L’été c’est la saison des mariages. Et pour les mariages, en général, la mariée est en blanc. Pourtant elle a parfois bien vite le teint gris. Moi je trouve qu’en 2016, se marier ne veut plus rien dire. C’est un prétexte à faire la fête, une économie pour tout un tas de professionnels, un rêve de petite fille, à étages, avec l’ambition de se marier, puis de marier ses gosses, et puis voilà. On ne pense pas aux conséquences. Il faut savoir que si le mariage n’est plus ce qu’il était autrefois, un engagement à la vie à la mort avec un conjoint, parfois une source d’alliance avec une autre famille, un clan, voire même un royaume, il revêt de nos jours pas mal de caractéristiques qui peuvent sembler d’un autre temps. Et pourtant, elles sont bien réelles. Par exemple, se devoir assistance, secours, respect et fidélité. On prend ça à la légère, en 2016, mais allez poser la question à un avocat spécialiste de ces questions. C’est avec ça qu’il gagne du fric, le mec ! On ne voit plus le mariage aujourd’hui que comme une belle fête à quelques kilo-euros qui scelle symboliquement une union entre deux êtres. On oublie qu’à l’heure du web-sex et du libertinage de masse, le mariage est aussi et surtout un contrat moral, certes, mais aussi écrit, qui peut vous pourrir la vie si vous ne le savez pas, ou ne voulez pas vous y soumettre alors que vous avez mis le doigt dans l’engrenage. Et ouais, c’est pas juste un papier.

Vivre ensemble et galérer ensemble

On peut très bien faire chambre ou même maison à part lorsqu’on entretient une relation tranquille et funky avec une personne qu’on aime, si les circonstances l’imposent. Mais si on l’épouse, c’est plus pareil : on est obligé, théoriquement, de vivre sous le même toit. Dans les faits c’est fréquemment différent, mais cette obligation est plus que théorique puisqu’un époux peut exiger, auprès d’un juge, que son conjoint regagne le domicile. Et lui chercher des poux dans la tête le cas échéant. C’est incroyable, hein ? On ne se débarrasse pas de son mari ou de sa femme comme on jette à la porte sa « simple » compagne parce qu’elle nous a gentiment gonflé. Il faut lui faire signer un papier, tamponné par le ministère public. Les années 30, absolument. Il en va de même pour la perception d’aides sociales, l’éducation des enfants, le secours alimentaire en cas de grosse galère : tout ça, c’est à deux, que vous le vouliez ou non, à moins bien sûr d’un accord tout ce qu’il y a de plus officiel.

Alors voilà le topo : pourquoi se marie-t-on en 2016 ? Parce que l’amour n’a pas d’âge ni d’époque, et que l’engagement fait toujours partie de la romantique humaine. Mais si on savait dans quoi on s’embarque quand on signe ce papier à la mairie, on y réfléchirait sûrement à deux fois. On peut toujours s’imaginer divorcer en cas de souci, sauf que ça non plus, c’est pas d’une simplicité biblique : encore faut-il que l’autre soit d’accord ! Et tout ça se fait devant un juge, via un avocat, parfois le même pour les deux époux, parfois non. Dans tous les cas, c’est long, c’est cher, et c’est traumatisant. A tel point qu’on se demande vraiment pourquoi on s’est lié par ce principe vieux comme le monde, qui était finalement beaucoup plus qu’un simple rêve de petite fille, comme on le disait plus haut. Et bien évidemment, entre le moment de la demande de divorce et son effectivité, les devoirs des époux restent d’actualité, et si l’un des deux a envie de jouer les pénibles, il a quelques mois devant lui pour être d’une lourdeur infâme.

Lisez le code civil, avant de signer des contrats à la con… Quand on n’est pas complètement sûr de ce qu’on fait, la réflexion est une alliée de choix.

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