On va s’ennuyer, c’est sûr et certain ! Dans un championnat de France de football verrouillé jusqu’à l’agonie par un PSG ultra-dominateur, que reste-t-il aux amateurs de beau football, de suspense, de frappes de 40 mètres et de dribbles chaloupés pour vibrer ? Pas grand chose. Avec ses airs de championnat bulgare, après un pillage en règle de ses clubs par une Premier League devenue une sorte de NBA du football européen, la Ligue 1 va sans doute vivre l’une des années les plus noires de son existence. Parce que Marseille se meurt, parce que Lyon n’y est plus comme avant, parce que Bordeaux a recruté Jeremy Menez, et parce que Metz n’y va rien changer. On fait le point ? On va peut-être le regretter.

Marseille à la rue, et bientôt dans la rue.

Ils ont recruté Bafetimbi Gomis, pas mal. Ils ont viré tous les autres. Ils ont gardé Thauvin. Ils voient d’un œil inquiet le départ potentiel de Rolando. Voilà en quelques détails d’allers et venues le diagnostic préoccupant du plus grand club de l’histoire du football français. Avec une présidente qui veut plus que tout vendre son club et surtout ne plus injecter le moindre centime, espérer bien figurer en 2016-2017 relève de l’impossible. Même le taulier est parti, puisque Steve Mandanda, le seul qui était jusqu’ici irréprochable, est parti voir si l’herbe était plus verte à Crystal Palace. Et dire qu’il a préféré jouer à Crystal Palace plutôt qu’à l’OM est en soi un signe suffisant. Bref, ça va être long, très long, et peut-être très court avant que les supporters ne soient encore plus en colère qu’au mois de mai.

Monaco sur la réserve.

Falcao ne retrouvera jamais ses jambes, mais il pourra peut-être faire oublier ses longs, très longs mois d’absence (deux ans, en fait). Le retour du Colombien pourrait ne pas changer grand chose, dans cette équipe que Jardim a depuis son arrivée tourné essentiellement vers son propre but, tous devant la cage. Il faut dire quand même que c’est un choix pour le moins étrange, quand on sait les armes offensives dont dispose Monaco par rapport à ses concurrents en Ligue 1 : Valère Germain, Joao Moutinho, Kylian Mbappé (déjà blessé, hélas), et bon…Vagner Love, c’est mieux qu’ailleurs. Mais non. On s’ennuie à Louis II, et si Radamel 1er ne fait pas un comeback de folie, ça ne va pas être la révolution. Un bon troisième.

Paris sans Ibra.

Il apportait un supplément d’âme à tout le championnat, on suivait ses frasques, on commentait ses exploits, on s’extasiait devant son aisance et on râlait contre son caractère pourri. Mais Zlatan, il irradiait la Ligue 1 de sa classe et de ce personnage si atypique, comme on n’en avait plus vu depuis trop longtemps. Et bien Zlatan n’est plus là, et c’est le discret Edinson Cavani qui va probablement en coller 34 aux défenses adverses cette année. Sans un mot plus haut que l’autre, peut-être même sans un mot tout court. Il n’y a plus de Lavezzi avec ses sorties nocturnes, et plus de grand suédois, donc. A la place, le PSG a recruté Krychowiak, un défenseur belge en la personne de Thomas Meunier, Jesé Rodriguez (un remplaçant dans l’attaque du Réal de 23 ans), et parle à la fois d’un départ de Matuidi, et de l’arrivée de Julian Draxler, l’un des meilleurs Allemands à l’Euro. C’est toujours pas le rêve en grand, ou on se trompe ?

Les Gones retrouvent leurs jeunes.

Ils avaient surnagé il y a deux ans grâce à une génération dorée de jeunes pousses aux dents longues. Et puis Nabil Fekir s’est fait les croisés avec les bleus, et c’était terminé. Mapou Yanga-Mbiwa a été nul, Gonalons ne pouvait plus porter toute la baraque tout seul, Gourcuff se blessait à l’orteil, aux côtes flottantes, aux paupières… Maintenant que Fekir est revenu, le trio qu’il forme avec Ghezzal et Ferri est reconstitué, et même si LAcazette est parti, l’OL a de beaux jours devant lui. Certes l’ogre parisien va le défoncer sur la longueur d’un championnat, mais pour faire bonne figure sur la scène européenne, comprenez par là « être là en C1 au printemps », c’est possible. Et puis ça fait du bien au championnat français de voir qu’un club emblématique peut réussir avec des jeunes formés dans le sérail local.

Et les autres.

Angers et Caen avaient créé la surprise l’an passé en jouant joliment et en gagnant pas mal, surtout au début, on leur souhaite la même réussite. Rennes n’en finit tellement plus de décevoir qu’on dirait presque Bordeaux. Sainté doit faire mieux, mais en changeant si peu de choses, est-ce possible ? L’espoir d’une folie vient peut-être de là où on n’attend plus rien, Metz, enfin de retour à sa place, là où le club a battu un record de longévité avant de crouler sous la nullité de son effectif il y a quelques saisons. C’est le retour des fous de St-Symphorien, les ultras de la France entière vont faire le déplacement !

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