Il n’y avait jusqu’ici que le chalet handiplage de Fréjus, certes l’un des plus beaux de France, mais qui ne peut pas donner plus que ce qu’il a. Et on le sait, les accès aux activités, aux lieux publics, à tout en fait, pour les personnes souffrant de handicaps de toutes sortes, ça reste une chose extrêmement compliquée. La baignade en fait partie, et même l’accès à la plage dans son ensemble, quand celle-ci est en contrebas de la route, qu’il faut prendre un escalier, ou en l’occurrence aux Issambres, traverser un souterrain. Et bien justement, aux Issambres, tout ça, c’est fini. Derrière ce beau projet, on trouve non pas un maire ou un élu, mais un agent, Maurin Diaz, responsable des affaires maritimes et du domaine public, et depuis peu, référent handicap pour la ville de Roquebrune. C’est lui qui a senti qu’il était possible de transformer un vieux local public inusité en un emplacement agréable, utile et vertueux. Et c’est lui qui s’est démené pour faire entendre à toute la mairie, ainsi qu’aux Sambracitains, que c’était une bonne idée de reconversion pour cet endroit. Et on l’a écouté.

Maurin, parle nous de ce local handiplage.

C’est un local municipal qu’on a refait. Ce sont des anciens sanitaires, on y a ajouté un vestiaire, et on a aménagé un lieu de stockage. Mais tout existait déjà, on a la chance d’avoir un ascenseur, il y avait une rampe pour descendre, les douches. Nous, on a juste créé de quoi être mieux, avec de l’existant, et on y a ajouté bien sûr du personnel pour accueillir le public.

C’était une vieille idée ?

Fabrice Fernaud l’avait déjà eue, mais il n’avait pas poussé l’idée plus loin. J’avais commencé à l’évoquer en 2012, mais j’ai un peu bougé dans les services. En 2015 j’ai relancé l’idée, et là elle a bien pris. On est allés visiter le chalet handiplage de Cannes, le plus grand de France, et celui de Fréjus qui est aussi très bien équipé, et le Directeur Général des Services m’a proposé de monter un dossier pour voir comment on pouvait le faire ici. Depuis on a une conseillère municipale déléguée au handicap, on a créé des groupes de travail, et on a mené ce projet-là à bien. Le plus compliqué c’était surtout de réunir tous les éléments pour que la machine politique puisse avancer.

C’était un manque dans la région ?

Le label handiplage est gratuit, et ce genre de structures fonctionnent très bien, elles sont d’utilité publique. C’est pas pour faire du chiffre, Cannes reçoit 5000 personnes par saison, Fréjus 3000. On peut les désengorger, on a un bel outil, on reçoit des appels qui viennent de loin pour réserver des places, de Flayosc, de Draguignan. C’est moins loin que Fréjus, c’est plus petit, plus familial. Fréjus c’est génial, ils ont 80 mètres carrés, 10 machines, et l’adjoint au handicap de Fréjus travaille très bien. En parlant du handicap dans les réunions de travail on a pris conscience de leurs demandes, dans tous les domaines, pas seulement le handicap moteur, mais aussi les sourds, les aveugles. On a reçu le président de l’association Valentin Hauy (qui aide les aveugles et les mal-voyants, ndlr) qui nous a éveillés au fait que finalement, peu de choses existaient. La loi handicap va nous obliger à être accessibles partout, c’est très compliqué mais c’est la loi. Et dans les prochaines années il y a un programme qui va faire en sorte que ce soit possible.

Ce local handiplage est ouvert à qui ?

Il est ouvert à toutes les personnes souffrant de handicap, mais aussi aux personnes âgées qui ont des difficultés d’accès à l’eau, qui n’osent pas y aller parce qu’elles n’ont pas l’entourage pour les aider. On a été formés à recevoir toutes les formes de handicap, d’ailleurs la formation était difficile, on est allés de la sclérose en plaques à la SLA. Mais on peut même prendre une personne qui serait très lourdement handicapée, avec une sangle.

Qui va s’occuper de faire de tout ça ?

Une quinzaine de personnes, uniquement du personnel communal volontaire, qui a pris sur son temps de travail. Toujours un homme et deux femmes. On a appris comment les aider, comment les lever, sans leur faire mal, et sans se faire mal nous. On a déjà reçu des gens, qui sont très heureux, morts de rire de passer du temps dans l’eau. Le principe c’est de les mettre sur un tiralo, couchés sur deux gros flotteurs, on les transfère du fauteuil à la machine, on les balade, pour nous c’est très gratifiant.

Vous devez avoir beaucoup de demande !

Toutes les matinées de juillet sont prises, j’étais avec l’Ehpad de Puget juste avant qu’on se parle. Les deux Ehpads de Roquebrune, Flayosc, Draguignan, début mai on a envoyé de la communication à une cinquantaine d’établissements, et on voit déjà que ça porte ses fruits.

C’est beau parce que ça ne rapporte rien à la ville.

Indirectement si, disons que c’est bien pour l’image, c’est de l’action positive, le label tourisme handicap, etc. Mais pour les hôtels, par exemple, c’est génial. Vacanciel est pleinement accessible mais ne pouvait pas proposer aux handicapés d’aller à la plage, ça y’est ils peuvent. Le projet a été très bien accueilli par absolument tout le monde, à part par quelques résidents qui ont avancé des arguments irrecevables, comme quoi ils allaient manquer d’espace sur la plage. Mais à part ça, on a reçu un accueil incroyable.

Les coordonnées et ouvertures du service :

Mardis, Jeudis et Samedis du 5 juillet 2016 au 20 août 2016 de 9 heures 30 à 12 heures 30 et de 13 heures 30 à 17 heures (réservation à prévoir pour les groupes)

Tel : 07.62.68.91.54

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