14 juillet 2016. Encore une date qui restera dans les mémoires parce qu’un malade mental a voulu signifier qu’il était mal dans sa peau de Français maltraité par le complot judéo-chrétien-maçonnique des illuminatis américains reptiliens du grand architecte. Encore un jour marqué du sceau de l’infamie, parce qu’une ordure innommable a cru bon de livrer son corps en pâture à la cause djihadiste, en embarquant au passage 84 personnes qui ne lui avaient rien demandé. Mohamed Lahouij Bouhlel, voilà comment s’appelle cette raclure qui va alimenter les journaux télévisés pendant un mois, puis qui reviendra sur le devant de la scène, photo de mauvaise qualité à l’appui, quand il faudra retracer l’histoire de la prochaine attaque. Il sera alors aux côtés de ses comparses Coulibaly, Kouachi, Abaaoud, Abdeslam, Merah et consorts. Cette fois-ci on ne va pas rentrer dans la démagogie habituelle en disant « vous savez, l’Islam c’est pas ça, l’Islam c’est la paix, l’amour, etc ». Ce serait faire injure aux musulmans que de devoir rappeler encore une fois que le terrorisme n’est pas une composante de leur religion, alors laissons-les tranquilles, puisque ce n’est pas d’eux qu’il s’agit ici. Là on parle de crétins endoctrinés par des extrémistes qui veulent la chute de l’occident. On parle de gens qui sont avides d’argent et de pouvoir, et qui ont trouvé dans la crédulité des abrutis un moyen de s’engraisser comme des porcs, pas de pot. En pillant, en torturant, en orchestrant des guerres sournoises et sans courage, en se prenant pour des rois de droit divin. Ou comment plonger son peuple, un peuple de débiles mentaux triés sur le volet, au cerveau siphonné par l’envie d’en découdre avec les mécréants, dans un monde qui a 10 siècles de retard. Un peuple qui finira malgré tout, tôt ou tard, par découvrir que l’enrichissement, le meurtre, le viol, le pillage, la torture, la traîtrise, le rapt, la sauvagerie, tout ça n’a rien de bien vertueux.

En être réduit à dénoncer et à laisser s’écouler un flot d’émotion, c’est en soi une torture. Parce que n’avoir rien d’autre que des mots pour en parler, au lieu de se défendre, c’est une absolue catastrophe pour la plupart des gens. Oui, on pourrait compiler les 13 000 « fichés S » et les soumettre à La Question, comme au Moyen-Âge. Faites-nous confiance, la torture et la barbarie, on sait comment ça marche puisqu’on l’a inventé. Mais fabriquer d’autres monstres pour combattre des monstres ne serait pas digne de nous. Alors on va se débrouiller comme on peut, mais on ne restera pas les bras croisés, et je ne sais ni dans quelles proportions, ni sous quelle forme, ni dans quel délai, mais il n’y a pas que le sang des pacifiques de ce monde qui va couler. Pour l’instant les « belligérants pour la paix » font le tri dans ce qu’ils shootent au drone de combat, mais répondre à des bombes par des jets de pierre alors qu’on a de quoi faire sauter 26 fois la terre en deux nanosecondes, c’est un peu cheap et ça ne va pas durer éternellement.

Il y a des choses qui se passent. Il y a d’autres fous qui sommeillent dans le camp des victimes, et que personne ne souhaite voir se réveiller. Si Donald Trump devient président des Etats-Unis, qui vous dit qu’il ne voudra pas transformer l’Irak en un grand Parking et la Syrie en Wall-Mart ? Rien. Et s’il a une crise d’hystérie, il ne fera pas le tri entre les mecs militarisés et les populations civiles sous le joug des tarés pour tapisser les murs de sang.

Nous, des gens comme ça, on n’en veut pas. Ni de Mohamed Lahouij Bouhlel, ni de Donald Trump. On aimerait que notre monde, si imparfait soit-il, continue d’évoluer normalement. Il y a des problèmes dont nous avons été les premiers à nous débarrasser, et nous avons peut-être à l’excès, essayé d’aider d’autres peuples à en faire autant. Nous sommes quelque-part responsables de ce qui nous arrive, parce que cette Terre, on la partage tous, et si l’arbre du Mal germe juste à côté de nous, c’est que les fruits pourris qui tombent de notre arbre sont un engrais fertile. Quoiqu’il en soit, il est hors de question de passer notre vie à pleurer et à attendre que des kalach envoient la purée, ou que des camions jouent à Pac-Man dans les rues. Il y a des limites à l’incompréhension et au désarroi. Il y a des limites à la tolérance. Il y a des limites à l’amour de son prochain. Et ça commence sérieusement à se crisper. Moi j’ai peur de ce que certains militants pour la paix de jadis vont développer comme psychoses. Bref, on va bien voir. Et en attendant, on va vivre.

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