Un jeune retraité à qui il prend la lubie de faire des photos ? Jean-Marc Kokel est bien plus que ça. En passant devant son stand orné d’incroyables photos sous verre et sans cadre (!?), une question nous est apparue : serait-il l’oeil que nous n’utilisons plus ? Et bien, oui, dans le mille ! En pédalant au bord des plages de la mer du Nord, Jean-Marc Kokel s’est rendu compte que les gens ne regardaient plus rien avec attention. Alors il a imaginé un concept tout en scénarios photographiques, sans cadre (mais sous verre), avec des souches et des tables, bref…Il va vous expliquer tout ça !

Jean-Marc Kokel vous êtes photographe, simplement ?

Scénariste/photographe. Mais tout est parti de la photo, je voulais absolument faire de la photo. Et puis quand j’ai voulu les encadrer ça me revenait cher, parce que j’en faisais beaucoup ! Alors je suis parti sur ce que vous voyez là, une idée de photos sans cadres. J’ai commencé à travailler là-dessus, mais je voulais quand même qu’il y ait un verre dessus pour la protéger. Alors mon cheval de bataille ça a été de trouver une idée pour faire tenir un verre sur une photo, sans cadre et sans pinces. J’ai fini par trouver la solution !

Comment vous faites ?

C’est un secret ! Mais c’est tout bête, j’ai essayé des tas de choses compliquées, le collage, etc. On me dit partout que je suis le seul à faire ça ! Et c’est très bien pour ce que je fais, j’essaie de proposer des photos qui racontent quelque chose, je fais des triptyques, des ensembles, avec une histoire à raconter, et il n’y a en général jamais personne dessus. C’est souvent des sujets banals, une table avec des choses dessus, un toit, c’est la manière de les regarder qui décide tout. Je suis un photographe d’instinct, à côté d’un vrai photographe je n’en suis pas un.

Comment ça a commencé ?

Et bien par chez moi dans le Nord, on avait des plages avec une érosion. Il y avait des souches sur ces plages, j’y voyais des aliens, des animaux, j’ai commencé à faire des photos. Et comme je faisais beaucoup de vélo, j’ai constaté que les gens ne me voyaient p)as, parce qu’ils marchent en regardant vers le bas. Je me suis dit « tiens, je vais leur montrer ce qu’ils ne regardent pas » ! J’ai commencé avec rien du tout ! Si je revois ma première expo je vais être déçu !

Vous avez beaucoup évolué sur le plan technique ?

Oui, et puis sur le plan de la présentation ! Exposer ce n’est pas seulement accrocher des trucs, il y a un art de l’accrochage et de la présentation.

C’est compliqué à financer ?

Oui, il y a pas mal de choses à acheter, mais je m’en sors. La rencontre avec mon mécène (Water Glisse Passion) a changé la donne pour Base Art. On est d’abord sélectionné sur dossier, et j’étais très content. Après on est invités, artistes et mécènes, à une soirée de speed-dating organisée par l’UPV. C’est là que les sponsors choisissent leur artiste. Nous, artistes, on nous demande toujours une participation pour exposer, et à la fin de l’année ça chiffre ! Même une expo qui ne coûte rien a priori, il faut se déplacer, avec du matériel. L’année dernière, j’ai fait Photo-Menton,  de la Londe à Menton plus deux nuits d’hôtel, et boum. Si on ne vend pas, c’est problématique. Mais voilà, je ne m’attendais pas à être sélectionné, je suis très heureux d’être là !

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire