Ils ont tout à perdre parce qu’il n’y a aucune raison qu’ils ne gagnent pas ! Des athlètes qui surclassent leurs adversaires depuis quatre ans (parfois plus, parfois même depuis toujours), des sportifs qui font de ces JO un baroud d’honneur ou qui profitent de cet intermède carioca pour réaliser un come-back de l’au-delà, des hommes et des femmes qui seront attendus au tournant de leur carrière. Les pronostics les donnent favoris, les tablettes les appellent de tout leur marbre pour graver une ligne de plus dans des palmarès qui ne demandent qu’à s’enrichir, parfois décisive pour l’histoire. Il y a aussi ceux qui s’alignent dans tellement de disciplines qu’ils sont susceptibles de tout perdre, alors que leur destinée olympique aurait pu être toute tracée. Voici un petit pronostic de ce qui pourrait arriver à certaines grandes têtes d’affiches de ces jeux de Rio, si jamais le sort, les adversaires ou la méforme décident que leur destin en or n’est pas à l’ordre du jour, à l’heure H.

Teddy Riner – Porte-drapeau, monstre absolu du judo mondial, le gentil géant de 2m04 est déjà champion olympique, et champion du monde tellement de fois qu’on a presque arrêté de compter. Les colosses allemands n’ont toujours pas trouvé la parade, les Japonais sont désemparés face à sa taille, son style offensif et sa puissance dévastatrice. Le voir enfiler une nouvelle médaille d’or à son cou à l’issue du tournoi de judo ne surprendrait absolument personne. Mais Iakiv Khammo et surtout le local Rafael Silva ne vont pas se contenter de regarder le grand français leur exploser le judogi avec ses paluches de 40 cm de l’auriculaire au pouce, et si Teddy veut conserver sont titre, il va sans doute devoir s méfier de lui-même plus que de ses adversaires, qui eux n’ont absolument rien à perdre.

Renaud Lavillenie – Qui eût cru qu’un beau jour un Français avec un corps normal pourrait dominer à ce point cette discipline qu’est le saut à la perche ? Renaud Lavillénie a accompli l’exploit le plus incroyable de ces 20 dernières années en athlétisme : effacer Sergei Bubka des tablettes en sautant à 6m16…Ceux qui ne s’intéressent pas plus que ça à l’athlétisme savent quand même que le Tsar était considéré comme un athlète qui avait compris la perche mieux que ses contemporains, et qu’il avait une marge démesurée sur la concurrence. C’est un peu pareil pour Lavillenie, qui aime tellement les sautoirs qu’il en a un dans son jardin ! Déjà champion olympique, en délicatesse avec les championnats du monde mais c’est moins grave, Renaud n’a plus rien à prouver, si ce n’est qu’il est toujours le meilleur, au-dessus de ses concurrents, principalement les Allemands, et son nouveau colonel, le Canadien Shawnacy Barber, qui voudra confirmer son titre mondial.

L’équipe américaine de Basket – La Dream Team, n’aura finalement été qu’une petite période dorée d’un mois, à l’été 1992. C’est la seule fois où objectivement, les meilleurs joueurs NBA ont tous répondu présent pour un tournoi international. La ligue américaine fonctionne d’une telle façon que les clubs sont hyper-puissants, bien plus que la fédération qui gère les activités de l’équipe nationale. Et si le patriotisme est important pour les américains, l’argent l’est aussi. C’est pour cela que les cadors ne seront pas tous à Rio, loin de là. Pour résumer, les deux meilleurs joueurs du monde ne seront pas là, puisque Steph Curry et LeBron James resteront en vacances. Certains autres gros performers de la saison ont aussi décliné l’invitation, comme Russel Westbrook, James Harden, ou Damien Lillard, qui auraient eu mille fois leur place dans n’importe quelle équipe. Restent tout de même des avions de chasse comme nulle part ailleurs, avec Klay Thompson, Kevin Durant le néo Warrior, DeMarcus Cousins qui prend enfin des vacances loin de Sacramento, Jimmy Butler qui doit vite oublier la saison pourrie des Bulls, Kyrie Irving qui veut fêter avec plus d’éclat encore son titre NBA (qu’il a gagné au forceps, en étant le MVP du match 7), ou encore Kyle Lowry. Mais il y a du monde en face, avec une équipe espagnole de feu, et nos Français, qui alignent 5 joueurs NBA dont l’indéboulonnable Tony Parker, et une bande de mercenaires morts de faim. Les Ricains ont intérêt à mériter le bateau de luxe sur lequel ils vont loger (comme l’équipe féminine), parce que ces JO aux airs de vacances d’été peuvent vite se transformer en cauchemar. Argentine, 2004, remember, les gars.

