Depuis une semaine, j’ai envie de distribuer des pains dans la tête à plein de monde. Dernière expérience en date, au cinéma : la radasse de d’habitude, jamais le même modèle mais toujours la même série, avec un parfum à la noix de coco qui sent un peu trop fort, une copine un peu plus moche qu’elle et deux blaireaux en tongs et en maillots du Barça ou en marcel à fleurs orange pour les accompagner. Tout le monde la connaît, cette conne. Elle se met derrière toi, sournoisement, en ne faisant pas trop de bruit. Elle a un peu de popcorn, mais au début elle n’en mange pas. Elle piaille comme une débile pendant les bandes-annonces, t’essayes de pas lui en vouloir, après tout, c’est jamais que les bandes-annonces. Et puis le noir s’installe, son pote en marcel lui fait « chut, ferme-là », elle lui répond « vazy comment tu me parles », et avec sa copine laide elles se mettent à rigoler. Et ça dure tout le premier quart d’heure. Elle t’empêche de profiter de ta séance à 9€50, une somme pour laquelle tu as travaillé 1h15 si t’es au smic. Tu as les nerfs en boule de feu, tu as envie de lui faire bouffer sa jambe, mais tu essaies de te contrôler, alors tu ne fais rien. Mais tu ne penses qu’à elle, elle t’obsède. Tu visualises assez mal sa tronche, parce que tu ne l’as vue qu’une seconde avant de t’installer avec les yeux dans la bonne direction, vers cet écran où ton cerveau ne voit plus rien, obnubilé par la présence de la gourde assise juste derrière toi. Tout est prétexte à ses ricanements de guenon anorexique, une coupe de cheveux, un son, une chaise, un jet de sang, n’importe quoi. Tu as envie de l’enterrer vivante, et ses trois potes avec. Parce que la bêtise est une valeur humaine d’entraînement, quand un idiot se distingue au milieu d’un pool de personnes, allez savoir pourquoi, il inspire son public le plus immédiat. Les trois autres suivent le chemin de la première, et les quatre rentrent dans une phase de pénibilité hyper extrême. Alors là, tu réfléchis. Tu te dis « ils ont dépensé 38 euros à 4 pour aller ne pas regarder un film en saoûlant tout le monde autour d’eux, en lisant leurs textos, et se pinçant les fesses et en rigolant comme des trépanés. » Ben ouais frère, n’oublie pas qu’on est à Saint-Raphaël, et qu’à Saint-Raphaël, il y a pas mal de jeunes qui ont du fric à dépenser dans le vide, pour aller voir des films qui les dépassent. Et pour que ça les dépasse, pas la peine de taper dans du Jean Eustache. Alors voilà le topo : si un jour vous lisez dans la rubrique faits divers de « l’autre journal », le « vrai », qu’un ado de 17 a eu la mâchoire cassée par une grande tarte dans sa tête d’abruti au milieu d’un film dans la salle 5 du Lido, vous saurez que ça vient peut-être du comité de rédaction du journal, le nôtre. Si t’aimes pas le cinéma, reste chez toi, ou fais du porno, ou va t’exploser le foie au vin blanc trop cher au milieu de tes semblables, va twerker dans les cimetières de l’arrière-pays, mais viens pas nous les briser, ça te coûtera moins cher.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire