Eric Jacquin est un rescapé, un vrai de vrai. Un Tough Guy qui a littéralement changé de vie après s’être relevé d’un très grave accident de scooter e 2011. Deux ans de combat, de ré-éducation, de pronostics incertains, de douleur et de volonté, pour remarcher, recourir, ré-utiliser un bras qui ne répondait plus. Et 5 ans plus tard, le même Eric Jacquin se retrouve qualifié pour la finale des championnats du monde de Spartan Race, au Canada. Comme il s’entraîne au quotidien dans la salle de sport de l’hôtel La Marina à Saint-Raphaël, nous aurions eu tort de ne pas le rencontrer pour vous faire partager cette tranche de vie unique en son genre. Quand l’aventure mène les hommes d’un sordide lit d’hôpital à la joue des bains de boue sur-vitaminés dans des courses de dingues, c’est que la médecine, le métabolisme et surtout l’âme d’un guerrier ont bien fait leur travail. Rencontre avec un vrai warrior.

Eric, votre accident vous l’avez eu à quel âge ?

En 2011, à 38 ans, un très gros accident de scooter. Avant, j’étais dans l’hôtellerie-restauration, j’ai touché un peu à tout mais en amateur, sport de combat, athlétisme, c’était plutôt pour rester en forme. Cet accident, je l’ai eu en sortant du boulot, sur la route de St-Tropez.

Quand vous vous êtes retrouvé à l’hôpital, qu’est-ce qu’on vous a dit ?

Je me suis retrouvé dans le coma, et j’ai eu un déclic quand je me suis réveillé. Quand j’ai su que j’avais plusieurs fractures, une paralysie dont je n’étais même pas sûr de pouvoir récupérer, ça a été un gros choc et j’ai voulu tout mettre en oeuvre pour me sortir de là. J’ai été immobilisé pendant deux ans, en arrêt de travail.

Et là, vous redevenez complètement valide.

En tous cas, à peu près, je termine les soins en juin, et en septembre je passe un diplôme au Creps de Boulouris pour devenir coach, directement. Je ne voulais surtout pas perdre de temps. Parce que j’avais déjà 40 ans ! Je me suis beaucoup préparé ici, à la salle de sport de l’hôtel la Marina, avec un préparateur physique. J’ai commencé au CERS à Boulouris, où j’ai fait la rééducation, puis j’ai poursuivi ici avec lui. Il le fallait pour préparer le concours de coach, que j’ai réussi.

Et pourquoi les Spartan Races ?

Pour l’ambiance. J’ai suivi l’activité d’un sportif d’ici, de haut niveau, Maximilien de Haro, qui écrivait des récits très bien faits sur ses aventures dans les courses de ce type. Et j’ai commencé par goûter à un Mud Day, une course d’endurance d’obstacle. Je voulais le faire plus tôt, mais comme je me suis fait réopérer du genou, mon médecin me l’a déconseillé. Alors j’ai attaqué ça en 2015, au Castellet.

Rappelez à nos lecteurs ce qu’on vous demande de subir lors de ces épreuves de fou !

Il faut de la force, de l’endurance, de l’agilité, et même de la mémoire, puisqu’on nous demande de nous souvenir d’une combinaison au départ de la course qu’on nous redemande à la fin, une fois qu’on est bien occis ! J’ai adoré ça, alors j’ai décidé de me lancer dans la vraie compétition cette année.

Vous qui avez connu la douleur extrême, la souffrance de la blessure, c’est comparable à ce qu’on ressent dans ces courses ?

C’est incomparable. Après avoir traversé ce que j’ai connu, je me dis que je peux tout affronter. Quand je le raconte aux autres participants, ils hallucinent. J’aurais pu y passer, j’ai été en situation de handicap, je m’en suis sorti, j’ai surmonté tout ça.Aujourd’hui c’est que du bonheur, si je dois finir une course en rampant, je la termine.

Il vous reste des séquelles ?

Oui, un tassement des disques qui me pénalise quand il y a des choses à porter dans les courses. Mais je suis toujours suivi pour tout ça par mon kiné, mais je n’ai plus vraiment de suivi médical.

Ce sport intense vous a aidé à accélérer le processus de guérison ?

Je ne sais pas, si on demande l’avis de mon médecin il me déconseillera de le faire, je pense. Mais je fais aussi du crossfit, et j’ai dû diminuer mes séances par rapport à mes douleurs au dos. Le sport m’a sauvé quand même, je crois que j’ai bien fait de ne pas écouter les médecins à la lettre. J’ai récupéré 80% de mon bras droit, alors qu’au départ c’était zéro, plus rien ne fonctionnait.

 

Donc là, championnat d’Europe en octobre au Canada, vous allez vous préparer comme un fou ?

Exactement. Et j’espère qu’il fera bon, parce que dans la poudreuse, c’est horrible. Cet hiver j’ai fini ne pas terminer une course dans les Alpes, on a couru dans de la neige poudreuse, pas damée, j’ai fini avec les tripes et la tête.

Vous avez des sponsors ?

J’en cherche, parce que j’ai besoin de matériel et de financements pour me suivre dans ma folie !

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