Usain Bolt – Alors lui, on est tous d’accord : c’est le plus fort de l’histoire. Jamais personne n’a dominé le sprint avec une telle aisance, pas même Carl « je ne me suis jamais dopé » Lewis à sa grande époque. Il se trouve qu’Usain Bolt n’a pas fait de saison aussi terne depuis très longtemps, même s’il a couru en 9s88 (soit deux centièmes de plus que la meilleure performance mondiale de l’année, le record d’Europe du Français Jimmy Vicaud, 9s86, et ça c’est dingue). Bolt qui va sans doute devoir se défausser d’une médaille d’or du 4×100 à cause de son pote Nesta Carter, convaincu de dopage, va vouloir remplir encore un peu plus l’armoire à trophées, mais ce ne sera pas aussi facile que lors des deux éditions précédentes. A moins qu’il ne soit encore plus fort, mais ça paraît impossible. 9.58, souvenez-vous, le Martien…

Michael Phelps – Allez savoir si Michael Phelps n’est pas le sportif le plus fort de tous les temps. Certes la natation offre beaucoup de chances de remporter une médaille, mais il faut quand même aller se les chercher. Et Phelps en a déjà 18 en or, ce qui le place tout en haut de la pyramide, tout seul. La « bullet » de Baltimore a été suspendue en 2015 parce qu’il conduisait bourré, et ça, la fédération américaine de natation n’aime pas. Mais il n’a aujourd’hui « que » 30 ans, et son envergure de 2m01 a encore de quoi faire frémir le monde des nageurs. Cela dit, Phelps qui n’a jamais été tout seul à fendre l’eau à 10.000 à l’heure dans les bassins, sera encore moins seul cette année. Il n’aura peut-être plus l’ombre de Peter Van Den Hoogenband (quel nom génial) ou celle d’Alexander Popov (quel nom génial !!!!), mais il lui reste des adversaires de taille, Laszlo Cseh, Ryan Lochte, quelques Chinois, Chad le Clos le sudaf, Paul Biedermann, bref, des grands deltaplanes de 2 mètres de haut, tankés comme des catcheurs de la WWE, et qui vont torpiller comme des dingues pour ne pas subir le come-back du siècle.

Rafael Nadal – Rafa s’est usé, on le savait. Le taureau de Majorque pratique un tennis tellement physique que son corps le lâche peu à peu depuis quelques saisons, et c’est Djokovic qui en profite. Mais Rafa veut à tout prix remporter l’or olympique, et à Rio, il s’est aligné dans tout ce qu’il pouvait : simple, double, et même double mixte ! Il en gagnera peut-être un, mais il devra à chaque fois se coltiner un ultra-favori susceptible de lui barrer la route, puisqu’en dehors du Serbe, les Américains ont une paire en double qui terrorise la Terre entière (sauf les Français Mahut-Herbert, qui cartonnent), et en double mixte, c’est tellement aléatoire que tout peut se passer, surtout une défaite. Trop gourmand ? Peut-être, on lui souhaite quand même d’en ramasser une, mais ça ne va pas être simple, d’autant que ça va se jouer sur du dur, alors qu’au Brésil, il y a de la terre battue partout.

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