Quelle affaire que cette histoire de la mairie de Roquebrune ! Un mélange de passions exacerbées, de haines viscérales entre des gens qui se sont aimés puis déchirés comme pas permis, d’idéaux, de façons de faire divergentes, bref…des inimitiés à tous les étages, des administrés qui se toisent parfois même dans les rues, une atmosphère pas toujours au beau fixe entre « ceux que ça intéresse ». Et puis il y a les autres, ceux qui s’en foutent de la personnalité de Luc Jousse ou de Jean Cayron, de Josette Mimouni ou de Jean-Paul Ollivier. Il y a aussi à Roquebrune tous ceux qui ne demandent qu’à être administrés correctement, sans payer des millions d’euros d’impôts, en ayant un joli feu d’artifices pour la parade, des routes bien entretenues, un Argens aux berges nettoyées, des permis de construire aux normes et des salles de sport utilisables. Et rien d’autre. Le problème de cette petite cité médiévale et balnéaire, c’est que la gestion municipale a été sévèrement pointée du doigt à la fois par la justice et par les opposants, et que l’identité hyper-forte du maire Luc Jousse ne lui a pas rendu service. S’il avait été une émanation de la petite bourgeoisie locale, issu d’une famille installée là depuis des lustres, ses ennemis l’auraient sans doute attaqué avec moins de virulence. Il se trouve que le bonhomme est un champion du verbe haut, du discours sans fiche et de la vanne politique, qu’il connaît par cœur ses dossiers et qu’il n’a jamais eu peur de l’affrontement. Alors la vague et le rocher se sont cognés l’un sur l’autre, jusqu’à ce que l’un se brise. Luc Jousse n’est plus là, son adjoint Jean-Paul Ollivier l’a remplacé, choisi par 21 des 33 élus municipaux. Certains disent que la justice a fait son travail. D’autres sont ulcérés et diront que l’échiquier politique local ne s’est défaussé que du roi, mais que ses valets sont toujours là. La justice a fait son travail, c’est vrai. En tous cas elle a fait ce qu’on attend tous d’elle : rendre un verdict définitif. Est-ce que l’absence de Luc Jousse va changer quelque chose ? Dans le débat, sans aucun doute, parce qu’à la tribune, il était mieux que bon. La ligne municipale va-t-elle changer ? A priori, pas plus que ça, puisque les mêmes sont toujours là, à deux minuscules remaniements près. Finalement, qui a gagné ? Essayons déjà de faire en sorte que tout le monde n’ait pas perdu, il y a beaucoup trop longtemps déjà.

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