« Ah Gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai, un frigidaire, un joli scooter, un auto-mixer, et du Dunlopillo ». Il avait raison, le mec qui a écrit ça, qui se plaignait dans sa chanson qu’il fallait tout le temps acheter plein de trucs qui ne servent pas complètement à rien, mais qui ne sont pas indispensables. On appelle ça le consumérisme, et c’est plus vieux que ce quel’on croit. Le seul problème (pourquoi « le seul », j’écris n’importe quoi, il en est un à lui tout seul) du consumérisme, c’est qu’en 2016, on ne sait plus quoi acheter. Parce qu’on est beaucoup trop renseignés. C’est un vrai case-tête chinois. Et les responsbales de tout ça sont multiples, pour être exact, ils sont surtout deux : Internet, et le tout petit pouvoir d’achat qui nous mine au quotidien. Parce qu’Internet nous propose tout, alors que notre pouvoir d’achat ne nous permet presque rien. Alors on cherche, on fouille, on trime, comme des imbéciles, à la recherche d’un Saint-Graal sous forme de rapport qualité/prix bibliquement intéressant, coraniquement imbattable, torahniquement démesuré (comme ça tout le monde est content, les temps sont durs pour les auteurs amateurs de discours imagés). Et comme il y a toujours une offre plus alléchante ailleurs, parfois au bout du monde réel mais à un clic dans le monde virtuel, on hésite jusqu’au supplice de l’âme. Et on n’achète plus rien.

Certains items sont connus comme étant les plus sujets aux variations de prix, et sont dans le même temps les plus difficiles à acheter. Parce qu’on ne sait jamais à 100% si on n’est pas victime d’une sorte d’arnaque, même infime. Les billets d’avion, de train, arrivent en tête de ce classement du prix qui bouge. On achète un voyage strictement identique à celui du mec asis deux rangs devant nous, à des prix qui n’ont pourtant rien à voir, et c’est si complexe d’expliquer pourquoi qu’on a tous arrêté de se poser la question. On se lobotomise pendant des jours entiers devant nos écrans ou sur nos smartphones, pour peu qu’on ait prévu de voyager longtemps à l’avance, à l’affût de quinze euros sur un Paris Hong-Kong, parfois plus loin. Et parfois moins de quinze euros.

Dans la catégorie « objet du quotidien », les produits sujets à cete offre « trop grande pour être vraie » snt légion, et deviennent impossibles à s’offrir sereinement. Un téléphone portable ? Mais bordel, lequel ? Apple ? Samsung ? Androïd ou Os X ? Combien de pouces ? Et pourquoi pas un Htc, ou un Sony ? C’est débile, dans le fond, puisque ce sont tous plus ou moins les mêmes, en tous cas, on fait tous strictement la même chose avec. Et si vous projetez le même questionnement sur un ordinateur, alors là, on n’en sort plus. Le métier de vendeur en informatique est probablement, de nos jours, un cauchemar absolu. Parce qu’à la question binaire au possible « c’est por faire quoi, avec ? », la réponse est toujours la même chez 99% des gens : « et ben, aller sur le net, lire mes mails, skyper ma soeur une fois par semaine et regarder des films »…Tout le monde fait ça, et même un chromebook tout pourri sait faire ça au carré, même au cube ! Alors, MacBook Air ou Asus Rog ? Acer Predator ou HP Omen ? Acer Aspire S13 ou Lenovo 700 ? Hybride détachable ou pas ? Hybride ou pas ? Hy ou Bride ? Gris, noir, orange, prune ou jaune de Damas ? J’ai le même à la maison ? Je sais pas vous mais moi, j’ai des noeuds au cortex et j’ai envie d’aller me coucher, en 1952, quand il n’y avait qu’une seule chaîne, en noir et blanc, et que LA star Française, c’était Raymond Souplex. Allez, courage.

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