne image. Le mécénat c’est aussi ça, c’est faire cadrer son image avec le milieu culturel et artistique.

C’est la 5e fois en 8 ans que Base’Art a lieu.

Oui, il faut être fort en calcul, ça a commencé il y a 8 ans, mais c’est devenu biennal après la deuxième édition. L’organisation vue de l’extérieur n’a pas changé beaucoup, le concept est toujours le même : 100 stands, 100 artistes pour 100 entreprises. Si on considère que c’est moi l’organisateur, on va dire que je n’ai plus grand chose à faire pour que ça se passe bien. Base’Art se fait tout seul !

C’est vous qui l’avez lancé ?

En tous cas ça s’est fait sous ma présidence, et ça n’a pas changé depuis le début. Personne ne s’en plaint, d’ailleurs.

C’était par goût pour l’art contemporain ?

J’ai toujours aimé le milieu des artistes et de l’art contemporain en particulier. Dans les locaux de notre entreprise, Le GIE, on a toujours fait venir des artistes pour exposer, même quand ce n’était pas du tout à la mode, pour montrer des talents et décorer l’espace. On a toujours trouvé ça très agréable de mélanger ces mondes, de l’art et de l’entreprise.

Est-ce que les places à Base’Art sont chères ? Difficiles à obtenir ?

Assez, oui, puisqu’on passe par un système d’appel à candidatures via Internet. Pour arriver à sélectionner une centaine d’artistes, il faut éplucher un millier de dossiers. On a un commissaire d’expo qui s’occupe de la sélection, et chacun son mauvais goût. Je regrette que certains artistes de qualité soient éliminés, pour moi et pour eux. Mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Heureusement il existe une règle qui fait que les artistes ne reviennent pas d’une année sur l’autre, pour ne pas remontrer la même expo. En revanche, il se peut qu’une entreprise qui suit le travail d’un artiste dans le temps puisse revenir, là c’est volontiers.

Est-ce qu’il y a un favoritisme local ?

Et bien pas du tout ! Le commissaire d’expo est un Parisien, et on évite de piétiner ses plates-bandes en lui disant « prends celui-là ou celui-là », c’est son travail.

Base’Art est un salon où l’on vend beaucoup d’œuvres ?

Oui, et les artistes le savent. Là on se voit le soir du vernissage, mais il y a déjà eu pas mal de chiffre de fait, avant même que ça ouvre officiellement. Et ça va continuer tout le weekend.

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