« Un été à Fréjus » avait coché plusieurs belles dates sur le calendrier, mais s’il y en avait bien une que le rédaction de Bah Alors ? ne voulait pas rater, c’était celle-là. PULSE, le méga-tribute à Pink Floyd qui tourne depuis 2008, venait montrer son boulot titanesque aux Arènes. Nous en avons profité pour rencontrer les responsables de ce bateau qui file toujours droit dans le sillon de Roger Waters et David Gilmour. Une interview en plusieurs parties, parce qu’elle a été réalisée pendant les balances en plein après-midi, derrière la scène. Ce sont d’abord le guitariste David Darnaud ainsi qu’Alex Boussacre, un des deux chanteurs lead, qui nous ont répondu, avant d’être rejoint par Franck Venchiarutti, l’un des deux fondateurs du groupe, claviériste de son état. Le Floyd, la passion, le travail, la DRH, plein de choses compliquées qui vont vous être dévoilées en mots.

David tu joues dans Pulse depuis 2013. Comment tu l’expliques, que ce tribute band soit si ancien ?

Le Floyd c’est fédérateur, il y a tellement de gens qui écoutent ce groupe que la passion perdure.

Alexandre Boussacre : Moi je suis rentré un peu après David, en 2013 aussi. Je viens d’endosser un nouveau rôle en jouant du synthé en plus, on voulait se débarrasser de pas mal de séquences pour faire le plus de choses en live possible. Mais ça va, comme on est deux chanteurs principaux je m’en sors.

Comment fait-on pour travailler un répertoire aussi riche et complexe, tant au niveau de l’interprétation que du son ?

DD : C’est vrai que ça demande beaucoup de temps et d’envie, il faut vraiment avoir la passion de cette musique. Le public connaît par cœur le son, et le son qui va avec les notes, on n’a pas le droit l’erreur.

AB : Ils sont venus nous chercher à l’époque de Made Again, on jouait déjà des choses complexes à reproduire puisque c’était du Mariullion, et comme on était fans du Floyd tous les deux…

D’ailleurs Alex, toi tu es un spécialiste de tribute band, d’ailleurs tu faisais ça avant les autres, dans la région.

AB : C’est exact !  Avec David, d’ailleurs. Au début c’était surtout pour jouer de la musique que j’aimais, et qu’on ne jouait pas dans les pubs. Maintenant plus personne ne se pose la question, le tribute c’est presque un métier, aujourd’hui. J’en ai monté d’autres, dont celui à Genesis, Genesya, dont je suis très fier.

David, c’est compliqué à gérer une équipe comme ça ?

DD : Franck te répondra mieux que moi, mais je sais que c’est compliqué, on est 14 avec les techniciens, il faut boucler le calendrier avec les emplois du temps de chacun, les répètes, les dates, c’est un casse-tête chinois. On a la chance d’avoir un local chez le boss, ça fait aussi partie de l’équation.

AB : On répète souvent en petite formation, à 5 ou six, mais quand on passe au filage on est tous dans un local de 20 m², là c’est compliqué parce qu’on est 11 sur scène.

DD : Et chaque morceau qu’on rajoute au répertoire c’est tout de suite 13 minutes, donc là on en est à 2h40 de set, c’est très inspiré du live Pulse, justement, avec Dark Side of the Moon en entier dans la seconde partie. Dark Side était déjà monté, Shine, Shine Part 2, il y a des choses qu’on choisit à l’unanimité, mais c’est aussi Franck et Bruno qui désignent qui va chanter quoi, qui va jouer quoi.

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Et Franck, justement, arrive à ce moment-là.

Franck, comment tu gères cette équipe ?

C’est pas facile, mais on est boostés par notre passion pour les Floyd. On le fait pour jouer sur des scènes comme ici, moi je ne suis pas intermittent. On l’a monté à trois au début.

Vous avez commencé petit ?

On ne l’a jamais fait pour jouer dans des pubs ! Quitte à faire peu de dates, il fallait faire ça en grand. C’est plus facile de jouer au Thor à Nice, c’est sûr ! Cette saison, on ne fait que deux dates,une en février, et celle-là. On en fait parfois plus, mais je préfère deux belles dates avec tout ce qu’il faut, les éléments de décor, le backline en entier, tout.

Les gens sont-ils cruels avec vous, à voir plus les défauts que les qualités ?

On est très attendus au tournant, les gens connaissent par cœur les Floyd. Mais ils reviennent nous voir presque toujours. On aurait pu faire du Téléphone, ce serait plus facile. Mais on était des copains dans un orchestre, et on se rejoignait sur les Floyd. C’était un choix logique. Parfois il y a un peu de turnover dans le groupe mais souvent on tombe sur des gens très bien. La grosse partie de la team est là depuis 2013, ça tourne très bien.

Tu arrives encore à écouter Pink Floyd chez toi ?

Pas les morceaux que je joue ! J’en redécouvre d’autres pour peut-être les monter. Parce que les morceaux qu’on joue déjà, c’est du passé ! Je suis allé voir d’autres tributes pour qu’on se situe un peu, il y en a des plus gros avec une grande puissance de feu, ce qui nous rassure c’est qu’on a bien vu que musicalement on tient la route. Les gens s’y retrouvent, je crois, quand ils viennent nous voir. Nous, on préfère jouer avec tout le matos qu’on demande et rogner sur le cachet artistique. On ne fait vraiment pas ça pour l’argent !


Et le concert ?

Le concert était juste énorme. Avec l’écran rond de fond de scène, le grand professionnalisme de Pan Pot et de Fred Allavena derrière la console, des lumières de folie, les 2000 personnes présentes aux Arènes ont vécu trois heures d’anthologie, comme si le Floyd était ressuscité. Aucune fausse note pour cette soirée respectueuse de l’oeuvre et du public, qui ne s’attendait sûrement pas à vivre une pareille expérience, dans un endroit qui aurait pu, à l’époque, accueillir les vrais. On se contentera de la copie, qui mérite mille fois les louanges qu’elle a maintes et maintes fois reçus.

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